Ibid., p
grèves, furent évaluées en chiffre rond à 29,300,000 francs (ï).
Ces chiffres venant s'ajouter aux raisons exposées ci-dessus, montrent jusqu'à l'évidence qu'il serait plus raisonnable et plus utile d'abandonner ce moyen, qui, d'ailleurs, peut souvent être injuste en ce sens que les entrepreneurs et les patrons contre lesquels il est dirigé,s'ils rémunèrent insuffisamment le travail ou s'ils diminuent le nombre des ouvriers,sont souvent obligés de le faire par des accidents imprévus ou par la stagnation plus ou moins générale des affaires. Sans compter encore que, vu la tendance actuelle à accorder des subventions aux ouvriers en prenant pour base la confiance personnelle qu'inspirent leurs qualités morales, les grèves deviennent plus que jamais désastreuses, parce que, en démoralisant l'individu et en rendant son travail précaire et instable, elles détruisent les premiers éléments de cette confiance.
Tels sont les motifs pour lesquels il faut toujours déconseiller la grève, et lui préférer le système juste, raisonnable et utile des arbitrages. Mais nous y reviendrons plus loin.
I. V, Italie, 31 janvier 1878. — L Office du Travail de Paris a publié un travail de statistique sur les grèves qui éclatèrent en France pendant les années 1892, 93, 94.
En 1892, il y eut 261 grèves dans 500 établissements, 50,000 grévistes y prirent part. 22 % réussirent ; 3 % °lo transigèrent ; 46 % 0/0 n'aboutirent pas.
En 1893 on compta 634 grèves, dans 4386 établissements, avec 170,123 grévistes. Parmi ces grèves 24 ^ 0/0 obtinrent satisfaction, 32 % °/o aboutirent à des transactions, 3 °/o avortèrent.
En 1894 il y eut 214 grèves. Les journées perdues, dans le Pas-de-Calais seulement, s'élevèrent à 1,488,470 frs.
Il ressort de ce tableau que l'augmentation des salaires est insignifiante en comparaison des efforts, des peines, des souffrances des grévistes et de leurs familles. V. Osservatore Romano, 25 octobre 1894.
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