‹ Socialisme, naturalisme et positivismeChapitre 12 sur 38 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

rapparitioii, qu'il faut expliquer l'éclosiou du saint simonisme, du fouriérisme et des autres systèmes dont nous aurons à retracer Thistoire.

Les auteurs de ces systèmes étaient pour la plul>art des hommes passionnés pour le progrès des lumières et zélés pour le bien public, et ils ont quel quefois émis sur les questions sociales des vues aussi profondes qu'ingénieuses. Ce n'était certainement pas un homme ordinaire que ce comte de Saint-Simon, qui après avoir longtemps vécu, comme Mirabeau, de la vie sensuelle de notre ancienne aristocratie, se mit un beau jour à vivre de la vie de l'esprit et découvrit, à force de travaux et au prix de mille privations, une doctrine qui ne réorganisa pas, il est vrai, Ja société européenne, comme il en avait nourri l'espoir, mais qui anima des disciples nombreux et intelligents et donna au dix-neuvième siècle une nouvelle physionomie. Ce n'était pas non plus le premier venu que ce Charles Fourier qui, danssa passion pour l'idée, avait faitcomme Spinoza deux parts de son existence, l'une pour le corps, l'autre pour l'àme; car, s'il ne taillait pas, comme le philosophe hollandais, des verres d'optique pour vivre, il tenait des écritures de commerce pour pourvoir à sa subsistance et vaquait ensuite, comme lui, à ses hardies spéculations. Nous ne parlons pas d'AuGTUste Comte dont la vie tout entière a été

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consacrée à de vastes et scvèi'f-s études et qui, s'il ira pas accoiii[)li raudaci(.'ux projet qu'il avait formé, de refondre la science et la société tout à la fois, a du moins profondément remué les intelligences soit dans l'ordre philosophique, soit dans l'ordre politique, et imprimé à la pensée de notre temps un mouvement qui dure encore. Aussi ces réformateurs trouveront eu nous, malgré les erreurs dans lesquelles ils sont tomhé.::, un historien impartial et un juge équitable. Nous comljaltrons énergi • quement les doctrines. : nous en avons le droit, et la conviction du danger qu'elles font courir a la civilisation de l'Occident nous en impose même le devoii'. Mais nous aurons pour les hommes tous les mena gemenls que commandent leur méiite et la pureté de leurs intentions.

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