‹ Socialisme fascisteChapitre 7 sur 103 · PA VS · texte numérisé non relu

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et plus haut Mazarin. Richelieu, issu de la noblesse, a combattu sur le terrain politique la noblesse. De même depuis 89, la bourgeoïsie riche a laissé le plus souvent le pouvoir à des hommes issus de la plus petite bourgeoisie, parmi lesquels les plus aggressifs contre elle ont été de hauts bourgeois isolés comme Caillaux et Waldeck-Rousseau.

Il faut insister sur les caractères humains qui président à la formation de l'élite gouvernementale. Ce sont des caractères psychologiques qui semblent constants dans l’espèce humaïne et qui donc débordent le point de vue des classes. Le fait de la valeur individuelle implique un nombre trop grand d’éléments subtils pour pouvoir être soumis aux conditions d'une époque et d’un milieu. La subtilité de ces éléments fait qu'on parle du hasard si, dans une époque soi-disant aristocratique, on voit des hommes sortis de rien qui accèdent au plus haut pouvoir, ou si, au contraire, dans une époque soi-disant démocratique des aventures individuelles restituent le fait aristocratique dans sa plus rude évidence. L’ambition et le génie sont de rares et inévitables retours qui transcendent les moments passagers de l’évolution de la société, les luttes et changements de classes.

Une classe ne gouverne pas, elle appuie une équipe de gouvernement. Cette idée du gouvernement des autres classes par une classe vient de l’erreur suivante : on confond le pouvoir politique avec les privilèges sociaux. La noblesse ne touchait même pas par beau-

coup d’individualités issues de ses couches anciennes le pouvoir sous les rois, qui l’exerçaient le plus souvent par le truchement de roturiers ou d’anoblis récents : mais elle jouissait de privilèges sociaux comme contrepartie de sa soumission, puis de son appui à l'institution de la monarchie absolue. De même au xrxe siècle, la bourgeoisie riche n’a tenu le pouvoir directement par des individus qu’à quelques instants ; mais elle jouissait dans son ensemble, auprès du pouvoir, de privilèges sociaux dont elle se contentait, dont il lui fallait bien se contenter, parmi plusieurs classes — par exemple, la liberté et même la licence dans le maniement des masses industrielles.

Cette distinction entre le pouvoir politique effectif et l'exercice de privilèges, ce n’est pas une nuance subtile et qu on puisse dédaigner, c’est un fait capital dont la méconnaissance représente un grave manque d’observation, une grande ignorance de l’histoire, et ne peut engendrer qu’erreurs et déceptions comme il arrive aux Marxistes. Mais les Marxistes ne font que rappeler, dans le cycle de leurs vantardises et de leurs dépits, les zélateurs de tout exclusivisme de classe (les Ultras français du début du xrx® siècle, les Tories de la fin du xvrre siècle et du début du xvirre en Angleterre, les conservateurs prussiens).

La masse d’une classe ne gouverne pas ; en conséquence, lors d’un grand changement politique et social, une classe gouvernante n’est pas remplacée par une des classes gouvernées. Il y a un simple remplacement d’une

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