‹ Socialisme, communisme et collectivismeChapitre 6 sur 24 · Lucien, Épîtrea saturnales · texte numérisé non relu

Lucien, Épîtrea saturnales

2. Sur la part que les collèges d'artisans étaient toujours prêLs à prendre aux troubles civils, V. Levasseur, Histoire des classes ouvrières, l. I, eh. i, 3, aussi Cicéron, ad Q. Fratrem, II, 3, à propos des tr'oujjles de Gloclius.

COUP D'ŒIL SUR L'HISTOIRE DU COMMUNISME. 21 époques une extension considérable et allèrent^ jusciuaux prodigalités, ne supprimèrent, s'ils l'adoucirent dans une certaine mesure, le paupérisme antique dû à un régime politique et économique peu favorable au développement de l'aisance moyenne et qui aboutit à certaines époques, notamment dans la décadence romaine, à des monstruosités dans la répartition des richesses *. Tandis que les institutionsdemeuraient impuissantes à modifier un état de choses déplorable,

i. Hiimanum paucis vivit genus. « Le genre humain vit pour quelques-uns! » s'écriait le poète sous l'empire. Sur cette pénode, Voir Duruy, Histoire des Romains, t. V. Les débats relatifs aux <( lois agraires » concernant la répartition de r « ager publicus » et la restitution de ce que les nobles s'étaient attribué arbitrairement sur le domaine conquis ont rempli une partie de l'histoire de la République. La réforme de Licinius Stolon est de 376 av. J.-C; celle des Gracques qui la renouvelle après deux cents ans a laissé de longues traces dans les imaginations. Combien de fois les paroles enflammées de Tib. Gracchus aux riches n'ont-elles pas été invoquées : « Cédez quelque peu de votre richesse, si vous ne voulez pas que tout vous soit un jour ravi. Les bêles sauvages ont leur lanière, et ceux qui versent leur sang pour Tllalie ne possèdent rien que l'air qu'ils respirent. Sans toit où s'abriter ils errent avec leurs femmes et leurs enfants : ils ne combattent, ils ne meurent que pour nourrir le luxe de quelques-uns. On les appelle les maîtres du monde et ils n'ont pas en propriété une motte de terre [Plut. Gracq., 9).

Jides César trouva, on le sait, que sur 450000 citoyens, 320000 vivaient au dépens du Trésor public.

source de conflits violents, de guerres civiles prolongées, peu à peu, cependant, il s'opérait dans les esprits et dans les mœurs, et c'est là un vaste mouvement que nous ne pouvons qu'indiquer brièvement, une transformation profonde qui devait avoir sur l'état moral des classes laborieuses et sur les conditions économiques du monde en général une influence considérable ; nous voulons parler de la modification des idées, due d'abord à la philosophie, puis à la religion, qui, progressivement, à mesure que les mœurs s'adoucissaient par la civilisation et que celle-ci rapprochait les peuples et les hommes, porta un grand nombre d'àmes vers un sentiment très différent de l'ancien principe de caste qui avait présidé à la constitution des sociétés : peu à peu, on vit alors prévaloir des sentiments d'unité et d'égalité inconnus de l'antiquité primitive, l'influence dominante des doctrines stoïciennes détacher les hommes, ou du moins des groupes importants d'hommes, de l'égoïsme, soit individuel, soit de cité, soit même de patrie, si longtemps prépondérant, pour leur faire envisager les liens qui les rattachaient à l'ensemble de la race et de la civilisation, préparant par là le moment où l'esprit de charité et d'universalité qui allait se dégager du prophétismc hébreu et du christianisme trouverait, grâce à l'organisation

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cenlralisée de l'cinpire roimiin, un terrain favorable à son épanouissement. « A cette époque,^ dit le sagace historien des Idées morali-s dans r antiquité \ on comprit pour la première fois que l'homme n'est point naturellement un étranger ni un ennemi pour Ihomme, et qu'il y a audessus de toutes les lois nationales, une loi divine et universelle, au-dessus de toutes les sociétés factices et passagères l'immortelle société des êtres raisonnables. Un esprit d'universalité effaçait toutes les distinctions de caste. Lé stoïcisme a le premier proclamé l'égalité naturelle des hommes, Tunité du genre humain, la fraternité. » « Celui que tu appelles esclave, écrit Sénèque,est né de la môme semence que toi ;il jouit du même ciel, respire le même air, vit et meurt comme toi " ». « Il n'y a d'esclave naturel, dit Epictète, que celui qui ne participe pas à la raison ; or cela n'est vrai que des bêtes et non des hommes ^. » Une société où des préceptes de ce genre commençaient à se répandre était mûre pour recevoir les enseignements d'une doctrine qui dovaitpousser beaucoup plus loin encore les principes d'égalité et de fraternité, et en, faire le principal mobile de sa propagande, qui allait ainsi semer dans

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