SU CI A US MR
Voyons d’un peu plus prés ce qu'est le travail musculaire au point de vue physiologique. Ou appelle nutrition organique du muscle celle qu'il partage avec tous les tissus de l'organisme, celle qui lui permet de vivre dans l’inaction ; mais il lui faut une nutrition sérieuse, dite dynamique, pour lui permettre un travail mécanique quelconque, loujours caractérisé particuliérement par un ensemble de phénomènes chimiques des plus importants.
Le muscle, neutre quand îl se contente de vivre* de respirer, devient acide dès qu'il se contracte. Il produit de l'acide lactique et augmente la quantité d acide carbonique qu’il devait à sa nutrition et à sa respiration, quand il était inactif; Il fabrique en outre de 1* urée el de l’acide urique, de la créa line, du sucre, des phosphates, de la xanfUnne et de l'hypoxanthine, de l’inoBite el de l’acide inosique, des acides gras volatils, que lé sang dés veines en lève. Quand le travail est un peu forcé, ces produits, surtout les azotés, augmentent considérablement. Le muscle prend au sang des artères tes éléments qu’il doit transformer pour accomplir son travail de contractions répétées ou maintenues ; mais s’il se surmène, il ne peut plus trouver dans l'apport sanguin de quoi satisfaire à sa consommation nutritive et à ses transformations,)! * se mange b îui-mâme p c r est-à~direempFhnte à sa propre matière les éléments qu'il doit brûler. De
LE DROIT A l/flYGtÊNE
plus, on sait que la contraction prolongée entrave la circulai ion du sang dans la masse musculaire. Mais il ne suffit pas de I mu ver où prendre et renouveler sa provision Indispensable au travail exigé par l'incitation nerveuse, il faut encore qu'il se débarrasse de tous les produits asphyxiants, encombrants et toxiques qu’il fabrique en travaillant* Dès que ceux-ci commencent à s’accumuler, il se produit d’abord la sensation de fatigue, puis bientôt te muscle s’empoisonne en se dévorant et inversement. Le sang veineux ne peut le débarrasser, il accumule son poison, et alors apparaît le sui*menage qui est avant tout une auto-intosÈication, Nous ne développerons pas davantage. Le muscle absorbe tout ce qu’il peut de sang, plus que sa part organique, il anémie l’organisme d’une pari, et lui rend de Fautre les produits de son travail, c’est-à-dire empoisonne le sang*veineux, lout l’arbre circulatoire, et avec lut tout Forganisme. Le système nerveux se surmène, pour faire en quelque sorte respecter sa volonté du muscle épuisé; les organes de transformation et d’élimination se surmènent également, la fatigue £t l’empoisonnement dominent toute la physiologie de l’organisme; c’est comme une mine qui prend feu,
Of, on sait et Ton prouve surabondamment (Exp.de Charrin et Iloger), que la fatigue et le surmenage diminuent la résistance aux maladies par l’altération même des humeurs qui baignent l'organisme, par les perturbations nerveuses qu’ils développent et 1 inhibition des moyens de défense cellulaires, dynamiques et chimiques. La phagocytose est annihilée d’une part* et,
d'autre part, L'altération du milieu séreux organique en diminuant la résistance des tissus à l'invasion microbien rieme^aisse pas que d’ouvrir un terrain plus ou moins favorable à la pullulation des dits microbes, et dont ils s’empressent régulièrement de profiter. Il y a une foule d'expériences qui prouvent ce fait ; le sur ménagé ouvre toutes grandes les portes à l'infection microbienne. C'est l'adulte qui est ïe plus exposé aux accidents du sur* ménagé, et l'homme plus que la lemme ; mais tous les travailleurs y sont voués, aussi bien la jeune lionne qui arrive de son village que l'enfant qui commence son apprenti sage. La durée trop courte du sommeil et du repos, dit AL Bouchard, laroriàe t'auto-intoxication de surmenage. Travailler beaucoup et dormir peu, changer de profession, refaire école de non veau, se soumettre à la fatigue d'une adaptation nouvelle à un milieu et à un travail, tout cela favorise le surmenage également ; la chaleur excessive diminue La résistance, etc. Nous ne décrirons pas tous les accidents de surmenage, ils tiennent de l'asphyxie et de l'infection ; ïh constituent d'ailleurs la maladie endémique fonda ment a Le de la classe exploitée. G T esl le surmenage qui la pousse k l T hôpital en masse, et imprime un caractère grave a des maladies si iriûlïensives dans h classe riche, celle qui répare et ne se «mange pas >j ellemême*
11 est presque généralement adm s aujourd'hui que lu lièvre typhoïde, qui est avant toutes une maladie de surmenés, est produite par l'invasion dans l’organisme d'un microbe qui vit chez nous absolument in offensif,
le imoiT \ l'hygiène
et connu souslenom de bacille d'Eberth. Sonsl'influence de IVmpoîsopnetnenl, du surmenage, il change de caractère en changeant de milieu et devient le bacille typhique ; il se transforme dans l'organisme altéré, et évolue dès lors en réagissant à son tour sur ce milieu organique, éveillant la fièvre, infectant tout, acquérant bientôt ti ne haute toxicité et une formidable pullulation, jusqu'à ce qu'il s'asphyxie lui-mème en quelque sorte par l'accomplissement total cle son évolution dans un milieu dont la complaisance a des limites, jusqu’à ce que l'organisme l'emporte et parvienne à le mater, jusqu'à ce qu'en lin h 1 microbe se « fatigue)» lui-même dans les produits accumulés de son travail chimique de décomposition ,
Bien des micro-organismes sont ainsi reçus chez nous, logés gratis sans que nous nous en doutions même, sur un pied de symbiose parfaitement consentie* Mais que notre santé s'altère, parle surmenage ou par le froid, et dans ce milieu transformé le parasite se transforme et la guerre est alors déclarée quand [‘ennemi est déjà dans la place* C'est i'histoire de presque toutes les maladies, nous ne vivions que sur la foi d'arm islîces, que le surmenage rompt sans cesse.,*
Au surmenage, il est un remède, le repos. Mais celui-là est terrible quand il s'appelle le chômage ; et la classe exploitée n’en connaît pas d'autre. il y a cependant une condition qui combat momentanément le surmenage et préserve dans une certaine mesure l'organisme des capitulations trop désastreuses. C'est l'entraînement et l'accoutumance. Un homme arrive à
vivre en étendant presque indéfiniment les limites physiologiques de sa vitalité. Des ouvriers résistent pendant des années dans des conditions que ne supporterait pas une heure un homme de la classe entretenue. Mais au prix de quelle complaisance, de quelle déchéance organique, de quelle incroyable surcharge des tissus el des organes l'homme el l'entant surtout, déjà surmené par son propre développement, acquièrent li mm uni té au sein de cëtle perpétuelle menace du milieu industriel. Aussi à quel point celle malheureuse population dos villes, sî pliée au travail, al 1ère-1-elle le type national, le type humain, moralement et physiquement. Il est des plus navrants que je connaisse et chacun pfeul l'étudier facilement autour de soi. L'accoutumance, à elle seule, el la dégradai ion du travail, et l'ignorance inhérente au Iravail lui-même suffisent à expliquer ce long retard du quatrième état, de la classe martyre à se révolter et à se redresser ; maïs il y a si longtemps déjà qu’elle est ployée sous la haute surveillance de la magistrature et de l'armée, de la religion et de ta morale bourgeoises, sous le poids de sa dégradation et de sa misère qu'il faut attendre pour la voir se relever qu’elle ait une fois compris où elle allait et ce qu’on faisait d’elle.
En attendant, c’est une terrible diminution de la natalité, qui est, en France et ailleurs, d'autant plus faible que le pays est plus riche, ce qui suffirait à démontrer qu'il n’y a h la dépopulation qu’une cause économique. La fécondité est en raison inverse de la richesse : et ce que nos médecins, hygiénistes et écono-
LR DROIT A l/flYGtÈNK
mistes, ne voudront jamais voir, c’est qu’il eu sera ainsi : tant que la richesse ol la production des enfants seront individuelles, la fécondité signifiera loujours partage, division, morcelle mont, c’est-à-dire destruction,
La fécondité produit un avantage social et non individuel ; or le capital étant jusqu’ici individuel et nominal, il n'a intérêt à développer la fécondité qu'en dehors de hn, dans la masse sociale qui produit le capital, mais ne le possède pas-Aussi sont-ce les capitalistes qui réelament la fécondité, pour les ouvriers seulement. L'industrie pompe les existences humaines, il lui en faut pour boucher les vides qu’elle creuse dans les rangs des travailleurs, ü lui en faut pour son armée de réserve, il lui en faut pour alimenter le contrepoids de misère qui lui permet de mener la classe exploitée.
L’industrie vide les campagnes dans les villes et les villes dans batelier, dans l’usine ; il en sort du capital d’une part et del aulre loule une humanité desséchée, passée au pressoir du travail. Il faut renouveler sans cesse, car le capital ne fera de petits, ne « rapportera ï> que si la classe ouvrière elle aussi fuit des petits^ de la chair à machines et à travail, L’humiuiilé ouvrière en déficit de reproduction menace de ne plus « rapporter » au capital ce qu elle doit, étant donné le code ; le capital menace de ne plus rapporter même 3 0/0 au lieu de 5 0/0comme jadis, aux rentiers. Alors le patriotisme s’est ému, la science a été chargée de re non vu? 1er le contingent de matière première indispensable à la production dite nationale,.Mais hélas, le capital va manquer detra- Tailleurs, comme les travailleurs manquent d'oxygène et
île pain* Il est loin, le temps ou l’on ad met tu i L que le salaire étiil établi sur le minimun nécessaire à l'entretien de l’ouvrier et à su reproduction. Aujourd'hui il est établi, on le répète assez, sur la liberté des contrats ; ou ne parle plus de reproduction* elle est abandonnée, quant à l'entretien de I ouvrier, la liberté du travail et la concurrence entre l raya il leurs affamés en ont Tait un minimum de minimum ; Lassai le même ne s'y reconnaîtrait plus, AL de Freycinet a bien changé tout cela, ainsi que M. Nfipias, On a beau chercher, dans tout le bagage de morale et de religiosité que nous ont légué nos pères, on se demande quel mobile peut pousser la société actuelle h se reproduire, 1/intérêt individuel, la liberté individuelle qui sont à la base de noire morale anarchique, commandent la stérilité absolue. 1/intérêt social est une chose dont ou i/ose même parler depuis que le patriotisme a remplacé le civisme et que le socialisme fait parler de lui*
La production a tué la reproduction. On ne peut autrement caractériser la crise actuel le f sa solution ne peut plus être qu'économique et révolutionnaire. Qu'on se bête donc un peu plus !
Dans les grandes levées de /Empire, on arrachait à la reproduction nationale les hommes valides et sains, laissant pour les générations que nous représentons actuellement de noire mieux le produit d'unions malheureuses entre des femmes heureusement restées ce qu elles étaient, et des hommes reconnus mauvais pour le service mi lilaire, mais non réformés pou nleserviee conjugal ,dont nu ne se souciait pas plus alors que maintenant.
LE DROIT A LIIVGÏÙNE
Aujourd'hui l’armée enlève les adultes hommes valides, et laisse à l'atelier et au mariage tous les ratés de la conscription. Avoue/, que ce moyen do sélection est des [dus rigoureux et ne peut manquer son luit. Je me souviens que le même M. (Je Freycinet avait proposé dVdiminer les tuberculeux de l'armée : célait les laisser s’achever dans l’usine et perpétuer par le mariage ou autrement les cas de réforme pour l’avenir. Mauvais pour l'armée, lion pour la société, Lela montre exactement où nous en sommes.
Disons encore qun la morbidité des femmes, jusqu’à J’àge de ans, c’est-à-dire pendant I activité génitale égale, d’après G. Bertillon, une fois et demie celle des hommes. Ajoutons que toutes tes causes de morbidité que nous avons énumérées jusqu’ici se multiplient par l'hérédité etque les enfants nés de parents industrialisés sont désarmés, dès la conception, contre toutes les chances de mort qu'ils auront à affronter dès ce moment même.
La misère physiologique répond toujours à la misère économique. La déchéance de l’Espèce est liée à la détérioration de l’individu. Mais si l’on songe que sous le quatrième état, en pleine marche de révolte aujourd’hui, il existe u il cinquième état qui porte double charge depuis toujours, double travail, les femmes en un mol, livrées elles aussi à la vie économique el à la destruction individuelle, —on n’aura pas besoin de beaucoup dé réflexion pour comprendre que rabaissement de la natalité et (effroyable mortalité des femmes et des enfants sont liés avant tout à l'industrialisation complète de la femme, c'est-à-dire do l’Espèce elle-même. Notre révolution ou-
vrière,qui sauvera le développement de l'espèce humaine dans l'espace, c'est-à-dire parmi les individus vivant en même temps et en collectivité, sera seule capable de préparer la révolution sexuelle, l'avènement dernier et fondamental du cinquième élat, et celte dernière seule garantira révolution de l’espèce humaine dans le temps, c'est-à-dire h travers la série des individus. Celle révolution du cinquième état nous semble dès aujourd'hui aussi mûre que pouvait l'apparat Ire à Fourîer eï à Marx la révolution du quatrième étal* L'évolution humaine étant individuelle, sociale el sexuelle, nous aurons successivement après l'individualisme, aujourd’hui corrigé par le socialisme, le sexualisme, peu compris de nos jours, mais dont la révolution prochaine prépare le chemin et dont l’avènement esl fatal.
On a remarqué que les fourmis ont beaucoup de soins des pucerons qu’elles vont traire, quelles les logent, leur font des logements salubresjde véritables cités ouvrières mieux comprises que les nôtres, qu’elles les aident à se reproduire et surveillent leur entretien ; on a constaté que les pucerons prospèrent et que les fourmis ont soin de leurs petites vaches à lait ; on a donc eu l'idée d'imiter ces prévoyants insectes ; nous avons dû à ce généreux élan des constructions économiques, des cantines ouvrières, des logements fournis par l'employeur, des caisses de retraite, alimentées par remployé, enlîn tout un système de dettes et de retenues de salaires qui rivent l'ouvrier au travail comme le puceron sur sa pelile branche bien maçonnée de terre glaise.
Mais on a fait mieux ; il existe, paraît-il, des lois de
LE DROIT A l’HTGIÈNE
protection de l’en lance, du travail des femmes cl des enfants f des mesures générales de sécurité du Ira va il et d'assainissement. Tout cela est fort touchant et a jusqu 1 ici bien rempli son but, qui était de donner du répit h nos gouvernants et de permettre aux députés dé paraître faire quelque chose, Au fond, il ïTy a absolument rien de fait, sauf que, les lois étant votées* on ne peut plus réclamer, lit les terribles accidents de Châtains, de Jabin r de Verpilleux, de Villebœuf, de la Manufacture, malgré de luxe de cadavres déployé par les compagnies, ont-ils Fait Faire un pas de plus à la question ?
Le capital ne fait rien, parce qu’il n’a rien à faire ! Il deviendra social quand la Société le voudra. Mais demander aux capitalistes de se défendre contre une révolution fatale,par des mesures qui ne feront que la bâter* ce n’est pas raisonnable, en vérité, Ils ne peuvent que patienter, dans l'espèce de -séourilé inquiète d’un homme qui songerait h relarder l'explosion d une chaudière en s’asseyant dessus. Ils ne feront pas mieux, jusqu'à ce quhls saulent. On n’a pas d’exemple dans l 1 histoire des révolutions, d’une classe qui garde jusqu'à sa mort I*intelligence qu'elle montra au commencement. [I est impossible à la Bourgeoisie d’être actuellement assez lucide pour retarder d’un moment la chute. Aussi incohérente et maladroite qu’ait pu, être la tactique du Quatrième Etat, rien n’a pu le retarder dans sa marche» dans sa marée mon tan le, aujourd’hui si sensible et si marquée.
Le Capital admet le Travail, parce qu’il ne peut se passer de lut ; sans cela, il accepterait la disparition
totale de la classe Ouvrière d'un cœur aussi léger que cet ancien qui regrettai! qu’on ne pût se passer clos femmes pour avoir de* enfants. Pour le Capital, les enfants, c’est la rente et le jeu. Et, nous le répétons, il ne sera jamais plus clairvoyant.
Nous nous trompions cependant. Le capitalisme a eu un répit de plus de trente ans dans la Révolution, et il le doit à Facool qui abrutit, lue, mais disirait la classe ouvrière. Il broie les femmes de jour eu jour davantage, et au delà^ des générations de fous et de liferopallies, moins généreux que le plomb qui fait au moins avorter tout de suite. léacoolîsme sera un des grands crimes de la classe exploitante, car îl a été un de ses plus sûrs instruments de régne, 11 est devenu, comme tous J es poisons lents, indispensable à des milliers de malheureux dont ta vie est faussée depuis l'enfance.
Les médecins, aliénistes ou au 1res, en connaissent bien les elîelSp mais n*aÿez crainte què l’Etat enlève a l’exploita Lion industrielle privée cette panacée merveilleuse de tous les maux, celle passion morbide qui est une excellente sauvegarde de la baisse des salaires, et qui livre an Capital le travailleur 'de pins en pins faible, de pins en plus abruti. L’alcool a mtUé plus de révoltés qu'on ne pourrait croire en assujettissant l'ouvrier à la chaîne industrielle, lui faisant oublier la misère, la famine et sa digniié d’homme et de citoyen. L’alcoolique mange de moins en moins, car le foie et l'estomac sont malades* mois il boit de plusen plus; et, la facile sophistication des boissons nicooliques aidant, l'homme qui boit coûte moins cher que T homme
LE DROIT A L*HYG!feNE
qui mange- On sait de plus que ce n’est pas J'ivresse, ralcqolisme aigu, qui est la [‘lus funeste : elle est infiniment moins dangereuse que l'habitude, une fois prise, de l‘alcool, avec ses conséquences, d’abord Paccoutumance, la tolérance et la surcharge acceptées par l'organisme, la destruction lente des tissus et l'abolition progressive des fonctions. Du reste, l'alcooüque aigu ne vieilliL guère au travail, tandis que L'alcoolique chronique n’en travaille, pour un temps, que mieux, jusqu'à la ruine organique ou la vieillesse; mais alors, on le remplace.
Eft résumé, la durée excessive de la journée de Iravaïl et le séjour trop prolongé dans les milieux d’exploitation multiplient: les Dangers et Accidents professionnels ^ en y exposant trop longtemps les ouvriers, en affaiblissant chez eux l'attention et l'habileté, par le surmênementj indépendamment de l'incurie des exploitants,des infractions continuelles aux lois déjà faites ; — / es I)é fb 7 \m a t io n s a rg an iqu es p ? 'o fes s ion n elfes f r és u I tant du main tien exagéré de certaines attitudes, de la répétition des mêmes mouvements et des mêmes contacts, et de l'impossibilité pour Pouvrier d'interrompre assez fréquemment leur inlluence modificatrice par le repos ; — les Intoxications par les matières premières, dont les eiîels sont longuement énumérés dans tous tes livres spéciaux et dont les cliniques abondent en exemples quotidiens ; — les Lésions organiques par Vair confiné y dues à P insuffisance de l'aérage, impuissant à lutter contre les éliminai ions organiques, pro-
iOtë
SOC! AL1SMR
voquanl ainsi une auto-intoxication plus ou moins rapide et, d’autre part, à l'accumulation dans Pair respiré de produits toxiques el mécaniquement nuisibles aux tissus, particulièrement à l'appareil respiratoire;
Ils aggravent : V Insuffisance de rëparatioi i nutritive par le peu de temps consacré aux repas, par la nécessité pour l'ouvrier de ne pas s’éloigner du lieu de Ira. va il et de manger rapidement; par rinsutfls&ftce des salaires à assurer une alimentation convenable et surtout la mauvaise qualité des produits alimentaires dont le bon marché est une garantie de falsification ; — Vin suffisance de réparation re&pii*atoire par l'impossibilité, pour les tissus, de fixer une quanti lé d’oxygène suffisante pour réparer les pertes de la veille, fournir aux dépenses du jour et combler le déficit croissant causé par les emprunts continuels que le travailleur Tait à son organisme, des Jes premières heures de travail; — VInsuffisance d*è l im in a t ion , par linq ossibilito de débarrasser les tissus des produits résultant de T usure organique et des agents toxiques absorbés, de la surcharge imposée aux tissus par [accoutumance professionnelle qui livre fatalement le travailleur à une destruction incessante; — VInsuffinance du repos pendant le travail ou dans les intervalles, le peu d'efficacité d'un sommeil trop court et effectué dans des conditions défavorables à tous égards ;
lis provoquent ; la Diminution rapide dv la résistance, soit par raeçoutumance qui n'est que superficielle, par ta surcharge, la suractivité et la combinaison de toutes les causes destructives énumérées; — VA Uÿ-
LE DROIT A L’HYGIÈNE
menfation de la réceptivité àuœ hifections, variant avec la profession, mais constituant le facteur étiologique le plus constant cl le plus important dans toutes les invasions micro-organiques ; — VAugmentation de la réceptivité atice intoxications^ par l’insuffisance des échanges réparateurs ; —les Spécialisations fonctionnelles commencées souvent dès l’école professionnelle^ rompant l'équilibre individuel, supprimant de bonne heure l'intégrité el la généralité du développement tant physique qu'intellectuel, tout en créant plus de prédispositions morbides héréditaires.
Ns développent : la Misère physiotopique, soumise aux mêmes lois biologiques que la misère économique, par la combinaison el la réaction réciproques de toutes les nocivités dues aux conditions de classe et de profession, dégradant le type humain chaque jour davantage par l'hérédité des caractères acquis et les prédispositions morbides qui s'accentuent jusqu'à la disparition de Pindividu et de sa descendance, ne laissant après elle que le souvenir de curiosités d'amphithéâtres et de Cours d'assises ; la Nécessite de stimulants et d'emesthésigues le plus souvent toxiques comme les alcools dont l’action rapide ou tenté s'étend au delà do ('individu et se répercute dans sa descendance par une déchéance nerveuse et des réceptivités morbides croissantesaufant que variées.
Ils déterminent : ta Destruction progressive de Vhomme par l’effet combiné de toutes ses causes qui le saisissen t le plus souvent dès Peu lance, alors qu'if est déjà travaillé par la misère physiologique et les lares hé-
ré à i Lai re s ; — la Des Ir uc t ion prog ress ive d e fa fe m m e , dont le LraVftil à bon marché (ail une victime choisie, et sur le bassin du laquelle les déformations professionnelles ont un retentissement redoutable lors de la parturitiOn : — la Destruction précoce de l'enfant t commencée avant la naissance, assurée de bonne heure par les conditions désastreuses de l'élevage et de ï apprentissage professionnel, la dépravation physique et morale des milieux industriels et misérables ; — la Destruction de toute vie personnelle, familiale et sociale, par ^absorption industrielle du toutes les facultés utilisées en vue d un rendement spécial, dont l’exploitation fait pour le travailleur une condition d’exislenee; — rAbaissement constant du niveau moral esthétique et philosophique, par la spécialisation des préocupalions intellectuelles dans une lutte dégradante pour l’existence exclusivement économique el végétative ; f Abaissement oromànt de la natalité , par l’excessive consommai ion d’individus dans la classe qui produit et qui reproduit, et l'indifférence absolue en matière de re* production qui caractérise notre législation el nuire murale individuelle.
S avril IH93.
(VHarmonie sociaîe.)
UALCOOL
11 n’est pas do crime dont on n'accuse l’alcool, et l r on a infiniment raison de les lui reprocher- Comme on ne fait pas grand-chose pour empêcher ces crimes, iî esl naturel de penser que ces cri nies profitent k quelqu’un el que ce quelqu'un est très puissant. Nous ne nous occupons ici, bien entendu, q ue de ralcoolisme chez l'homme, la Femme et l’en Tant de lu classe productrice.
Chaque Fois qu’on se propose d’examiner un mal social, il Faut envisager son cote physiologique el son coté économique à la Fois. Quand ce Jléau frappe partieulîèrernenl une classe, il Faut définir économiquement les conditions d’existence de relie classe ; sa physiologie eu découle tout naturellement,
La classe ouvrière vit du salarial. Celui-ci, réduit à sa formule la plus exacte, se déunit ainsi : un être bumain, pressé par lu nécessité, demande à vivre en travaillant ; un autre èlre, également humain, consent a
acheter son travail sous les conditions suivantes ; il travaillera par exemple douze heures par jour cl sera payé au bout de sa quinzaine. Sa misère et sa faim feront quinze jours de crédit au capitaliste. De plus, on diminuera le plus possible son salaire sous forme d'amendes, de retenue pour la retraite, de déficit à combler, etc* En tin ce salaire représentera par jour une valeur moindre que la moi lié de celle du travail quotidien ; ou, si l’on veut, on ne paiera que la moitié du travail. Sur un travail de douze heures, six sont payées et leur produit appartient au patron et k l’ouvrier, l’un prenant le travail et TauIré le salaire ; six autres seront données pour rien par l'ouvrier au patron, qui en pro(itéra seul.
L’ouvrier travaille six heures pour lui et six heures pour te patron ; le patron paie six heures et gagne le travail de douze. C’est de l’usure à cent pour cent que fait l’employeur à remployé, avec cet le différence que l'employé rembourse quinze fois de suite avant de toucher sou premier salaire. Il n’existe pas de forme plus terrible de l'usure, car la loi reconnaît ce taux de cent et plus pour cenl quand le remboursement se fait eu travail el en sur-travail, c'est-à-dire en vie humaine.
Le mot usure rencontre ici une autre application non moins abominable. Ce travail fourni par le salarié n’est pas égal au rendement normal d'un individu sain, il le dépasse de beaucoup. Le travail n'est pas la renie de la sa nié, ü n'est pas fait de ce qu’un organisme en bon état physiologique peut dépenser sans que le capital soit entamé. La fatigue journalière dépasse le ren-
LALCOOL
UI
dament tolérable, ellà aussi l'usure physiologique double l'usure économique.
On sait qu'un homme bien porlant el solide a dépensé en neuf heures de travail plus d'oxygène que la respiration ne pourra lui an rendre jusqu'au lendemain* Chaque jour de travail est donc pris non sur les forces réparées el relevées au taux normal par la respiration, l'alimentation et le repos, mais il en ta nie plus profondément ce capital vital déjà compromis par la fatigue de la veille. Ces choses sont classiques et reconnues par les hygiénistes les plus officiels.
Nous avons vu que la femme, par sa merveilleuse résistance physiologique, supportait plus que l'homme et pouvait être moins payée ; ici l’usure est doublée d une dépopulation suraiguë et la minoration des salaires sousentend la proslitulion.
L’alcool masque les troubles provoqués dans l’organisme par l’usure économique et l’usure psychologique. Il empoisonne lentement et sûrement* mais avant que l'intoxication prenne le dessus, le travailleur qui boit est rivé au travail par l’esclavage de sa passion ellemême et aussi par la dégradation morale qui l’accompagne.
L'alcool est un excitant génésique et pour quelques travailleurs qu’il met hors d’élat de travailler, il a fait procréer une foule de petits travailleurs, héréditairement voués à toutes les déchéances, (I augmente Tarméede réserve du capital, la chair à travail* Il fait baisser le salaire commun.
L’alcoolique mange moins et son excitation palholo-
SOCIALISEE
gique lui permet de fournir autant et [dus de travail que s'il ne buvait pas*
L'alcoolique sent moins la fatigue morale et physique du travail continu* Sa déchéance intellectuelle, l'abrutissement de sa maladie, la dégradation des milieux où règne ï'alcool en font une matière à exploitation avec laquelle le capital ne craint guère d'émancipation systématisée.
Aussi l 1 alcoolisme a-Lil suivi très exactement les progrès de l'industrialisation de l'ouvrier, de l'ouvrière et de l'enfant* Les cas de folie alcoolique encombrent les hospices ; les meurtres, les monstres, les terribles hérédités s’accumulant, la phtisie s'installe sur ce terrain ouvrier si bien labouré par l'alcool et le surmenage ; l'abrutissement gagne ces hommes et ces femmes dont Ta vie active et morale est absorbée par le travail dégradant, et qui n'ont guère d'autre diversion que l'excitant de la boisson, La femme, l'enfant boivent comme l'homme. Toute la race s'y fond*
Croyez bien que si Ton s’inquiète aujourd'hui de la mortalité et de la ruine physiologique de tou le une classe déjà surmenée el dégradée par le travail, les sentiments humanitaires n'y sont pour rien* C'est la matière première du travail, c'est cette houille humaine quî chauiïe la production industrielle, c'est celle chair à salaire qui devient plus rare et qui va couler plus peut-être* Il en meurt trop. Il eu faut pour la caserne et pour Tu sine, et le monopole de l'empoisonnement public par l'industrie privée est si puissant que l'Etat lui même n'ose l'accaparer*
l' alcool
L'acoolîsme est le crime d'une classe et ce n'est pas le moindre. Il a succédé h la religion dans la protection de la classe possédante contre la classe productrice. L'esclave moderne a fini par se mettre de lul-mérne 1'enlrave aux pieds, on le tient non plus par la superstition qu'il fallait entretenir aux frais de T R lui et du capilai, on le tient par la mauvaise, la maladive passion de l'oubli et de l'en traînement factice, qui en rie bit encore le capital aux dépens de la classe ouvrière. Si l'ouvrier ne buvait plus, le salaire ne pourrait resler aussi bas. L’usure physiologique devenue intolérable a l'homme sain, ferait reculer L'usure économique. L'alcool retarde la Révolution.
Quel remède lui oppose-t-on ? Bien peu, Ions insuffisants. La cause du ma! est dans îe mode de production économique, le remède est également là. L'ouvrier travaille trop pour trop peu ; de là, la misère physiologique, économique et morale. On ne laisse à la classe ouvrière que (alcoolisme et la prostitution pour combler îe déficit chaque jour croissant en Ire le taux de vie possible et exigible et la ruine rapide de la race.
Nous savons que la journée de hait heures relèvera les salaires et la force vitale qui a persisté jusqu'ici dans la dusse surmenée de Ira va il et de misère. LUe seule fera dis para lire l'alcoolisme el la prostitution et pour des raisons presque identiques, car l'alcoolisme et la prostitution amortissent momentanément la puissance destructive de l'exploitation capitaliste, pour en centupler ensuite les eflets.
Il n’est qu'un remède à la tuberculose, à l'alcoolisme»
n juin 1893.
(Le Socialiste.)
AUX VEUVES
La jurisprudence bourgeoise nous ofïre un document établissant nettement les limites dans lesquelles le massacre industriel delà classe travailleuse est toléré et le chiffré de victimes que doit atteindre un honnête industriel avant d'être inquiété. Il faut la douzaine.
Nous adressons ce document aux veuves et aux orphelins desouviicrs maris au champ d’honneur delà misère et de l'exploitation ; il est authentique et des plus instructifs.
On sait comment et combien les industries dites à poussière attaquent les voies respiratoires et que I irritation continue de l’appareil pulmonaire par des particules toxiques ou mécaniquement nocives livrent la muqueuse respiratoire aux invasions microbiennes tantôt brutales et rapides comme dans la pneumonie, tantôt progressives et lentes, comme dans la tuberculose ordinaire. On cite des professions, comme celle des
ne
tailleurs de silex, par exempte, où la proportion dos morts par phtisie est de 80 0/0.
L'arrêt de la (jour d’appel do Rennes, que nous pu- Liions ici, nous enseigne tout d’abord qu'il y des cas où le massacre de la classe ouvrière par les industriels est si flagrant, que J a justice même de leur propre classe ne peut passer outre ; il nous apprend aussi qu’il se trouve des savants officiels, aux gages de ta même classe possédante, dirigeantaci jugeante, capables d'une scandaleuse casuistique médicale, quand ils ont à se prononcer dans le moindre eonllitenLre travailleurs et exploiteurs.
Nous y voyons encore que la voie judiciaire ne doit pas être toujours redoutée par les exploités, bien qu’elle soit chanceuse et que la justice ne soit faite ni pour, ni par les travailleurs.
Enfin eel arrêt nous permet de constater que l’industriel en question a élé regardé comme responsable de la mort de l’ouvrier dont la veuve a intenté le procès et, d autre pari, qiienun mois le personnel du même employeur a présenté pour les mômes causes 17 cas de pneumonie, dont It suivis de mort.
Enfin il y a une justice pour le douzième ! Nous ignorons si l'amende a élé forte, maïs H faut espérer que la punition du douzième meurtre sera elîaeée dans l’esprit du coupable par la Satisfaction d’en avoir commis auparavant onze au 1res pour rien.
Voici R alla ire, telle que foui rapportée des journaux médicaux -
Un ouvrier nommé Aubry, est mort d’une pneumonie
AUX VEUVES
aiguë quelques jours après sou entrée comme manœuvre à ï’usine. La veuve, estimant qu’il avait contracté cette maladie à l'usine en aspirant des poussières de scories, et que cette iries précautions d’usagé n’avaient pas été prises* avait forme une demande en dommagesintérêts contre JL Leblanc.
A la suite d’un rapport d’experts, favorable à ta demanderesse, le tribunal de Nantes rendit,L’année dernière, un jugenienl condamnant Leblanc à payer des dommages* intérêts à la veuve Aubry.
Sur l'appel, la Cour de Aennes a rendu celte année un arrêt qui confirmé le jugement de première instance. Après avoir adopté les motifs des premiers juges, la Cour a ajouté les considérants suivants :
u Considérant qu’on ne reproche point à Leblanc* d’une façon générale, l’exercice d’une industrie insalubre, mais l’oubli des soins et des précautions que devait lui suggérer la prudence* afin d’en atténuer le plus possible la nocuité, qu’il ne saurait d’ailleurs être question de risques professionnels en ce qui concerne des ouvriers de hasard* de simples journaliers, recrutés accidentellement comme ceux qui complétaient le personnel de Lusine Leblanc pendant les mois de niai et juin 18SS, et qui ont été le plus éprouvés par le fléau ;
tf Considérant que les nombreux cas de pneumonie aiguë survenus dans ce personnel* r du 28 mai au 2b juin, et suivis de mort, dans la proportion de i I sur 17, devait faire présumer tout d’abord l’existence dune cause purement Locale constatée en effet parles experts ;
«Considérant que les industries, dites industries à poussières^ sont, en général, incommodes, celles qui ont pour objet le broyage des scories provenant de la déphosphoration de racler, olîrent un danger tout spécial lorsqu'elles s'exercent comme dans l'espèce, dans des conditions défectueuses et une aération insuffisante ; qu’elles donnent naissance à des poussières métalliques don U es particules, présentant presque toutes une cassure vitreuse, sont de natureà occasionner,dans tes voies respiratoires, des plaies que vient encore irriter la chaux vive qui s’y trouve mêlée : cfue ces divers éléments, le fer métallique, le fer oxydé et Ja chaux, retrouvés dans les crachats noifdires de la plupart des malades prouvent bien que, chez ceux-ci, l’appareil respiratoire était saturé de ces dangereuses poussières ;
« Considérant qu’en dehors des divers faits do circonstances relevés h bon droit par le jugement dont appel, ce qui contribuait puissamment encore, dans l’usine Leblanc, à développer la poussière d’une façon anormale, ce sont 1rs brassées ou mélanges de diverses poussières que les ouvrières faisaient dans les greniers après ta tritura lion des scories sous les meules, à l*inverse de ce qui se passait dans les usines similaires, notamment dans i 1 usine Du hocher, qui en était toute voisine, et où les mélanges ne s’opéraient que sur les scories elles-mêmes avant le broyage ; qu’à la dilférence encore de cette usine, où 1 ©broyage s'effectuait sou s un hangar entièrement ouvert d’un coté à l’air libre, les meules dans celle de Leblanc, sans qu’on ait eu la précaution de les enfermer dans un latinbour, se mouvaient dans une
AUX VEUVES
chambre ou les résidus du faluttoir venaient en même temps se déverser ; que la poussière qui s'en dégageait*! du atteindre son maximum de densité dans les mois de mai et juin 1888, oà t en raison d'une vente alors très active r les divers appareils fonctionnaient jour et. nuit el les ouvriers étaient soumis à un travail supplémentaire ; qu'il est à remarquer que c’est précisément à celte époque que se sont produits brusquement les nombreux cas de maladies qui ont été observés ;
<£ Considérant que si, dans sa consultation du 31 décernbre 1891, provoquée par Leblanc, l éminent docteur Brouardel ( \ ) èmei lavis que la pneumonie aigue est engendrée par un microor (/an isme appelé pneu mocoque auquel ne peuvent , d'après lni f donner naissance les industries à poussièi'es, il faut noter tout d'abord que ce mémoire, bien qu’émanant d'un des princes de la science, ne peut constituer au procès qu'un document officieux et montre que cette opinion n’esl pas celle des experts commis par justice d'après lesquels fa pneumonie peut être due à une cause intlarnmntoirc ;
« Considérant que tout, dans l’espèce» tend à démontrer que telE b a été la véritable cause de la maladie qui a entraîné la mort du sieur Aubry ; que ce qui donne lieu do penser qu'elle n’avait point un caractère épidémique, c'est, comme l’ont.dit avec raison les premiers juges, l'absente complète contamina lion, soit dans les familles des ouvriers malades, soit à l'Hû-
(1) La médecine, la science officielles sont rarement tombées plus bas que dans cette officieuse consulta Lion.
pïtat, où quelques-uns d'entre eux avaient été transportés ;
« Considérant que, dùt-nn même admettre que la pneumonie a igné ne puisse être engendrée que par un microbe, alors et dans cette hypothèse, soit que les poussières ouvrent la porte au bacille, comme Tout dit les premier* experts, MM. Laënnec, And renard et Ollive dans leur rapport du 16 juin 1889» soit qu’elles aient seulement pour elTet de faciliter le développement et l'action du préexistant dans L'organisme, ce que ne nie pas ûbsolummt le docteur Brouardel lui-même f il n'en est pas moins vrai que, dans le premier cas, elles y auront déposé le garnie du mal, et que, dans l'autre, en lui fournissant un lieu éminemment favorable, elles en auront provoqué l'épanouissement et 1 déterminé ou tout au moins précipité la catastrophe qui s'en est suivie ;
« Considérani q u*on ne rép o nd pas uniqiiement du préjudice dont on est l’auteur immédiat, mais encore du mal dont, sans en être la cause première, on a par sa faule aggravé les conséquences, que, si parmi les victimes, il s'en élaîl trouvé qui eussent des prédispositions à la pneumonie, celte circonstances ne serait pas dje nature à faire disparaître la responsabilité de Leblanc, mais seulement à l'atténuer dans une certaine mesure ; que les premiers juges d'ailleurs paraissent s'être inspirés de güs considérations en n'allouant aux demandeurs que des dommages- intérêts très modérés ,
« Considérant enfin qu'on ne doit pas s'étonner de ce que les ouvriers de passage, qui reçoivent, dans les
AUX VEUVES
ateliers, le surnom significatif et d'Iiirondeües n raient été [tins particulièrement atteints ; qu’on s’explique eu elfel qu'introduils brusquement dans celle atmosphère malsaine,au moment ou la fabrication plus active y développait une quantité de poussière plus considé« râble, ils aient été plus directement alleciés que les ouvriers habituels de t’usine, qui s T y élaïcut insensi-» , blemenl accoutumés ;
« Par ces motifs, cou firme.
Quand les socialistes réclament un monopole d'Etat, il suffirait d'entendre les cris de brûlés que poussent tous les farceurs de la presse à tout faire, pour se persuader une Fois de plus que c'est là qu’iï faut viser et que c’est sur ce point que se dessine la brèche par laquelle nous entrerons.Et tout en reprouanL contre nous les antiques rengaines de socialisme d’Etat, de tyrannie socialiste, d'entraves h la liberté et à l'initiative individuelles, ils sont Irop malins pour ne pas savoir où ce chemin les mène et où il nous mène derrière eux.Et, en efTet, s’il est évident que l’Etal, dans Insociété capitalisée où nous vivons, est loin de notre idéal et s’il est même un obstacle naturel à sa réalisation, il n’eu est pas moins le but sur lequel convergent tous nos eflorls depuis que le prolétariat s’est décidé à porter la lutte sociale sur son terrain utile et pratique*
Ceux-là mêmes qui noua accusent de ne vouloir arriver aux affaires que pour faire tes nùires, c’est-à-dire de