ACTE PREMIER
tite à la jeune fille élancée, déjà fière, pas encore coquette !... Mais je vais te faire envie!...
RICHARD
Va, va toujours I
l'amiral.
On Ta baptisée Louise, mais nous rappelons Smilis, parce que...
RICHARD
Oui, Martin m*a conté cela.
l'amiral.
Alors, je passe.
RICHARD, riant.
Non, répète...
l'amiral.
C'est inutile... En arrivant à bord...
RICHARD
Elle pleurait. Tu la mis dans un hamac?
l'amiral.
Naturellement, (se levant.) Ah çàl Martin t'a donc tout dit?
richard, se levant.
Et quand elle fut fatiguée de pleurer, elle s'endormit ?
Pas précisément! Figure-toi : j'avais beau lui dire mille choses, elle n'y entendait rien.
RICHARD
Elle n'entendait que le grec !
l'amiral.
Pour l'apaiser, il me vint une idée... J'en avais eu une première, qui ne valait rien, celle de lui faire chanter par Martin une chanson de gaillard d'avant, mais il avait
i\ SMILIS
une voix de clairon et je dus le faire cesser tout de suite... alors tu ne devinerais jamais!
RICHARD
Voyons I
L^AMIRÂL, galment.
Je fis chercher un livre grec ! Il se trouva qu'un jeune enseigne avait un Homère, et c'est en Usant à la petite vingt vers de ïlliade, que je parvins à la calmer, puis à l'endormir! Il faut croire qu'en dépit de mon mauvais accent, elle retrouvait dans les vers antiques quelques-unes des sonorités familières et comme un souvenir de la parole maternelle 1
RICHARD, riant avec Pamiral.
Ah! mon vieux Kerguen i
l'amiral.
Eh bien?
Eh bieni je n'ai rien à te dire, mais je te comprends 1... Et tu songes sans doute à la marier bientôt?
l'amiral.
Oh! bientôt 1 bientôt!... (voyant entrer des domestiques qui apportent le café). Tu as déjeuné? Tu prends du café? Viens. Mais, voici notre monde... Rien à me dire!... Je suis sûr que tu as des milliers de choses à me dire!... Tiens, voilà Smilis.