‹ SocialismeChapitre 6 sur 44 · RESTONS NOUS-MÊMES · texte numérisé non relu

RESTONS NOUS-MÊMES

la meurtrière concurrence, mais par la socialisation des intérêts communs et fondamentaux de tous.

Mais si chacun de nous veut prendre un par un tous les articles de notre programme, aussi bien dans sa partie économique que dans sa partie politique, il constatera qu'ils signifient tous ; nationalisons. Ils peuvent se résu mer ainsi :

o La nation garantit à tous ses membres la liber lé de penser, de parler, d’écrire, la liberté de réunion et d’associalion i titra et internationale, la dignité et Tin dépendance professionnelle, civile et sexuelle. Llle reprend le budget des cultes, les biens de main*morte, meubles et immeubles, des corporations religieuses et de leurs annexes industrielles et commerciales ; elle nationalise les chemins de fer, banques, mines, etc.; supprime la Dette publique; organisme la défense en la nationalisant et abolit l'armée professionnelle, parasite et antinationale, incapable de sauvegarder la dignité nationale et l'intégrité du territoire. La commune est responsable, vis-à-vis de l'individu, de la protection nationale et, vis-à-vis de la nation, de la contribution individuelle à Tordre et au développement social.

cr Lu nation garantit au travail nationalisé l'hygiène, la sécurité, la dignité, le développement scientifique et la pleine rémunération de son effort, prenant à sa charge l'éducation, la surveillance et l'assis lance des enfants* des vieillards et des infirmes ou invalides du travail. »

Le socialisme aboutit à la responsabilité mutuelle de la nation et de l'individu, c'est-à-dire à T individualisation de la nation.

La récente déclaration de Bebel au reporter d'un de nos grand» journaux réactionnaires aura, on peut l’espérer, définitivement corrigé le contre-sens qu'ont commis depuis quelques années certains socialistes à in suite d'Hervé, et que le journal le Socialiste signalait dés

Ce contre sens grossier consistait à confondre internationalisme avec antmalionalisme.

Le parti socialiste international n’a pas attendu Hervé' pour être antimilitariste et pour reprocher k L'armée de porter toutes les livrées, celte d'un homme, d'une caste, d’une classe, du pape, du patron, mais jamais la livrée nationale. Far une douce ironie, un groupe du jardin des Tuileries représente l'Alsace dé rendant l'armée française ; c’est T histoire de ces trente dernières années, ou La Revanche nous a déjà coûté bien plus cher que la Dchicle. L'armée a mal défendu la nation contre ses

Ml SR AU POINT

ennemis du dehors, mats elle défend bien contre elle ses ennemis du dedans* C'est son rôle hie torique et le mîlîtaire est l'ennemi du citoyen, chacun sait ça.

Mais la question n’est pas là. Le mal est dans Téqinvoque lancée contre nous par nos ennemis et qu’ont sottement exploitée certains des nôtres*

En 1H95, au moment où Thîébaud et Barrés inaugugu rai eut le nationalisme des Jules Lemaître et des Jules Gué ri ti, le Soda liste disai t (2b aoù t). *. : « 11 f au L to u te la mauvaise foi des adversaires du socialisme et l'insondable naïveté de ceux qui les écoutent pour qu’il soit permis d’opposer, comme on le fait tant aujourd'hui, le patriotisme au collectivisme. — Et je me demande quelle singulière conception peuvent bien avoir du patriotisme, ceux-là mêmes qui ont l'aplomb de nous traiter d'antipatriotes, alors que nos orateurs n’ont h la bouche que les mots de nationalisation, de retour à la nation y de monopoles d'Etat préparant la production nationalisée , la création de services nationaux, etc.

a il est curieux que ce soient ceux qui veulent la nation grande, forte, féconde et belle, qui soient les antipalrioies, et ceux-là qui la font divisée, livrée au laisserfaire laisser-passer h l'anarchie dans, la production et dans la consommation, à l'exploitation réciproque des fils d'une mémo mère, à T usure, au vol consacré et encouragé sous mille formes, aux banqueroutes sans cesse acceptées, aux humiliations extérieures elà d'indignes et dégradantes alliances qu’on croit légitimes parla peur, — c'est ceux-là qui sont les vrais patriotes la

Ceci paraissait à l'époque ou un de nos grands jour-

naux proposaiLqu’on abandonnât le li juillet et qu’on prît pour fêle nationale celui ou Je Tzar mettait le pied sur le sol français.

C’était également l'époque où Paris et la France se paraient de drapeaux tricolores sur lesquels était imprimée l'aigle noire des RouianofL Les deux livrées n'eu firent plus qu'une ce jour-là ; — je continue à citer*

« Oui, c T est nous, les internationalistes, qui, seuls, pouvons honnêtement parler de nationalisation, parce qu’elle esl presque tout notre programme politique e Lie premier stade de notre révolution : parce que V interna - Honnie rêvée n’est possible qu'enti*e nations déjà organisées, mûres pour l'entente réciproque et dont les intérêts subiront une commune orientation*

u Nous seuls, sommes un parti d’organisation* tous les autres sont les mille formes de Panarchie individuelle ou nationale. De même nous seuls donnons au mot pa~ trie son véritable sens pratique* parce que nous voulons une nation maîtresse d'elle-même, organisée par la socialisation systématique et évolutive des forces et des intérêts individuels, vivant comme tous les êtres organisés, -— et non un champ de bataille divisé en lots et en positions antagonistes*

.«Tout notre programme est inspiré de celle idée :

« nationaliser », c’est-à-dire faire vivre la patrie de la vie organique et en faire autre chose qu’un mot sonore et creux ; faire participer chacun à la vie nationale et de la vie nationale. C’est pourquoi, si nous ne nous égosillons pas à crier : <t vive la patrie ! » tant ce mol est devenu odieux et stupide dans certaines bouches, nous

Page 1