‹ Socialisme fascisteChapitre 98 sur 103 · ARR · texte numérisé non relu

ARR

se on x EURE na ENT EN RUN EN E €:

AE. s 22: L ; - : e re = LL LE onde d Din ge did her Lévrll RENE A ru Mirti, vrai PSE 2 ne a 7e 749: Ed , ° Lin 16 k k f * ou eux. NU 7 ù L y ati: 46) ne onde dt in ré tRR PP ET PP a ts CASTRES re ct tenh prnaccent LSES E SET Ee ne te … est t I. nlat bit ie lue ps mé » ag À Let: ner À } FE À.

ATP TES

PE PR RO EE OR PP LIT RAS PE à

+ AT C7 NU À ot A

AUS At PIE ET NAS

LD A Ë i 4 Mike Le 2%

un * 7 ? - pe Fe "° : - DAME Tir hrpre LL | AURA es DRAM IE Fa née À :

TR Var et AO É GE dE AUDNS S r L

es AE}

ef our met, nm

grrr”

- | 2 — me Ps.

banal + nm" — 0 ARE — > = EE — CEE Ca + Re CE - 73 ru 2e © <= À ET = CE PRET AT à > gone Le ere rte = ph — are sr de = AE " 1 s yo us PR a eq ee a < nu

L’Intellectuel et la Politique. — Tel fut mon itinéraire depuis 1910, depuis que j'ai commencé de penser. En l’écrivant, je rabâche sur deux ou trois confessions que j'ai déjà faites (mais qui les a lues ? Ou qui s’en souvient ?) et je gâche mon projet d'écrire très tôt mes mémoires. Mais tant pris je vais toujours trop vite ou trop lentement. Et j'ai encore cédé à la pression des méfiances.

Vraiment, les gens en ont à revendre à mon égard. Au fond, je ne suis pas plus ondoyant que la plupart dans leur for intérieur ; mais je suis téméraire de leur jeter leur propre aveu à la figure. Certes, ma manière est maladroite ou perverse et provocante. J'approche trop de la politique pour qu'on ne soit pas tenté de m'imposer ses lois. J’ai trop souvent fait croire que je nourrissais l'ambition d’y entrer ou le remords de la fuir. Il est dans mon caractère de toujours plaider coupable ; si c'est là une feinte, elle a été une passion. Mais par-dessus ces particularités, je pourrais bénéficier d’une méditation que les gens devraient toujours avoir faite.

Il y a quelque chose de profondément représentatif dans l'attitude ambiguë de l’intellectuel. Ainsi, 1l prouve ses liens avec la masse du peuple qui ne se livre jamais, nourrit et supporte à sa surface les partisanneries, les extrémismes, mais ne s'engage que de loin en loin et pour un temps. Faisant une révolution, se prêtant à un homme, à un parti pour quelques années, et se reprenant toujours. On verra la Russie, l'Allemagne, l'Italie se reprendre quelque peu en dépit de l’immense faiblesse

: : De

Se

de l’époque, comme la France et l'Angleterre se sont 1.1 reprises au puritanisme et à Cromwell, ou au jacobinisme, à Robespierre, aux Bonaparte.

La masse humaine participe de la profondeur et de l'ambiguïté de la nature. Ainsi truchement de la masse des femmes, des enfants, des vieillards et aussi de Ia masse des hommes qui sont engagés dans leur gagnepain et leur création particulière, l’intellectuel rejoint l'indifférence mystérieuse, trompeuse des animaux, des plantes. Est-ce que l'éclat d’une révolution arrête longtemps le physicien ou le sculpteur ? Même s'ils vont d'aventure brailler dans les meetings, quand ils rentrent chez eux, jusqu'où ont-ils engagé leur œuvre ?

La politique n’épuise pas l'humain. C'est parce que jy suis plus engagé que beaucoup d'intellectuels et dangereusement (dangereusement pour mon œuvre d'artiste) que j'ai le droit de le dire, et de crier casse- | cou à certains. C’est pourquoi, doctrinant mon attitude, à j'ai souvent combattu la manie d'adhésion chez Îles autres.

Toutefois, je ne souhaïte nullement, et d’ailleurs, je crois impossible la neutralité. Je crois que de l'œuvre d’un intellectuel et même d’un artiste se dégage une tendance politique profonde — sans compter maintes opinions particulières. À plus forte raison, de la part d’un écrivain qui comme moi traite délibérément de sujets politiques. Mais cette tendance garde ses racines trop emmêlées à la vie totale, pour ne pas laisser toujours insatisfaits les esprits qui se livrent au tranchant

agente. “ann NUE RSS

TA

dh) 238 SOCIALISME FASCISTE JE fl. des partis. Et pourtant les partis se nourrissent de 1 l’œuvre de tels hommes qui sont capables de vues géné- [É 11 rales ou particulières, d'analyses et de synthèses qui Mel! | deviennent impossibles après quelques années de service L 14 aux pamphlétaires ou aux théoriciens, aux conseillers (All de l’action immédiate.

Er fic À la fin du compte, comme je l’ai annoncé dès le # A] f- début, en dépit de mes hésitations et de mes oscillations, ts on peut voir ici que j'ai pris de bonne heure position 1 ES sur tous les problèmes et que je n’ai fait qu'approfondir it | ma position. Depuis des années, tout en ressentant for- Ë 1: | tement le génie français, et d'autant plus que je me | À suis penché davantage sur les autres génies nationaux | 1 À de l’Europe, je crois pour des raisons d’expérience, uni- |: 4 quement concrètes — nullement romantiques, vagues LES et approximatives — à la nécessité d’une fédération 11 européenne, seul moyen d'éviter la ruine économique LE 1e et la destruction finale de toutes les patries européennes ! IE par la guerre.

L | ÿ D'autre part, méprisant le capitalisme épuisé, qui LÀ à prolonge ses jours par la corruption de la démocratie et on : méprisant le socialisme prolétarien qui depuis un siècle 1: 4 à . donne — dans la mauvaise fortune en Europe, dans la À À 4: bonne fortune en Russie — Ia preuve cent fois répétée | : | 1à qu’il n’est qu'un mythe, je me sais et me déclare socia- À 33 liste.

th Î Enfin, bien que nourri de la culture catholique et s n’ignorant pas les disciplines antiques dont elle découle, LA. je ne crois pas possible la restauration totale et exclu- KES D Ge Rare TRS RE NT iii ie 5 SE dés

PT A des

PET Maté Am ES meenont hos — —

sive du système de réalisme spirituel que préconisent de façon voisine l’école maurassienne et l’école thomiste, amoureuses de cohérence et de conséquence. Je rejette ce dogmatisme comme l’autre dogmatisme qui est sans doute son pendant, le marxisme qui se voudrait aussi un réalisme et un humanisme. Que ces dogmatismes

soient sans Cesse comparés parmi nous, mais qu'ils ne

s'imposent pas à nous comme les deux pinces d'un dilemme inévitable. J'aime les efforts qu’on fait, selon ces deux lignes inverses, pour lutter contre l’abstraction montante dans nos vieilles civilisations urbaines, mais

je n’en marque pas moins que le propre du génie euro-

péen — et non pas seulement français — a toujours été de trouver son chemin entre les extrêmes du calvinisme et du jésuitisme d’abord, du romantisme spirituel et du romantisme matériel ensuite. Ni la propriété, n1 la famille, ni la personne ne peuvent être restaurées selon l'utopie du passé. Cette question du reste, qui touche au fond philosophique des problèmes sociaux et politiques, n’est point du ressort de ce livre et n'est évoquée ici que pour mémoire.

Aïnsi j'ai trouvé la formule, mais non pas le lieu. Je cherchais la formule, je ne cherchais pas le lieu où je serais bien en peine de demeurer et de m'accommoder en vue d'oublier tous les autres. Les lieux où cette formule est en train de prendre corps, voulant les regarder tous ensemble, je m'écarte de chacun. Ce n'est pas mon destin de hanter un lieu, au défaut de tous les autres. Mais alors, si ce n'est pas mon ouvrage, et puisque J'ai

ee | ” em — “+

LR EE" LAS

TA TNER

nine £ P : : à mm, AR eee emntrmred 7 ; »' LEZ Las : Tr : MAS » - PS (RESTPUTE és sh 2 rene. re Po? : d r. 2 « " ar 2 - D - S MS AL: PUR GIVE IUT At PCR EMI ENTRE) 12 FT bg F 2 PPT à, S L s KT rs PRET oi a —- Cost à, Dur $ à. -»

7 LAN É sn fees re Les L ES? " 17 PAIE dhté U ; 7 PETRIIT Nm, | MULTI ALES n ‘à en ere de RER 22 ER fins: » PT LORS & ” à } à: + 2 k 2e \ RP, s cu : : — sr = Jniod, + SE Si de de 3 è h “ii * A e OMR CEE = mn Can ere Per PER a sas . res Val rori CRE 2 “ à éd ” « A éd L LR, Wars : Pret y ré. 2 + Pere à be nn) ; te. der cts +. Éd Nu € | kr PAR ER Si. | 1 : . éd > + RAT rp gi : xs f 15 DA ot #0 verri # : AA! ++ gr g v : » 2 FENTE CA A7 7 }

bien fait, somme toute, celui qui m'est propre, pourquoi suis-je allé chercher la petite bête ?

Pourquoi me suis-je laissé tenter ? Et pourquoi ai-je tenté mes amis et mes ennemis par ma scandaleuse promenade sur les lisières ?

À quoi, en efiet, se sont réduites les démarches que j'ai faites pour adhérer à une secte ou un parti ? Avant la guerre j'avais fait partie d’une petite association d'étudiants républicains à l’École des Sciences Politiques. Après la guerre, j’ai vu deux fois Maurras pendant cinq minutes. J’ai été une fois à une réunion du Redressement Français. Toutefois, je n'ai jamais songé à entrer dans le parti radical. J’ai téléphoné à la secrétaire de la Ve Section du parti socialiste pour lui demander les conditions d'adhésion. Je suis allé à une réunion du comité d'Amsterdam et j'étais assis dans le presidium.

La variété et la brièveté de ces velléités prouvent évidemment que je n'ai aucun besoin de cette sorte d'engagement et que la simple curiosité chez moi est vite satisfaite par de tels moyens. Certes, cela prouve aussi que je ne trouvais de satisfaction nulle part. Ce n’est pas ma faute si le Redressement Français n était qu’une frime conservatrice, si Maurras a peu voyagé, si Blum n’a pas voyagé davantage, si les communistes chantent quinze fois de suite l’Internationale dans un seul meeting, si le Front Commun de Bergery est une cafouillade, mais pourquoi aller toucher du doigt ces évidences ?

Fallait-il m’engager dans un de ces traquenards,

quitte à glisser ensuite de nuance en nuance jusqu à changer tout à fait de couleur comme il arrive naturellement à beaucoup d’intellectuels qui sont engagés dans l’action. J'aime mieux être dédaigné par les écrivainspartisans comme un amateur vain, voire, méprisé comme un lâche. Dans l’A. F. on me considère plutôt comme un avorté que comme un sournois ; dans Commune comme un sournois, plutôt que comme un avorté. Au fond de moi j'ai toujours eu la science des différences, la hiérarchie des responsabilités.

Si l’intellectuel va vers l’action, c’est qu'il s'abandonne à quelque impulsion tout à fait momentanée et sans doute sans lendemain. Alors les hommes d'action engagés dans un parti voient arriver parmi eux un homme hagard qui s’essaie à employer les mêmes mots qu'eux et en fait un langage inconnu. Ils l'accueillent avec une émotion naïve ou feinte. Puis l’intellectuel s’en va comme 1l était venu.

Ou bien l’intellectuel se corsète vraiment dans une attitude. Si c’est un écrivain politique, c’est fort naturel, et c’est la seule facon de nourrir son talent. Si c'est un artiste, ou bien il devient médiocre, il avoue qu'il était médiocre, et écrit des sornettes pour la propagande, ou bien il triche avec sa foi officielle, il la traduit dans son œuvre.

Si l'écrivain est un vieillard, cela est moins gênant — qu'il s'appelle Anatole France ou André Gide. Il est installé dans son œuvre comme dans un sûr refuge. Il ne peut rien faire qui en démentisse l'ampleur multiface ;

DILT SUEE RENE "RS

PS ARS me te Re rate

elle sera toujours là pour protester contre ses accès partisans, contre ses négations de la profondeur et de l'ambiguïté humaine au nom du politique et du social.

Mais, par malheur, j'ai souvent douté de mon talent ou de sa destination. Craignant d’avoir voulu me guinder à un trop haut poste en essayant des romans, je me suis dit parfois que je n'étais bon que pour servir à un rang plus modeste et plus immédiat. Mes velléités d'adhésion ont coïncidé souvent avec mes moments de

dépression.

Alors, je me montrais troublé par les récriminations et les objurgations qui, pourtant depuis toujours, me venaient de toute part. Puis reprenant une conscience plus forte de ma destinée intellectuelle, je songeais par longs moments à défendre une position délicate mais à la longue efficace. Par malheur, je n’en avais pas encore une conscience tout à fait nette.

Mais le secret de mes impulsions vers l’action tient aussi et pour beaucoup dans mes amitiés. Les amitiés jouent un grand rôle dans ma vie intellectuelle — sans doute un plus grand rôle que mes amours. Il est curieux que mes amitiés ont toujours été à gauche. Une amitié domine toute ma vie, celle de Jean Bernier — jeune bourgeois qui est resté longtemps aux lisières du communisme, avant d'y être entré ou après en être sorti. Auparavant, il y avait eu Raymond Lefebvre, autre jeune bourgeois, un des jeunes chefs et fondateurs du parti communiste en 1920. Je n’ai connu Aragon qu’à une époque où la seule politique littéraire l’occupait et

De Le

a LES

Page 1