ÉTAT SOCIAL DE LA POLOGNE RUSSE
eussent donné un grand essor au pays ont failli compromettre à jamais la fortune publique. Mais par contre, la participation de la masse des paysans à la propriété a grandement développé la richesse publique, a augmenté le bien-être de la masse du peuple et a élevé son niveau moral. Émancipés politiquement les paysans ont été par là émancipés socialement. Il serait à désirer que le nombre des petits propriétaires s'accrut considérablement. Une récente statistique montre que dans le seul gouvernement de Kalisz les paysans ont acquis, de 1864 à 1882, 53,759 arpents de biens seigneuriaux, moyennant 3,414,605 roubles. Il se produit donc peu à peu un morcellement des grands domaines. Le pays ne peut que gagner à ce que cette transformation s'opère rapidement.
Le fait le plus caractéristique, et qui prouve rétonnante vitalité de la race polonaise, est l'augmentation vraiment inouïe de la population :
Le royaume avait 2,717,287 habitants en 181Q, et en 1880 il en comptait 7,219,077. Suivez la progression 3,914,665 en 1832, 4,972,193 en 1862, 6,078,564 en 1870 ; et le pays a été ruiné par les insurrections de 1831 et de 1863 et a subi deux épidémies de choléra. En Galicie, la progression est moins forte, mais elle accuse encore une grande vitalité chez
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J^.posé souvent la même question à desPcdo-
1 Voir, dans les Annexes, le tableau de le. population polonais j
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nais, A d'exceUents patriotes. lieiir répome «i feu vsoriétet j'ai^enti que eeta^v^Bu ilettirvpesait
— '«lion, ïa'^iit-ilB dlt,iiiotneîiaysîi'iœt'pas«»eDre atrinné è un <^gpé ^ie farmatiûm sociaAe çui lui ipeis mette deTeprendre «lès aujoierd^iiui sa place ^issi \e& imtîOQsët de i^ofui^suivre a<vec «uccèis {^aalsfiicm hUtQTifpxe.'Uiêiémmît aristocmtiqite iiie 'v^'plîXB i^iie sur sou fiftSBë -éij «aiif ifuelquês ÊamilteBiqui^isont placées sur un piëdastal qifte leur a dressé Ab tùvLt temps la vénération populaire (les Zamojski surtout), les unps ne sont pas à la hauteur de leur mission et les autres sont à la discrétion des juifs ou se font les plus humbles servantes de la Cour de Pétersbourg.
S il y a en tête de la szlachta quelques intelligences d'élite qui ont une perception exacte des intérêts publics, c'est dans les derniers échelons de cette petite noblesse et parmi les propriétaires de tout petits domaines que réside la force nationale, et plus bas encore parmi les paysans qui peu à peu arrivent à devenir eux aussi petits propriétaires par le morcellement des terres. Eh bien ! tout le monde s'accorde à reconnaître que les petits gentilshommes n'ont pas assez d'instruction pour avoir la notion exacte du rôle que la Pologne aurait à remplir, une fois qu'elle serait reconstituée, et la sagesse de n'agir que progresoivement pour maintenir un
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état de choses durable. Il y a là un grand progrès à réaliser. Il faudrait aussi que le morcellement des terres s'opérât sur une plus large échelle. Ce n'est que par la participation de la masse des paysans à la propriété, qu'il se formera un corps de nation assez robuste pour servir de point d'appui à un gouvernement sage, soucieux d'assurer le bien-être des populations et résolu à ne . faire courir aux Polonais aucune nouvelle aventure. •