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Socialisme et Catholicisme. la

De son côté Paul Leroy-Beaulieu, une véritable autorité en matière d'économie politique, traçait dans le Journal des Economistes ces lignes qui sont le coup le plus terrible porté à la théorie du libre échange absolu :

« L'abaissement du prix des marchandises étrangères, quand nous n'en produisons pas de semblables, nous est très avantageux et ne nous apporte aucun inconvénient... nos consommateurs y gagnent sans que nos producteurs y perdent. Ceci est tout à l'avantage des européens ; la majeure partie de leur revenu reste disponible après avoir satisfait les mêmes besoins ; autrement dit avec la même quantité de revenu ils peuvent acheter une plus grande quantité de denrées exotiques, dont le prix a baissé et qui d'ailleurs n'ont pas de similaires dans le pays. Mais on ne peut dire la même chose pour le rabais du prix des denrées, dont on introduit chez nous une certaine quantité tandis que nous-mêmes en produisons de pareilles.

« Le rabais sur ces denrées n'est pas un bien sans mélange^ parfois même c'est un mal. Les économistes qui se félicitent de cet abaissement de prix sont de simples perroquets qui répètent une leçon apprise. Il peut fort bien se faire en effet que cet abaissement de prix ait pour conséquence de décourager les producteurs et de ralentir l'esprit d'entreprise (^). »

Four corroborer de plus en plus cette juste observation de Leroy-Beaulieu, nous citerons les paroles suivantes de Frédéric List, qui fut le premier, on le sait, à imaginer le Zollverein :

« Une nation, dit-il, qui, par des droits protecteurs et par des restrictions maritimes, a perfectionné son industrie manufacturière et sa marine marchande, au point de ne redouter la concurrence d'aucun autre pays^ n'a pas de parti plus sage à prendre que de rejeter loin d'elle les moyens qui ont facilité son élévation^ de vanter aux autres peuples les avantages de la liberté du commerce, de déclarer à haute voix son regret d'avoir marché jusqu'ici dans les voies de Verreur et de n'être arrivée que tard à la connaissance de la vérité. C'est une règle de prudence vulgaire, quand on est arrivé au sommet de la grandeur, de repousser V échelle avec laquelle on y est parvenu afin d'ôter aux autres les moyens de monter après nous {f). »

N'est-ce pas là un aveu suffisamment explicite? Mais son-

1, Journal des Économistes, avril 1888.

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