I. Liberatore, loc. cit., p
ses produits et non de l'exploitation de la force productive, des besoins immédiats ou des passions de l'ouvrier {^).
Si, par malheur, cette exploitation se produisait, l'État devrait remplir le même rôle qui lui incombe dans les cas d'abus de la part du capital.
Pour en venir à la question si grave et si débattue, de Vmterêt de Vargent, examinons d'abord un instant la nature des contrats onéreux, par lesquels nous cédons une chose qui nous appartient contre une autre qu'on nous donne en échange. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'une permutation, où nous voulons obtenir l'équivalent de ce que nous donnons. Comment mesurer cette équivalence.? Qu'on se rappelle ce que nous avons dit ailleurs : la valeur d'une chose se calcule d'après l'estimation que l'on fait de son utilité et de son coût de production. L'estimation en effet est un jugement qui détermine la qualité et la quantité d'un avantage, d'un bien, que représente la chose estimée. Or, dans les choses matérielles, le bien se compose précisément de leur utilité, dont la valeur est encore rehaussée tant par la rareté de l'objet que par la peine ou le travail nécessaire à sa production.
L'opinion commune se forme sur ces éléments, et c'est leur ensemble qui détermine la valeur totale de la chose, n'attribuant aucune valeur aux objets absolument inutiles.
Les contractants ne sont donc pas libres dans le cas en question de changer arbitrairement la nature des choses, et par conséquent, si l'un des contractants, abusant du besoin d'autrui, veut tirer de ce qu'il cède un prix supérieur à la valeur déterminée par les éléments susdits, il pèche contre la justice. Ainsi l'équivalence s'appuie sur des bases réelles quoique variables, et tout contrat où il n'y a pas équivalence entre les objets échangés, est injuste.
En appliquant maintenant ces principes au prêt^ et sous ce nom nous entendons ici \q prêt d'argent uniquement, nous trouverons la solution de la question.
Le prêt, pris génériquement, est un contrat par lequel on transfère temporairement au profit d'un autre le droit que l'on
2. « Si, contraint par la nécessité, ou poussé par la crainte d'un mal plus grand, il (l'ouvrier) accepte des conditions dures qu'il est forcé d'accepter qu'il le veuille ou non, parce qu'elles lui sont imposées par le patron ou par celui qui fait l'offre du travail, il subit là une violence contre laquelle la justice proteste. »
Epist Encyd. Rerum uovuruHi^
a sur une chose donnée. Ce transfert toutefois peut se faire de plusieurs manières. Ainsi on peut transférer le droit sur une chose pour un temps ou pour un usage déterminé, avec obligation de restituer la chose elle-même. Évidemment en ce cas on ne cède pas le domaine de la chose, mais le droit à son usage. Aussi l'emprunteur devient il maître non de la chose, mais de l'usage.
Cette forme de prêt, que les légistes appellent comniodat et qui est essentiellement gratuite (0, n'est pas la seule ; il y en a une autre par laquelle on ne cède pas seulement l'usage de la chose, mais la chose elle-même. Ainsi, si je vous prête un pain, il est clair que vous me le rendrez, mais non pas le même ; ici donc vous devenez maître non seulement de mon droit à l'usage, mais à la chose tout entière ; en un mot, vous en avez l'entière propriété. Or, c'est précisément ce qui arrive dans le prêt de l'argent. Et en effet, en vous le cédant, je vous cède non seulement l'usage, mais l'argent même, si bien que, quand il s'agira de me le rendre, vous ne devrez pas me rendre les mêmes pièces de monnaie, mais la même somme, car, autrement, si vous deviez me rendre identiquement les mêmes pièces, vous ne pourriez pas en user if).
Or, comme chacun le sait, l'importance de l'argent est précisément dans son usage, car il sert de véhicule pour faire passer les valeurs d'une main à l'autre (3).
Ici donc la possession est transférée entièrement par néces-