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voir n’est Jamais tenu et exercé en fait que par un petit nombre d'individus. Il est donc a priori abusif et erroné de dire qu'une classe détient le pouvoir politique, « la souveraineté politique totale ».
Détenir le pouvoir, ce n’est pas avoir accès à la plupart des fonctions moyennes ou inférieures de l’administration, ce n'est pas non plus avoir un accès presque exclusif dans certaines branches, c’est avoir en main les leviers de commande (1). Ainsi la primauté qu'avait sous lAncien Régime en France la noblesse dans les fonctions de l’Église, de l'Armée et jusqu’à un certain point de l’Administration, ne représentait qu’un privilège social et non un pouvoir politique. On l’a bien vu en 1789, où la noblesse n'a pas pu lutter parce qu’elle était politiquement désarmée en tant que classe. Ce qu'elle avait bien compris, puisque lors de la minorité de Louis XIII, de Louis XIV et de Louis XV, elle avait essayé tout utopiquement de conquérir dans sa masse le pouvoir politique, les leviers de commande. De même
(1) « À prendre le terme dans la rigueur de l’acception, il n’a jamais existé de vraie démocratie, et il n’en existera jamais. Il est contre l’ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné. On ne peut imaginer que le peuple reste incessamment assemblé pour vaquer aux affaires publiques, et l’on voit aisément qu’il ne saurait établir ponr cela des commissions, sans que la forme de l’administration change. En effet, je crois pouvoir poser en principe que, quand les fonctions de gouvernement sont partagées entre plusieurs tribunaux, les moins nombreux acquièrent tôt ou tard la plus grande autorité, ne fût-ce qu’à cause de la facilité d’expédier les affaires, qui les y amène naturellement. » J.-J. Rousseau, Contrat Social, Livre IT, Chapitre IV.
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aujourd’hui la bourgeoisie riche tient les avenues dans la diplomatie, certaines administrations publiques ou privées ; mais elle ne détient pas le pouvoir politique. On le verra bien lors de la prochaine révolution, comme on l’a vu à Rome et à Berlin.
En réalité, il n’y a jamais qu’une petite élite qui gouverne et qui, pour gouverner, s’appuie sur une ou plusieurs classes, en fait toujours sur un complexe de Classes. Cette élite est formée d'éléments d’aventure. Chaque personne qui y entre s'impose individuellement. Ces personnes sont plus nombreuses que les places à pourvoir : derrière celles qui sont occupées, les autres demeurent en réserve. Cela forme un ensemble où certains ne font que passer, tandis que d’autres demeurent. [Il y a des hommes qui n’ont fait que traverser la Cour de Versailles ou le Palaïis-Bourbon, d’autres y sont demeurés cinquante ans. Mais l’ensemble donne l’idée de la permanence,
Une telle équipe disparate et persistante accepte des personnes qui sont souvent étrangères aux classes sur lesquelles elle s'appuie. La complexité de l’évolution des classes, qui à chaque moment crée une situation sociale beaucoup plus confuse que celle que traduit Marx, exige cette variété dans la composition de l'élite gouvernementale. Par exemple, avant 89, les agents du pouvoir royal qui s’appuyaient sur la noblesse et le clergé et, d’ailleurs, en même temps sur la bourgeoisie pouvaient être des bourgeois et même de mince extraction. Témoins : le cardinal Fleury, le cardinal Dubois,