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CHAPITRE VIL

Les anarchistes.

Raison d'être d'une étude sur les anarchistes anglais. — Anarchistes individualistes. — Anarchistes communistes. — Comment ces derniers se rapprochent des socialistes; comment ils s'en écartent. — La question du gouvernement de la société future. — Les moyens d'action des anarchistes communistes. — Leur ortranisation. — Leurs chances de succès.

N'est-ce pas sortir du sujet que d'étudier les anarchistes dans un ouvrage consacré à l'examen des manifestations du socialisme en Grande-Bretagne? Telle est la question que se posera peut-être le lecteur, en abordant le présent chapitre. En effet, à première vue, il semble assez naturel de croire qu'il n'y a pas de relations entre le socialisme et l'anarchisme. Les socialistes eux-mêmes ont soutenu, à diverses reprises, que les deux écoles n'ont entr'elles rien de commun. Le « Manifeste des socialistes anglais de i8g3 » est explicite sur ce point : (( Nous sommes dans l'obligation, dit-il, de rejeter les doctrines et la tactique de l'anarchisme : nous reconnaissons l'honnêteté et la sincérité de ceux qui les défendent et se proclament révolutionnaires ; mais, pour nous socialistes, ces doctrines et la tactique qui en découle nécessairement

sont véritablement réactionnaires , en théorie comme en pratique, et tendent à faire échec au progrès de notre cause. Les anarchistes prétendent que le socialisme cherche à entraver la liberté individuelle; bien au contraire, le socialisme se propose de réaliser cette liberté entière que l'anarchisme serait inévitablement amené à annihiler. »

Au Congrès International de 1896, les principaux organes de la démocratie socialiste ont fait à maintes reprises les mêmes déclarations. Leur tactique d'intolérant exclusivisme a même pleinement réussi, en ce sens qu'elle a abouti à faire exclure les anarchistes du congrès de Londres et à faire voter par celui-ci un règlement obligeant tous les groupes, même corporatifs, à reconnaître la nécessité de l'action parlementaire.

On a pu croire que le congrès de Londres consacrait la victoire des démocrates socialistes et ouvrait un abîme désormais infranchissable entre le socialisme et l'anarchisme. Ce n'était là toutefois qu'une apparence. Comme l'i'crit M. Hamon, dans un ouvrage récent sur le congrès de Londres (i), « la victoire de la démocratie socialiste est une victoire à la Pyrrhus ». Les démocrates socialistes ou « socialistes scientifiques », comme ils s'intitulent, n'ont abouti qu'à clore la série des congrès simplement socialistes, pour commencer celle des congrès démocrates socialistes. Par leur intolérance ils ont mis en

(i) A. Hamo.v : Le Socialisme ci le congrès de Londres; Paris. i.^i:i7.

pleine lumière la force des socialistes libertaires, antiparlementaires, anarchistes, et certes ce n'est pas un mince résultat pour ces derniers que d'avoir occupé l'attention du congrès pendant la moitié des séances et d'avoir été soutenus publiquement par les chefs de VIndependcnt Labour Party. A ce seul titre une étude sur les anarchistes ne serait pas déplacée dans un livre consacré aux socialistes. Mais voici une raison plus péremptoire : la majorité des anarchistes, — les anarchistes communistes, — sont véritablement plus socialistes que les socialistes eux-mêmes. M.John Rae, dans son bel ouvrage sur le socialisme contemporain, les appelle anarchistes socialistes et voici comment il s'exprime à ce sujet : « Le socialisme contemporain, écrit- il, se résume adéquatement dans ces trois mots : démocratie révolutionnaire socialiste; or, dans chacun de ces caractères, les anarchistes ont dépassé les autres socialistes au lieu d'être restés en deçà d'eux. Ils sont, en réalité, plus socialistes, plus démocratiques, plus révolutionnaires que leurs concurrents. Ils sont plus socialistes, parce qu'ils réclament non seulement la propriété et la production communes, mais également la jouissance en commun des choses produites. Ils sont plus démocratiques, parce qu'ils ne veulent imposer au peuple aucune espèce de gouvernement, si ce n'est le peuple lui-même, — qu'ils ne veulent ni roi, ni conseil gouvernemental suprême, ni institutions représen-

tatives, mais réclament seulement l'attribution à chaque groupement industriel du soin de diriger ses affaires publiques tout comme son activité économique. Ils sont enfin plus révolutionnaires, parce qu'ils n'ont pas confiance dans une tactique constitutionnelle même temporaire, et sont persuadés que faire du tapage est le meilleur et le plus sage moyen d'amener une grande révolution. Les autres socialistes préparent les voies à cette révolution par une propagande de parole; les anarchistes croient la propagande d'action plus efficace pour avancer le moment de la révolution générale «(O.

Les anarchistes se divisent en anarchistes individualistes et anarchistes communistes.

Ceux de la première catégorie sont très peu nombreux en Grande-Bretagne. Ils sont néanmoins en butte à des attaques fréquentes de la part des socialistes scientifiques. Pour M. Hyndman l'anarchisme n'est que « de l'individualisme poussé jusqu'à la folie ». M. et M™'^ Aveling soutiennent que « les anarchistes (d'une façon générale) attaquent le S3^stème capitaliste actuel en se plaçant à un point de vue individualiste, conservateur, réactionnaire, tandis que seuls les socialistes partent d'un point de vue communiste, progressif, révolutionnaire ))(2).

(i) Joiix Rae ; Coiitenipomiy Socialisin; p. 248. (2) Edward and Eleaxor Marx-Aveling : TIic Koyking class movemejtt in America.

M. Bernard Shaw reconnaît l'existence d'anarchistes communistes, mais il élargit singulièrement la catégorie des anarchistes individualistes, « Les vieux v^higs et les nouveaux tories de l'école de Bright et de Cobden, les radicaux philosophes, les économistes du type de Bastiat, lord W€m3''ss et lord Bramwell, M. Herbert Spencer et M, Auberon Herbert, M. Gladstone, M. Balfour, M. John Morley... : voilà autant de tx'pes d'anarchistes plus accentués que ne l'est Bakounine. Ils n'ont pas confiance dans l'action de l'Etat et sont les avocats jaloux des prérogatives de l'individu : ils proposent donc de restreindre celle-là et d'augmenter celles-ci, autant qu'il est humainement possible de le faire, et se mettent en opposition directe avec les partisans de la démocratie socialiste, qui, eux, veulent démocratiser l'Etat et faire reposer sur lui la charge d'entreprendre toute l'industrie du pays n^^).

Sans nous arrêter à l'anarchisme peu défini contre lequel fulminent les Social-Democrats, ni à l'anarchisme individualiste critiqué par M. Shaw, il faut reconnaître qu'il existe en Grande-Bretagne des anarchistes individualistes, c'est-à-dire favorables à la propriété individuelle, mais qu'ils n'ont jusqu'à présent aucune organisation et se réduisent à quelques théoriciens isolés.

La plupart des anarchistes anglais appartiennent à l'anarchisme communiste. Comme nous l'avons

(i) G. Beenari.) Shaw : Tlie impossibilitics qf Anarc/iism (Fabian Tract, no 45).

déjà fait remarquer, ces derniers se rapprochent singulièrement des socialistes. Les membres de la Fédération Démocratique, qui se séparèrent de celle-ci pour fonder, en 1884, la Socialisf League, étaient anarchistes aussi bien que socialistes et le journal qu'ils fondèrent alors, The Couunonweal, était intitulé y4 Journal of Anarchist Comumnism. Dans un article de Freedom, les anarchistes se déclarent « des propagateurs du socialisme qui repoussent l'action parlementaire «.

A l'exemple des socialistes, les anarchistes soutiennent que le développement complet des qualités de l'individu ne peut avoir lieu que moyennant le perfectionnement du milieu où rindi\ddu doit vivre. « Le moraliste bourgeois, écrit M. Belfort Bax, prétend que des hommes individuellement bons peuvent créer un état social sain, alors qu'^« vérité, c'est un état social sain qui rend les Jioniuies bons... Le socialisme proteste contre ces mensonges en affirmant que jamais un effort des individus en vue de leur propre régénération ne pourra contribuer en rien à amener le bien-être de la société «(i^. Les anarchistes soutiennent aussi que « tout le mal vient du régime gouvernemental actuel » ("z). Ils (( n'ignorent pas combien est imparfaite la nature morale de l'humanité existante, mais sont convaincus de ce fait évident que la plupart de nos sentiments égoïstes et antisociaux doivent être

(i) BiîLFORT Bax : Religion of Sociaîism.

(2) Prixce Kropotkine : Article du Ninctccnth Century.

regardés comme une suite du S3-stème actuel de concurence et d'autorité : aussi faut-il s'attendre, d'après eux, à les voir disparaître avec ce système » . En économie sociale, les anarchistes sont extrêmement peu précis. Comme le fait remarquer M. GeoflVey Drage, « l'anarchiste est, de sa nature, plus porté à détruire qu'à édifier. Ses idées économiques sont vagues ; sa propagande consiste presque exclusivement en attaques contre la société, et son programme est en général un plaidoyer en faveur de l'action, de la révolution ))(i). Les anarchistes communistes se rallient néanmoins à plusieurs des théories de Karl Marx et réclament « la socialisation des richesses et du travail », en se basant sur ce principe que l'égalité doit régner entre les hommes. Mais où ils s'écartent complètement des socialistes, c'est à propos du gouvernement de la société future : ils veulent remplacer le système actuel de gouvernement central et représentatif par un système où le gouvernement serait remis directement aux mains du peuple :

« La cause première de l'abaissement de la société actuelle, c'est que cette société regarde comme un principe moral l'autorité d'un homme sur un autre homme... Un homme ne peut vivre conformément à la véritable morale s'il n'est son propre maître. Du moment que son esprit arrive à la compréhension de ce qui est équitable et bon, c'est à lui de diriger ses propres impulsions, à lui de rechercher dans sa conscience ce qui doit motiver ses actions, à lui de les accomplir simplement, sans crainte de châtiment ni espoir de récompense... L'e.xemple réciproque aura

(ij Geoffrey Dr.vge ; The Labour Problem, p. 364.

SOCIALISTES ANGLAIS. aSg

bientôt fait d'établir un code collectif de morale, auquel tous pourront se conformer sans efforts ; mais du moment où des ordres sanctionnés par des peines légales remplacent les inspirations personnelles de la conscience, il n'y a plus de moralité possible »W.

« Les véritables progrès sont ceux que ne vient pas entraver l'intervention de l'Etat... Le perfectionnement de l'état social réside, non pas dans la concentration plus grande du pouvoir entre les mains d'un corps de gouvernement, mais bien dans la tendance vers la décentralisation... Nous voulons que toutes les fonctions considérées aujourd'hui comme étant celles du gouvernement, soient laissées à l'initiative de groupements librement constitués ))(2).

Pour caractériser en peu de mots les tendances respectives du socialisme et de l'anarchisme, nous dirons donc que les deux systèmes réclament la socialisation des richesses et du travail, .mais que le premier croit nécessaire de mettre la distribution sous le contrôle d'un gouvernement démocratisé, tandis que le second demande la liberté la plus complète pour tous les individus. Il y a donc accord entre les deux écoles sur ce que M. Drage appelle a le côté destructif » ; et il y a accord aussi sur le terrain de la reconstruction, sauf en ce qui concerne la question du gouvernement futur et, comme nous le verrons tout à l'heure, sur les moyens d'action à mettre en œuvre. Cette divergence de vues suffit pour maintenir entre les écoles socialiste et anarchiste un antagonisme qui se manifeste fréquemment dans leurs publications'^3). Les deux groupes, en eftet, soutiennent,

(i) Anarchism and outrage (Freedom tract, Xo 8).

(2) Tlie Scientific Basis of Atiarchy.

(3) 'V. Geoffrey Drage : Op. cit., p. 366-367.

chacun de leur côté, que leurs doctrines sont en harmonie avec les aspirations conscientes ou inconscientes de la société vers le progrès. Tandis que l'un croit découvrir que la marche graduelle de la société dirige celle-ci vers l'élimination du gouvernement, l'autre estime que la sphère des attributions gouvernementales s'accroit sans cesse. Les socialistes affirment qu'avec un système exclusif de gouvernement, comme le rêvent les anarchistes, la liberté individuelle deviendrait chose pratiquement impossible, à moins d'un changement radical dans la nature humaine; pour eux cette liberté n'existera que sous l'empire du collectivisme. D'autre part, les anarchistes assurent que le collectivisme exige tout d'abord une modification profonde du caractère de l'humanité et que, faute de cela, les individus trouveraient dans le nouvel état de choses non pas la liberté mais la tyrannie.

Au point de vue des moyens d'action qui doivent les rapprocher du but désiré, les anarchistes communistes se séparent en deux groupes, qui sont l'un vis-à-vis de l'autre à peu près ce que la F abian Society est à la. Social-Democratic Fédération. Les anarchistes du premier groupe se proposent d'arriver à leur but par l'éducation et se montrent favorables à toutes les associations libres qui tendent à confier à l'initiative privée les fonctions aujourd'hui assumées par le gouvernement. Ils déclarent repousser les procédés violents : « Le

véritable anarchiste, disent-ils, a horreur des systèmes qui proposent de commencer par tout détruire » (i). Ils vont jusqu'à reconnaître que dans certains cas, une minorité anarchiste do:', savoir se plier aux exigences de la majorité :

« Lorsqu'un certain bien peut résulter de ce fait que la minorité, — quand même elle se composerait d'un seul individu, — prendrait position contre la majorité, alors l'opposition est un droit et même un devoir sacré. Mais, d'autre part, il se peut que le bien-être de tous commande impérieusement à la minorité de se rallier à une action commune ; pareille ligne de conduite devient dés lors obligatoire, même pour ceux qui se rendraient compte qu'elle n'est pas la meilleure en soi. En effet, il résulterait des inconvénients plus graves du manque d'union que de l'adoption dune tactique qui n'est pas absolument appropriée aux circonstances » 2!.

Le second et peut-être le plus actif des groupes anarchistes préconise, comme moyens d'action, l'éducation et la révolution :

(c Une foule en fureur, voilà la meilleure des éducations ! La Terreur est le nouvel évangile, celui qu'il faut proclamer sur la voie publique, jusqu'à ce que la vengeance d'un peuple déshérité ait foulé aux pieds une légalité trompeuse... La science se met à notre disposition pour confondre l'ennemi commun ; la Terreur est à l'ordre du jour... La dynamite est une doctrine qui sera proclamée partout avant peu; que les juges et les membres des jurys criminels tremblent à chaque excitation populaire, car les procédés chimiques auront raison d'eux et peuvent produire leur effet dans les cours de justice aussi bien que dans la rue )>(j).

« Lancer une bombe, ce n'est pas un moyen pour arriver à une fin, mais c'est un fait qui a sa fin en lui-même, que la bombe atteigne ou non son but. Nous approuvons ces actes d'audacieuse illégalité,

(i) Freedom, décembre iSgS.

(2) Henry Glasse : The Anarchist.

(3) The Anarchist.

parce qu'ils ont pour conséquence d'affaiblir le régime actuel de gouvernement et d'exploitation »(ii.

(c Anarchisme veut dire guerre, guerre à toute espèce de gouvernement, à toute autorité, à toutes les formes de l'esclavage. Nous avons le droit de recourir à la force... et nous n'hésiterons pas à mettre en action les ressources que la civilisation met à notre disposition »(-}.

Quelle est la force numérique des anarchistes en Angleterre et de quelle influence disposent-ils?

S'il faut en croire le témoignage des anarchistes eux-mêmes, rien n'est plus certain que leur victoire finale en Angleterre :

« Tout désigne l'Angleterre comme le futur quartier général de l'anarchisme... L'Angleterre, avec la vive sensibilité de ses habitants, avec sa liberté de réunion et sa liberté de parole, est le pays où nous espérons nous développer le plus, jusqu'à ce que nous soyons assez puissants pour faire la grève générale »'^K

Jusqu'à présent, l'Angleterre ne semble guère avoir répondu à cette confiance et l'anarchisme n'y compte que des groupes sans importance. Il }' a quelques centaines d'anarchistes communistes épars sur la côte orientale de rEcosse(Edimbourg, Dundee, Aberdeen) ; il y en à aussi a Glasgov^, dans les Midlands et dans le Norfolk. Leur principal centre est Londres avec sa banlieue.

A Londres, il y a actuellement quatre clubs d'anarchistes communistes dont deux composés d'allemands, un de juifs polonais et le dernier d'anglais. Le nombre des membres de tous ces

(i) TIte Cominonii'caJ, ii novembre iSgS. (2) The Anarchist.

("3) Vicws of a Wcll-knoivn Anarchist ; «: Pall Mail Gazette », 9 décembre i8g3.

groupes est peut-être d'un millier. Les deux clubs d'anarchistes allemands, le Morgenrothe et V Autonomie, n'ont aucun rapport entr'eux et publient deux journaux en allemand, Freiheit et Autonomia; il semble que la grande préoccupation de ces deux organismes soit de se combattre sans trêve et de faire passer leurs publications en contrebande dans la mère patrie. Le groupe des juifs polonais n'a que peu ou point affaire avec les allemands et fait paraître en « yedish » — le patois allemandhébraïque — une petite feuille à l'usage des tailleurs polonais de l'East-End. Les anarchistes de race anglaise, communistes et individualistes, ont été réunis pendant quelque temps, mais les individualistes se sont affranchis aujourd'hui de toute organisation permanente. Le groupe des communistes possède plusieurs journaux : The Anarchist, Liberty, et, sous le titre de Frecdoui, il pubhe, de temps à autre, des brochures de propagande. Quelques personnalités jouissent parmi eux d'une influence assez considérable, notamment le prince Kropotkine, nihiliste russe résidant à Londres depuis de longues années, et une certaine Mrs Wilson.

Comme on le voit, les partisans de l'anarchisme en Angleterre se caractérisent par un défaut complet d'organisation et par le manque de cohésion. Cette situation est, d'ailleurs, une application naturelle du rejet de toute autorité, rejet qui forme un des points fondamentaux de leur programme.

(( La soumission des anarchistes à un comité de direction, écrit M. John] Rae, contrarierait leurs sentiments et leurs principes, au même titre que la soumission à un monarque ; c'est cette horreur de toute autorité qui les tient désunis et faibles » (i). Eux-mêmes, au surplus, ne paraissent pas se rendre compte des désavantages inhérents à l'absence d'une organisation puissante parmi eux ; n'y avait-il pas, tout dernièrement, une discussion entre les anarchistes de Londres sur le point de savoir si l'entente de deux membres peut suffire pour constituer un nouveau club anarchiste?

Si l'on ajoute au manque d'unité dans l'action, le caractère purement spéculatif des doctrines anarchistes et leurs tendances à l'insurrection, on est naturellement amené à conclure que l'Angleterre n'est pas à la veille de devenir la terre classique de l'anarchisme, comme le prophétisent quelques sociologues de la dynamite. Il n'est pas impossible que Londres devienne de plus en plus le centre des réfugiés anarchistes étrangers. Mais la conversion d'une partie de la population anglaise aux soit-disant principes de l'anarchie est une hypothèse qui ne mérite pas qu'on s'y arrête pour le moment. Avec M. John Rae, nous regarderions comme plus probable « le retour des anarchistes d'origine britannique à des idées raisonnables en fait de politique )){-).

(i) John Rae : Op. cit., p. 257.

(2) John Rae : Op. cit., p, 87.

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