‹ Socialisme et problèmes sociauxChapitre 6 sur 25 · Coi-mopo/w, janvier 1898, p · texte numérisé non relu

Coi-mopo/w, janvier 1898, p

3i SOCIALISME ET PROBLÈMES SOCIAUX •

sera aisée. Les petits propriétaires s'apercevront que la concurrence les tue et ils demanderont d'eux-mêmes à en être délivrés par la socialisation des terres. <( En résumé, l'organisation du travail, écrit raul:eur en guise de conclusion, devra être conduite par un fonctionnarisme du travail qui aura à régler la production et la distribution des marchandises pour toute retendue de la communauté, les relations avec les communautés socialistes extérieures (tant qu'elles ne seront pas toutes fondues ensemble) ; à traiter avec les pays non encore amenés au socialisme, et en cette qualité à fonctionner comme département des affaires étrangères. A ce moment il n'y aura pas d'autre politique étrangère, puisqu'il n'existera plus de politiciens, de militaires ni de diplomates. »

Voilà sur quel terrain « positif » en matière d'organisation du travail, nous conduit l'un des chefs de la « sociale-démocratie », de cette école qui veut être « scientifique » et qui prétend se plier aux faits, n'être que l'incarnation des faits ^ et s'interdire l'utopie.

1. <• Le coUeclivisme n'est ni le produit de l'imagination d'un rêveur, ni le résultat des conceptions d'un philosophe, mais la constatation pure et simple des phénomènes qui se déroulent sous nos yeux. On ne fait pas et on ne fera pas le collectivisme. Il se fait chaque jour: il est, passez-moi le mot, la sécrétion du régime capitaliste. » Millerand, La plaie-forme électorale, p. 8.

llKn.KMd.NS ^l i; I.K SOCIALISMR SCIKNTIKIorK :r.

Liebkncclit n*a fait qu'eineuror le sujet. Voici iino autre publication beaucoup plus importante où Tauleur prétend préciser les traits principaux (le l'organisation industrielle dans Tcre socialis- I i([ue. L'ouvrage est dû à M. (1. Renard ^ professeur à r Université de Lausanne, ancien rédacteur en chef de la Revue socialiste^ dont M. Faguet a pu dire qu'il était « un vieil expert en socialisme et parfaitement informé ». Il est intéressant d'y chercher une image raisonnée du collectivisme pratique tracée par un homme qu'on n'accusera pas de ne pas connaître son sujet, et qui a le mérite de l'aborder franchement.

L'auteur pense tout d'abord qu'il y a deux problèmes à résoudre :

1" Obtenir dans la production sociale le maximum de résultats avec le minimum d'efforts, ce qui est un problème purement économique;

2*^ Répartir entre tous les membres de la société le travail à faire et les fruits du travail, ce qui est un problème essentiellement juridique.

Le premier problème consistera à adapter la production aux besoins de la société et des individus et à l'aménager de façon à économiser l'effort en augmentant la quantité des produits.

Pour réaliser ces deux objectifs, M. Renard

Page 1