CHAPITRE lY
Un regard en arrière. — Rousseau, Babœuf et la démocratie de nos jours. — L'athéisme, les abus du capital, les Juifs, l'antisémitisme. — La corruption des masses, les socialistes amateurs, l'apologie du régicide.
APRÈS avoir exposé succinctement, et aussi bien que nous le pouvions, le côté doctrinal et la marche du socialisme moderne, qu'on nous permette de nous reporter un instant en arrière, pour mieux faire comprendre toute l'importance de son évolution. Rousseau avait dit que tout homme a naturellement droit à ce dont il a besoin. La société, d'après lui, repose sur un contrat social qui en substance se réduit à ceci : « l'absorption complète de chaque individu, avec tous ses droits, par la communauté (ï). » En vertu de cette théorie,la statolatrie la plus extrême était proclamée : l'individu n'est plus rien ; l'État est tout.
Quant à la propriété, elle doit consister dans la portion des biens nationaux qui est conditionnellement accordée à l'individu, lequel n'a le droit d'en user que parce que l'État le lui permet, et quand et comme l'État le lui permet. Ces idées, qui avaient fait beaucoup de chemin avant 1793, furent, pour ainsi dire, codifiées et poussées à leurs dernières conséquences par Joseph Babœuf (f).