SOCIALISME ET
"n excluant celle des objets de jouisance. Nous avons alors cette définition :
Socialisme: système de société dans squel — doctrine sociale d'après laquelle - les moyens de production sont sociaisés. — Nota: On entend par moyens de Toductlon.: le sol, le sous-sol, les eaux, îs immeubles, la machinerie, l'outillage n général.
Cette notion est évidemment très claire.
!lle est sufBsamment précise pour difFéencier le socialisme des autres doctrines u systèmes philosophiques relatifs à la ociété. Telle quelle, elle a une précision uflisante pour permettre la réunion, sous I même dénomination, de toutes les octrines, de tous les systèmes sociaux nis par la commune conception de la soialisation des moyens de production. Ne lisant aucune hypothèse sur leur mode e socialisation, il s'en déduit que toutes îS formes de communisme, de collectiisme sont des modalités du socialisme insi défini.
— Cette définition satisfait-elle d le passé aux diverses conceptions formes sociales qui furent ou décrites expérimentées et que, communément, historiens considèrent comme des dir ancêtres du socialisme ?
Recherchons-le.
Pour les historiens du socialisme partisans, adversaires ou simplement partiaux — ils sont socialistes les Thoi Morus, les Morelly, les Esséniens, Wang Ngan Che, les Godwin, les Plat les Niveleurs, les Saint-Clément, les A baptistes, les Vaudois, les Babeuf, Shakers, les Fourier, les Saint-Simon,
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Lamennais, les Proudhon, les Marx, les Bakounine, etc. Les doctrines qu'ils imaginèrent, les systèmes qu'ils mirent en pratique sont, pour tous les sociologues, systèmes sociaux, doctrines sociales classées dans le socialisme.
Selon notre définition, le socialisme comprend toutes les doctrines et tous les systèmes sociaux dans lesquels les moyens dé pt*oductiott sont socialisés. Ces théories et formes sociales imaginées ou réalisées par ces réformateurs, ces philosophes admettaient-elles la socialisation dés moyens de production ? Leur étude donne péremptoirement une réponse positive.
Platoïi, les Ëssénieîis, les premiers pères de l'Église tels que saint Clément, saint Jean Cht»ysostôme, saint Basile le Grand, etc., étaient communistes; par suite ils préconisaient la communauté des biens. Les Vaudois, Thomas Morus, Wi*clef, Wat Tyler, les Anabaptistes (avec Muntzer, Scherding, Hoffmann-, Mathias,
Jean de Leyde), les paysans en Allemagne, Campanella, les Niveleurs prêchèrent de même la forme communiste de la propriété. Les Péruviens sous les Incas, les Chinois sous Wang Ngan Che (xi* siècle après J.-C.) étaient organisés en une Société, les premiers avec une forme de propriété collective, les seconds avec une forme de propriété commune. Plus près de nous, les petits groupements des missions jésuites au Paraguay, des Shakers, des Rappistes, Zoarites, Inspirationistes, etc., aux États-Unis mirent la propriété sous mode commun ou collectif. Encore aujourd'hui subsiste en Russie, le Mir communiste. Au siècle dernier, Mably, Morelly, Dom Deschamps, le curé Meslier, Restif de la Bretonne, Godwin, Brissot de Warville, Babeuf avec les Égaux et Sylvain Maréchal le rédacteur de leur manifeste étaient les partisans d'un communisme plus ou moins complet. Au commencement du xrs" siècle, on voit Owen, Cabet, Pierre Leroux, prêcher
'^^ SOCIALISME Et ÀNARCHISM^
le communisme pendant que Fourîer, Saint-Simon, Pecqueur, François Huet s'érigent en protagonistes d'un mode collectif de propriété. Considérant et les colonies du Texas, Lamennais, Louis Blanc, Proudhon^ Herzen,'Karl Marx, Michel Bakounine, Ferdinand Lassalle qui leur succèdent veulent ou la communauté des biens ou une forme collective d'iceux.
Tous ces ancêtres du socialisme comtemporain sont donc ou des communistes ou des collectivistes ou les défenseurs d'un mode autre de propriété socialisée.
Tous, en conséquence, réclament la socialisation des moyens de production.
Nous pouvons donc justement dire que leurs doctrines sociales, leurs systèmes sociaux se classent dans le Socialisme selon la notion que nous en donnâmes.
La déjSnition proposée est donc satisfaisante pour le passé. Elle l'est aussi pour le présent comme on le voit ci-après.
La Sociale Démocratie de tous les pays réclame la socialisation des moyens de
production. Le but poursuivi par le Parti Ouvrier Socialiste Révolutionnaire français est le Communisme, la socialisation des moyens de produire y acheminant.
Le nouveau Parti Socialiste de France porte comme article 2 de son règlement:
<c Organisation politique et économique du prolétariat en parti de classe pour la conquête des pouvoirs publics et la socialisation des moyens de production et d'échange. Cette transformation de la Société comporte rétablissement d'une société collectiviste ou communiste. » Il n'y a aucun doute possible, cela est mis textuellement. Donc Tunique parti socialiste de France est ou collectiviste ou communiste.
Collectiviste est le Parti Ouvrier Belge(l) qui affirme dans son programme la néces-
(1) En tête de son programme il y a des déclarations où on lit : «... 6® Les travailleurs devront avoir pour but dans Tordre économique de s'assurer l'usage libre et gratuit de tous les moyens de production. Ce résultat ne pourra être atteint... que par l'appropriation collective des agents naturels et des instruments de travail. »
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site de « l'appropriation collective des agents naturels et des instruments de travail ». Dans les Pays-Bas, la plus grande partie des socialistes s'intitule communiste. En tous les pays, les communistes anarchistes demandent la propriété commune pendant que les anarchistes collectivistes d'Espagne et du Sud Amérique réclament la coUectivisation (1) de la propriété. De même le Labour Indépendant Party de Grande-Bretagne, la Fabian Society ont pour idéal la transformation du capital privé en capital collectif. Les Blanquistes français sont pour la plupart communistes. La coUectivisation du sol et de ce qui y est adhérent est le but poursuivi par les Colinsiens.
Donc, en le socialisme contemporain tous les groupes — notoirement connus comme socialistes (2) — veulent : soit la
(1) Action de coUecti viser, de rendre collectif.
(2) La doctrine d'Henry George (Nationalisation du sol) est à tendance sociàlistique, mais n'est pas une variété du socialisme.
propriété commune, soit la propriété collective, soit les moyens de production coUectifs, ou communs. Evidemment ceux qui ont pour idéal la propriété commune ou collective demandent l'appropriation commune ou collective des moyens de production, cette partie de la propriété.
Il ressort de cela que historiquement — dans le passé et dans le présent — la définition que nous avons donnée est satisfaisante. Elle prouve que Oscar Muser (1) avait tort quand il affirmait que le socialisme n'avait rien à voir avec l'abolition de la propriété privée. Historiquement et rationnellement, l'essence du socialisme est justement cette abolition.
Donc la définition trouvée est satisfaisante, claire et précise et répond bien aux nécessaires conditions d'une bonne définition. Aussi, nous pouvons écrire:
Socialisme : Système de société dans le-
(1) Demokratie und Sozialimus, Franckfort am main,
quel — doctrine sociale d'après laquelle — les moyens de production sont socialisés.
Socialiste: Partisan du socialisme \ c'est-à-dire adepte ou auteur d*un système ou d'une doctrine appartenant au socialisme*
Socialistique : Qui se rapporte, se rattache au socialisme ; qui relève du socialisme.
DBFlKlTIOn DU SOCIALISME 77
— Dans la définition ei-dessus, nous n'avons fait aucune hypothèse sur le mode de socialisation des mçyens de production. L'esprit humain conçoit aisément que des modes divers de cette socialisation peuvent être imaginés. On peut concevoir divers systèmes de société se diiSférenciant entre eux, au point de vue économique seul, bien que tous aient ce même rapport commun : la socialisation des moyens de production. Il doit donc exister et il existe en effet des variétés du socialisme, en ne considérant, je le répète, que le point de vue économique. D'ailleurs dans les pages précédentes, en déterminant Tessence du
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Socialisme, nous avons été amenés à parler des deux variétés du socialisme :
le communisme, le collectivisme.
Ce sont là les deux principales modalités du socialisme. On peut quasi dire qu'en dehors, d'elles il n'en est point d'autres.
Pour le communisme, maintes définitions ont été proposées. Jules Guesde écrit que « c'est le collectivisme des moyens de consommation », ce qui oblige à une définition du collectivisme pour comprendre le communisme. Littré, répété par La Châtre, considère le communisme comme « un système d'une secte socialiste qui veut faire * prévaloir la communauté des biens, c'est-à-dire l'abolition de la propriété individuelle et la remise de tout l'avoir social entre les mains de l'Etat qui fera travailler et distribuera les produits du travail entre les citoyens ».
Cette conception établit comme essentiel au communisme l'existence de l'Etat. Il s'agit là d'un communisme autoritaire,
exclusif de toute forme du communisme sans Etat. Cette modalité du socialisme serait ainsi définie en fonction d'une forme politique et d'une forme économique.
Aussi les systèmes ayant même forme économique, mais une forme politique différente, seraient classés hors du communisme. Ce résultat nécessaire rend inacceptable la définition de Littré. Elle est en contradiction avec l'Histoire.
Selon Houzé et Barré (1), « le Communisme est la communauté de toutes les
jouissances que procurent les biens de la terre aussi bien que de tout le travail que réclame leur exploitation. » Cette définition pêche par manque de précision et surtout de clarté. On ne sait s'il s'agit des seules productions du sol (biens de la terre) ou s'il s'agit de tous les biens existant sur la Terre. Il semblerait aussi que ce sont les jouissances qui sont communes et non les choses qui procurent
(1) Encyclopédie nationale,
BT ANARCHI8UB
5 jouissances. Il résulterait de là que tte espèce de communisme obligerait is les individus à jouir de la même maire. C'est ne parler que du seul commisme d'État — et revenir sous une tre forme à la définition de Littré. La Qception de G. Platon (1) est préférable, le ne présuppose comme essentiel au mmunisme aucun mode politique. Nous pensons pas que ces mots n organisan unitaire » impliquent l'idée d'État; cela était, la détermination donnée par Platon serait justiciable des mêmes tiques que celles faites à la définition Littré. Celle du communisme selon Platon â le défaut de n'être pas concise aussi de manquer un peu de clarté;
:) Le mot Communisme doit proprement s'appliquer a itat de production collée tÎTe qui aurait pour formate répartition: A chacun suivant aesbeBoins. Le commune H cette double base : l'appropriation collective des Tuments de production entraînant l'organisation uniedela pcoduction et la nég-atioa sur ce point particulier te répartition des produits dn fait de l'âgoïsme humain. te négation radicale seule l'empâclie de se confondra B le collectivisme. » {Grande encyelopédie.)
elle peut convenir pour une explication générale non pour une définition. Nous lui préférons, celle de Woolsey (1), et surtout celle de Charles Albert (2), sans toutefois les accepter.
SiFon considère ces diverses conceptions et aussi celles données par MM. Schwab, F. Lafargue, Spies,etc. (3), on voit que le caractère spécifique du communisme est Tappropriation commune de toute la propriété, c'est-à-dire de toutes les choses appropriables par l'homme: moyens dé production et objets de jouissance. Nous pouvons alors écrire cette définition :
Communisme : variété du socialisme.
Système de société dans lequel — doctrine
(1) c Le communisme est un système ou forme de vie commune, dans lequel le droit de la propriété privée ou de famille est aboli parla loi, ou le consentement mutuel... Une communauté de biens est une caractéristique essen-' tielle de tous les genres decommunisme. 7>(op. cit., pp. 1, 34).
(2) « Le communispie est le système social dans lequel la Propriété est abolie quant aux moyens de production et subordonnée quant aux objets de consommation à la réalité des besoins. » {Humanité Nouvelle^ mai 1897).
(3) Voir ci-dessus.
ET ANARCHISHB
--;iale d'après laquelle — les moyens de tduction et les objets de jouissance, it-à'dire toutes les choses appropriables " l'homme, sont possession commune.
)n remarquera que nous ne faisons aule hypothèse sur la forme politique — 5t-à-dire autoritaire ou libertaire, avec sans Etat — liée au communisme, >é seulement sur un mode économique.
:st pourquoi cette définition qui est claire précise est aussi satisfaisante. Elle connt à tous les systèmes dénommés comnistes dans le passé ou aujourd'hui :
iriérisme, doctrines de Morelly,d'Owen, Godwin, de Kropotkine, etc.
^our l'autre variété du socialisme con- 3 sous le nom de collectivisme, diverdéfinitions furent proposées. Nous ins vu que P. Leroy-Beaulieu, F. Ens, Y. Guyot, Schaeffle, Colins, etc., ntiHaient le socialisme avec le collecsme. Les explications qu'ils donnaient ' socialisme doivent s'appliquer au coltivisme. Leur examen montre que
celles de P. Leroy-Beaulieu, Brissac, Léo présupposent comme essentielle au collectivisme l'existence de TEtat. Benoît Malon (1), Littré (2), donnent une notion analogue avec l'Etat comme base. Nous ne pouvons accepter ces diverses conceptions car elles excluent du collectivisme des systèmes généralement connus comme lui appartenant. Le mode politique ne peut pas être spécifique du collectivisme, car divers systèmes, ayant même forme économique, mais de modes politiques variés, ne se trouveraient point compris sous le même vocable.
Les définitions d'Engels, Schaeffle ne sont pas suffisamment claires ni précises,
(1) « Le collectivisme est Tinaliénabilité des forces productives, mises sous la tutelle de l'Etat, ce dernier les confiant temporairement et moyennant redevance aux groupements professionnels, et dans ceux-ci la répartition des produits se faisant au prorata du travail. » (Dictionnaire d'économie politique de Léon Say.)
(2) « Collectivisme : Théorie sociale qui, supprimant la propriété individuelle, ]a remet tout entière entre les mains de l'Etat, de la société. »
SOCIALISME BT ANAfiCHiatlB
même que celle résultant de l'expltcan de Maurice Block (i). « Le collectiime, écrit Jules Guesde, est le commuime des moyens de production», notion i implique une précise définition du mmunisme pour comprendre le collecisme. Si on remplace le mot commu- }me par sa définition, on obtient une plication du collectivisme qui manque clarté. La définition due :i Charles bert (2), quoique meilleure, ne nous mble pas acceptable. Selon WoolseyfS), le collectivisme est la condition d'une tnmunauté quand ses affaires, spécianent son industrie, sont aménagées
1) ■ Collectiviste : Secte de comnianisteB qai pennet : indivîdna d'avoir d«s propriétés ipobilières particuea, mois qni veat posséder en coujdidd, c'est-à-dire lectivement, les immeobles et les ' iastruments de tra- 1. Cette secte ne se distingae que faiblement des comnistes proprement dits. » {Dictionnaire.) i) tt Le collectiTisme est le système social dans leqoel propriété est abolie quant aui moyens de production, is conservée quant aoi objets de consommation, grflce 1 fiction du salaire. » [L'Humaniié noaftUe, mai 1697.] ï)Op. cit., p. 4.
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collectivement au lieu de la méthode de FefiFort individuel séparé ». Cette conception manque de clarté, tandis que celle de G. Platon impliquant la nécessité d' « un plan de réforme de la société par voie législative (1) » exclut le collectivisme révolutionnaire et en voulant trop préciser, rejette hors du collectivisme des systèmes généralement considérés comme lui appartenant. D'après VEncyclopœdic Dictionary^ le coUectivisirie est « un état idéal de société dans lequel les fonctions gouvernementales comprendront Torganisation de toutes les industries. Dans un Etat collectiviste, ^chaque personne serait un fonctionnaire et l'Etat s'étendrait (would be co-extensive) à tout le peuple. » Cette définition ne concerne que le collectivisme d'Etat, centralisé.
(1) « Le collectivisme est un plan de réforme de la Société par voie législative, conçu, par opposition à la société actuelle individualiste et libérale^ comme le triomphe exclusif du principe social, plus exactement du principe du bonheur matériel du plus grand nombre. » [Grande Encyclopédie),
Elle est, par suite exclusive des autres collectivismes et par coaséquent elle ne peut convenir.
L'examen de toutes- ces définitions montre un seul caractère commun : la forme collective de la possession des moyens de production. Aussi sommes-nous amenés à cette définition ;
Collectivisme : variété du socialisme.
Système de société dans lequel — doctrine sociale d'après laquelle — seuls les moyens ie production sont possédés collectivement.
Cette notion du collectivisme est claire.
Elle est précise, car elle permet une classi- Scation hors laquelle sont les systèmes sociaux qui n'admettent point la seule possession collective des moyens de production. Elle est indépendante de tout mode politique et, par suite, de ce chef, a'exclut aucun système. Aussi, dans le passé et dans ie présent, elle satisfait à tous les systèmes connus généralement ^omme collectivistes. Le Saint-Simonisme,
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les doctrines de Pecqueur, de la Fabian Society^ de Colins, etc., sont des collectivismes.
La différenciation du communisme et du collectivisme gît en la répartition des produits. Dans le premier système, les objets de jouissance sont possédés en commun ; la formule de répartition des produits est : à chacun selon ses besoins.
Dans le second système, les objets de jouissance sont possession privée, individuelle ; la formule de répartition des produits est : à chacun selon ses œuvres.
Dans les deux systèmes les moyens de production sont possession collective ou commune.
Dans les définitions auxquelles nous sommes arrivés pour le socialisme et pour ses variétés le collectivisme et le communisme, nous n'avons point eu à faire intervenir la notion d'une forme quelconque politique ou morale. Ces définitions sont seulement en fonction d'un mode économique. Le genre socialisme avec ses variétés concerne seulement des systèmes divers se mouvant dans lé plan économique. Il est indépendant de toute forme politico-morale.
Du fait que le socialisme ainsi que ses variétés ont pour ,une unique essence la question économique, il en résulte que
ET ANÀRCBISHE
ces divers socialismes peuvent et doivent se combiner avec des modes variés politico-moraux et ainsi donner naissance à de nouvelles espèces toujours du genre « socialisme », mais, par certains caractères, appartenant à un autre ou à *plusieurs autres genres. On conçoit que l'esprit humain peut imaginer des systèmes de société dans lesquels permane le principe de la socialisation des moyens de production et varient les formes de la famille, du gouvernement, des relations des individus entre eux, etc. Ces systèmes appartiennent, d'une part, au socialisme puisqu'ils exigent la socialisation des moyens de production ; d'autre part, à divers genres suivant la nature des modes politico-moraux. C'est ainsi qu'existent ou que peuvent exister des socialismes anarchiques ou acratiques, des socialismes autocratiques, des socialismes théocratiques, des socialismes monarchiques, des socialismes parlementaires, etc.
Tant qu'il n'y a pas antimonie entre le
DÉFINITION DU SOCIALISMB 91
principe essentiel du socialisme et un principe politico-moral, la combinaison de ces deux principes peut se faire. Il naît de cette façon foule de combinaisons, systèmes variés qui tous appartiennent au genre socialisme.
Deux principes du plan politico-moral :
la liberté, l'autorité, en se combinant avec ridée spécifique du socialisme, forment deux espèces principales de chaque genre de la famille socialiste. D'une part, nous avons le communisme anarchique ou libertaire, et le communisme autoritaire. D'autre part ce sont le collectivisme anarchique et le collectivisme d'Etat.
L'anarchie est un état de société sans gouvernement, sans pouvoir constitué, sans autorité sanctionnée par la force, par la violence. Le socialisme anarchique,
qu'il soit du genre communiste ou collectiviste, est donc un système socialistique d'après lequel il n'y a aucune autorité imposée par la force, aucun gouvernement.
Le socialisme autoritaire d'Etat, quelque soit son genre, est un système d'après* lequel il y a un gouvernement avec tous les pouvoirs, une autorite avec sanction, une puissance 'à laquelle chacun doit se soumettre pour ne'pas encourir des peines variables. Naturellement entre les points extrêmes de la liberté et de l'autorité, il y a toute une série d'états intermédiaires où se mélangent, en des proportions diverses, les principes de la liberté et de l'autorité. La sociale-démocratie, le communisme révolutionnaire, les partis socialistes les plus variés de tous les pays correspondent; à ces états intermédiaires. Mais, dironsnous, les classifications sont toujours purement artificielles. En réalité, toutes les divisions s'enchevêtrent les unes dans les autres, et ce n'est que par un eflfbrt
DÉFINITION DU SOCIÀLISMB 9S
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d'abstraction qu'on peut partager les opinions des hommes en classes diverses.
D'autres éléments que les principes de liberté et d'autorité peuvent se combiner avec le socialisme. Ce sont, par exemple, le matérialisme, le spiritualisme, l'athéisme, le déisme, le patriotisme, etc. Ces combinaisons ne forment point dans le socialisme de fractions assez importantes pour avoir des dénominations spéciales.
Toutefois il nous faut mentionner le « socialisme rationnel » du Belge Colins, collectivisme uni au spiritualisme ; le socialisme chrétien qui joint le principe du déisme au communisme et au collectivisme. Les deux genres du socialisme se fractionnent encore en maintes variétés si l'on envisage les moyens à employer pour réaliser l'idéal socialiste.
Communément, dans les journaux et même les livres, on parle du socialisme catholique. C'est absolument à tort. Il n'y a pas de socialisme catholique. Par l'encyclique De Conditione opificunij
^ SOCIALISME BT ANARCHISME
l'Eglise Catholique a formellement rejeté le principe fondamental du socialisme.
Elle n^admet pas, actuellement, la socialisation des moyens de production. Le soi-* disant socialisme catholique est un en* semble de critiques et de réformes plus ou moins partielles de la société actuelle.
L'Eglise veut bien réformer la société, elle I ne veut pas la transformer. Le socialisme ; catholique est un pseudo-socialisme.
Définition de PAnarchie et de ses variétés
DÉFINITION DE l' ANARCHIE ET DE SES