‹ SocialismeChapitre 5 sur 44 · RESTONS NOUS-MÊMES · texte numérisé non relu

RESTONS NOUS-MÊMES

Nous demandons tous I*unité, c'est entendu, El cela* parce que nous voulons que le parti socialiste pénètre comme un clou dans le vieux monde bourgeois et le fasse éclater. Or un clou ne s'enfonce bien que s'il ira qu'une seule pointe, et l'union telle qu'on nous la fait entrevoir serait comme un clou h trente-six pointes et à trente-six têtes. C'est donc bien T uni on que peuvent souhaiter les socialistes qui entrevoient la révolution vers l'an 3.1)00 environ. Nous ne voulons pas de ce genre d'unité. Jamais nous ne nous associerons aux socialistes qui se sont si opportunément ralliés à la République bourgeoise, Ldür chemin n’est pas le nôtre. Nous ne nous attarderons pas davantage à mettre en faisceau les bâtons flottants qui dérivent autour de nous.

Restons chez nous et parlons de nos affaires. Avant tout restons pointus, c’est dans notre caractère,

Pour cela, commentons par secouer loin de nous

B ESTONS NOUS *M KMES

quelques vieux malentendus qui ne peu vent qu’émousser notre force de pénétration et fausser notre pointe* Un des plus déplorables est la confusion — entretenue par nos ennemis et propagée par eux dans les milieux socialistes — entre l'internationalisme et Uaniinationa- Ikme. On ne peut pas être moins antinationaliste qu'un internationaliste, puisque l'internationalisme socialiste est la. socialisation des intérêts nationaux, communs à toutes les nations organisées* Associer des nalions n'est pas les détruire.

Réunir plusieurs choses en les supprimant est d’une singulière arithmétique. Pour la même raison qu'il est tout 7e contraire d'un anlinationalîsle, l'internationaliste est forcément et en même temps nationaliste, et notre Programme du Parti Ouvrier est très net sur ce point (p* 2i)* « Une Révolution seule, en effet, — comme I affirment les considérants du programme,— permettra à la classe productive de s'emparer du pouvoir politique et de le faire servir h l'expropriation économique de ta petite France capitaliste et â la nationalisation ou saétatisation des forces productives, v

La socialisation des intérêts individuels est te nationalisme, c’est-à-dire la nationalisation du pays ; la socialisation des intérêts nationaux est l'internationalisme, c’est-à-dire l’internationalisation des nations* On ne petit internationaliser que des choses nationalisées, ou tes mots ne veulent Heu dire; et II no faut pas con* fondre inteinationaliser et dénationaliser* Donc le Parti Ouvrier est nationaliste et internationaliste, par cela même qu’il est socialiste*

fiOCl ALISME

Je ne parle, bien entendu, que du nationalisme do nationalisation, et non de Ken (.reprise de chantage où la vieille République bourgeoise expie ses lâche lés.

Un second malentendu soigneusement entretenu pour émousser ta formule socialiste est l’antagonisme absurde entre ['individualisme et le socialisme* Quelle doctrine favorise plus révolution individuelle que le socialisme? Dans quel milieu l'individu aura-l-il moins à vendre tout ou partie de Lui-même et de sa possession individuelle pour vivre? Dans quel milieu le minimum indispensable a la vie individuelle sera-t-il mieux garanti que là ou les intérêts fondamentaux de L’existence seront assurés par la socialisation nationalisée et internationalisée de ces intérêts ? Dans le milieu social actuel, chaque individu doit se vendre tout entier pour assurer sa survivance et sa reproduction ; s’il est des privilégiés qui, par la fortune, oui une liberté relative, combien plus nombreux ceux à qui la misère fait une loi de se vendre plus qu’entiers et de compromettre par le surmenage et Tusure professionnelle, sans compter le chômage, leur capital d'existence individuelle et celui de leurs enfants, c’est-à-dire l’espèce elle-même? Où est la liberté individuelle, là où la concurrence entre individus s'oppose encore a la socialisation des intérêts individuels? Dieu n’est plus individualiste que le socialisme, car il assure le minimum à chacun et libère ainsi révolution individuelle.

Voilà donc deux points à lixer. Le socialisme implique le nationalisme et ]’iu ter nationalisme, et il est la plus heureuse solution de l’expansion individuelle, non par

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