‹ Socialisme, communisme et collectivism, coup d'oeil sur l'histoire et les doctrinesChapitre 17 sur 24 · DEFINITION · texte numérisé non relu

DEFINITION

Le collectivisme industriel s'appuie sur des déductions un peu compliquées, qui se rattachent à un emploi plus ou moins abusif de lois ou de formules d'apparence rigoureuse auxquelles des économistes célèbres ont donné la sanction de leur autorité. Le collectivisme industriel, aussi bien que le collectivisme agraire s'est greffé sur la tige de l'économie politique classique, pour faire porter à l'arbre des fruits bien différents de ceux qu'avaient prévus ceux qui l'ont planté. C'est dans Turgot, Smith et Ricardo que les promoteurs du collectivisme industriel, Proudhon, en France, Rodbertus, Karl Marx, Lassalle en Allemagne, ont été chercher le point de départ ou plutôt la justification scolastique de leurs

thèses. Ce point de départ, c'est l'idée du travail considéré comme origine et base principale, sinon unique, de la richesse. De ce principe, exagéré dans sa portée, les écrivains socialistes ont, par une dialectique captieuse, bien que souvent nuageuse, tiré toutes sortes de conséquences hostiles à l'ordre économique actuel, qu'ils condamnent sous le nom de régime du capital, de capitalisme. L'ancien socialisme se présentait surtout comme une protestation sentimentale contre les misères et les calamités qui subsistent au sein des classes laborieuses, malgré les progrès de l'industrie et de la civilisation, contre l'inégalité parfois douloureuse des conditions. Les conclusions du collectivisme ne diffèrent guère, dans leur acrimonie contre le capitalisme, de celles des écoles socialistes de la première moitié du siècle : mais elles s'en écartent singulièrement par la forme qu'elles ont revêtue : la dialectique. y joue un rôle prédominant. L'appareil des modernes réformateurs est tout scientifique, et dans leurs raisonnements presque géométriques, le défaut de la cuirasse n'est pas toujours facile à saisir. De là l'autorité qu'ont prise dans certaines régions de lecteurs les ouvrages de l'école allemande, notamment ceux de Karl Marx, qui, du reste, à ses formules économiques très obscures a mêlé des observations ingénieuses et des analyses fines de certains

phénomènes de la production, et appuyé ses observations sur une remarquable érudition.

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