XIV PREFACE
<3'un canari, régalaient leurs voisins de récits de voyages et de guerres pendant que le forgeron du village, d'un bras vigoureux, faisait jaillir de son enclume de brillantes étincelles à la grande joie des enfants.
De telles descriptions charment les âmes poétiques ■et sont bonnes tout au plus à faire regretter des institutions surannées et peu en harmonie avec les besoins de notre époque. Nous sommes maintenant au temps de la vapeur et de l'électricité, des machines et des fabriques et nous en rendons grâce à Dieu. L'influence sociale et morale du régime manufacturier peut être grandement bienfaisante. Si la fabrique réunit les mauvais sujets, elle rassemble aussi les gens vertueux, aux cœurs purs et généreux, et ces derniers, par la parole et l'exemple, réussissent souvent à bannir le vice de leur entourage et même à convertir les malheureuses victimes du péché sous toutes ses formes. L'histoire d'une pauvre fille allemande qui, après avoir été vaine, frivole et extravagante, comme elle nous l'a ellemême raconté, devint ensuite une femme sensible, industrieuse et religieuse, grâce à ses relations avec de jeunes Irlandaises des filatures tout à fait irréprochables dans leur conduite, est l'histoire d'un grand nombre. Si les patrons se préoccupaient davantage du. bien-être physique et de la condition morale de leurs ouvriers, il est certain que les fabriques et les usines, an lieu d'être une cause de corruption, deviendraient des écoles de politesse, de moralité et de civilisation.
Quoiqu'il en soit, ne perdons pas notre temps en