X PREFACE
air et sans soleil nous dispose assez faiblement à chanter les louanges de notre merveilleuse civilisation.
Comme les chastes beautés de la nature sont ■flétries et souillées par le souffle délétère de l'industrie ! En voulez-vous la preuve? Si vous en avez le loisir, faites l'ascension de cette verdoyante montagne qui là-bas limite et protège la vallée. Parvenus au terme de votre excursion, regardez le ciel azuré qui vous domine et voyez partout autour de vous les traces de la divine munificence. Au loin la rivière scintille et semble rouler dans ses flots l'argent et le diamant. Les fleurs, les plantes et les arbres remplissent l'air de leurs senteurs aromatiques et de leurs doux parfums. Tout ceci est l'œuvre de Dieu, l'ouvrage de ses mains. , . . Maintenant, revenez vers la ville qui est là sous vos pieds.... A peine êtesvous dans la vallée que vous remarquez la même rivière, mais sombre, noircie et empoisonnée par des produits chimiques. Au fur et à mesure que vous vous rapprochez de la cité et des œuvres de l'homme, le tableau s'assombrit. L'air est moins pur. Le bruit remplace la douce harmonie de la nature et, à peine avez-vous franchi les limites de la ville industrielle, que vous êtes assourdis par le tapage de? rues et le rugissement de mille machines. Pas un arbre, pas même un brin d'herbe près des demeures de l'homme ; tout est fumée, bruit et tapage. Les hauts- fourneaux projettent d'immenses gerbes de flammes, donnant au ciel un aspect hideux. . Au cri strident des sifflets, de disgracieux bâtiments, plutôt semblables à des bagnes, vomissent des masses mala-