‹ Société d'économie sociale, session de 1872-73 [microforme]Chapitre 7 sur 9 · SOC, D'ÉC. S0G · texte numérisé non relu

SOC, D'ÉC. S0G

mière classe, cette opposition d'intérêts et d'affections qui existe d'ordinaire entre ceux qui ne possèdent rien et ceux qui possèdent tout, entre les domestiques et les maitres. L'envie, le vol, l'inlidélité, chez es uns; le mépris, l'usure, la dureté, chez les autres. Ces résultats sont les mêmes, en général, dans le monde enticr ; mais, en Ainérique, ils sont arrivés au plus haut degré d'intensité, parce qu'il n'y a pas de milieu : tous sont, ou riches ou miséra= bles, — nobles où méprisés.

En effet, ces deux classes, Indiens et Métis, sont plongées dans l'abattement et la dégradation, La couleur, l'ignorance et la misère des Indiens les éloignent à une distance infinie d'un Espagnol. En vain la législation a voulu ies protéger spécialement : elle leur à fait plus de mal que de bien. Circonserits par la loi dans un cercle dont le rayon est de G00 vares (500 mètres), qui est la dimension légale assignée à leurs villages, ils n’ont pas de propriété individuelle. Forcés de cultiver des terres communes, dont ils:sav. nt que l'amélioration ne leur profitera pas immédiatement, c’est pour eux une charge d'autant plus odieuse que la nouvelle juridiction ne leur permet de recourir en ectte matière qu'à la Junte centrale de Mexico. Empêchés par la loi d'habiter et de s'unir avec les autres classes, ils se trouvent privés des lumières et des secours qu'ils recevraient de la fréquentation de races plus éclairées. Isolés par leur idiôme et leur mode de gouvernement, ils ne peuvent sortir” de leurs coutumes, de leurs usages, de leurs superstitions grossières que perpétuent mystéricusement dans chaque village huit ou dix vieux Indiens, qui vivent dans l'oisiveté et aux dépens de la erédulité des autre:, en les dominant avec le plus dur despotisme. N'étant point reconnus par la loi aptes à faire un contrat valable, à s'engager pour plus de 5 piastres dans une affaire commerciale, en un mot à traiter et à contracter, il est impossible qu'ils s’instruisent, qu'ils améliorent leur avoir, qu'ils puissent faire un pas décisif pour sortir de leur misère. Des écrivains célèbres, Solorzano, Fraro et d'autres encore, s'étonnent de la cause secrète qui a tourné au détriment de ces individus tous les privilèges

ve, nt ces auteurs ne pas apercevoir que la cause du mal est enracinée précisément dans ces priviléges, Ces causes réunies ont fait

des Indiens une race vraiment apathique, inerte, indifférente à l'avenir, et insensible à tout ce qui ne favorise pas les passions grossières du moment.

Dans la conclusion de son Mémoire, le clergé recommandait au roi l'adoption du remède ci-après :

€ Répartir gratuitement entre les Indiens et les Métis les terres du domaine de l'Etat ;

« Diviser gratuitement entre les Indiens de chaque village les terres communes ;

« Etablir une loi agraire semblable à celle au ‘plée dans les Asturies et en Gülice, en vertu de laquel'e les cultivateurs ont le droit d'acheter aux grands propriétaires une partie de leurs terres inculles, 5yennant une redevance annuelle où un prix fixe réglé par des arbitres, ct à Ja Condition d'établir un enclos ;

« Libre permission à tous individus de s'établir dans les villages d'Tndiens, et aux uns COMINC aux autres de se livrer au commerce et à l'industrie, Espagnols, Indiens et Métis sans distinction. »

d'ajouterai ici qu'on à proposé récemment de faciliter encore Ja division de la Propriété, en autorisant les héritiers ou les vendeurs de biens ruraux à Payer er (errains les droits de succession revenant à l'Etat et les droits ce iulation.

Représentation des agriculteurs de la province de Michoacan, en dale du 24 octobre 1805, contre la loi Prescrivant d'exiger les capitaux prétes par l'Eglise aux propritaires fonciers.

«€ La Nouvelle-Espasne CSÛ UN pays purement agricole, et où l'industrie est si peu développée qu'elte ne SUB ni à vêtir, ni à chausser un tiers des habitants, Les terre , INA divisées dès le principe, se sont accumulées dans un petit nombre de mains, et la propriété d'un Simple particulier (qui eût SU à un village entier), a pris certaine forme js ividuslle qui S0ppose en grande partie à la division, et qui à exigé par suite et CxÏLe encore chez le Propriétaire une grande mise de londs. Les terres ont été absorbées par lès conquérants et leurs descendants, des cployés et des COBimerçants, qui les ont fit euliver pour four compte, Soit par les indigènes, soit par des esc'aves, sans qu'on se précecupät au début

de doter les bourgs et villages qu'on abandonnait à leur propre sort ni leur fournir un territoire proportionné à leur étendue et à leur développement ultérieur. Les haciendas (grandes propriétés), loin de se démembrer, se sont accrues de main en main, et s’est accrue en même temps la difficulté d'entretenir et de perfectionner leur culture; dès lors s'est accrue aussi la nécessité pour leurs propriétaires de recourir dans ce double but aux fonds ou capitaux de main-morte, même pour les acquisitions. Les bourgs et villages sont restés sans propriétés foncières, et l'intérêt mal entendu des grands propriétaires (hacenderos) leur a fait refuser même de louer leurs terres, ne fût-ce que pour cinq cu sept ans. Le petit nombre de fermiers qu'on tolère dans l'intérieur des haciendas dépend du caprice du propriétaire ou de l'administrateur qui les souffre ou les expulse à son gré, souvent après avoir donné la chasse à leurs troupeaux et brûlé leurs misérables maisons en bois et pisé.

« L'indivisibilité des haciendas, la difficulté de les exploiter et le manque de terres pour le restant de la population, ont produit et produisent encore les plus fnnestes résultats pour l’agriculture elle-même, la population et l'Ét:t en général. L'ugriculture en souffre, à cause de l’imperfection et des dépenses considérables d'exploitation, mais surtout à cause du débouché insuffisant de ses produits, par suite de la misère et du petit nombre des consommateurs. La population en souffre, parce que, privée de moyens de subsistance suffisants, la race n’a pu se développer comme l’eût permis la fertilité du sol, L'État lui-même a souffert un grand préjudice, parce qu'il résulte de cette situation que la masse de la population ne comprend, à part quelques grands propriétaires, que des Indiens et des esclaves. Les Indiens ont été tenus isolés par des lois dites protectrices, utiles au début, quand l'oppression était à craindre, mais funestes dès que cette oppression disparut avec les conquérants; cet isolement a empêché les Indiens par la suite d'avoir des relations commerciales et d'augmenter leur fortune; dès lors, lis végètent dans une indigence qui les avilit. Les esclaves sont notés d’infamie. Indiens et esclaves, privés en grande partie de la possession du sol, réduits à la position de journaliers, sont en contradiction perpétuelle avec les propriétaires, travaillent mal,

Pi.

volent tant qu'ils peuvent, et s’il y c'est qu'ils ne commettent pas plus d’e

à quelque chose d'étonnant, XCÈS. »

Mémoire de Cancelada, en 1813, sur la situation du pays. « La population de ce vaste contine

nt ne répond pas à son immense territoire, qui

pourrait nourrir 40 millions d'habitants.

I n’y a que 6 militons d'habitants, répartis d Suivantes :

Européens. ,

ans les classes

EE 74,700 Créoles, fils et descendants d'Espagnols, 1,010,100 Indiens purs , , . . ere... 9031400 Métis, nègres, mulâtres, sangs mêlés, 2,595,000 ns

Sur 81,144 lieues carrées, il n'y à que 16,338 endroits habités. La province de San Luis Potosi est, à elle seule, plus grande que ne l'était le royaume de France en 1781, et au lieu de 28 millions d'habitants, elle n’en a que 311,503. La province de Zacatecas est aussi grande que la Suisse, et au lieu de 2 millions d'habitants, elle en compte 151,749. [La province de Guadalajara est plus grande que l'Angleterre, et elle n'a pas 1 million d'habitants. On pourrait Continuer Ja COMparaison, et montrer qu'il n’y à pas eu de gouvernement plus funeste que le nôtre à ses administrés. II a promulgué des lois pleines de douceur, des lois pleines d'équité; il a prodigué les mesures de protection aux Indiens, mais il n'a Pas su les délivrer de la faim et de l’indigence, Qu'on ne nous parle pas de la sagesse de Ja législation qui régit les Indes : toutes ses lois ont en vue Ja prospérité de leurs habitants, et Cependant ils meurent de faim, La Nouvelle-Espagne est encore V

tion du sol qu'ont faite les Conquérants. Elle renferme 3,406 haciendas, 3,417 hameaux, et 4,102 baraques où vivent les gardiens de troupeaux (estancias). C’est 1à un obstacle absolu Pour que Ja population puisse jamais augmenter; c’est cette cause qui condamne des millions d'individus à être les domestiques, les serfs de ces riches propriétaires. Il n'y à pas d'eselavage, c’est vrai,

ictime de la mauvaise réparti

mais

se le sort ile la majeure partie de ces 6 millions d'habitants est peutêtre pire : ils ne peuvent rien avoir à eux, rien posséder en propre. Ils ne peuvent se réunir pour former un hameau, un village, car aussi ôt les propriétaires font démolir leurs maisons et les chassent de leurs terres; les malheureux sont obligés d’aller en vagabonds de province en province, en trainant leurs vicillards et leurs petits enfants. Que de larmes je leur ai vu verser quand on les expulsait du lieu qui les avait vus naitre!

Et c’est là ce qu’o: es les lois des Indes ! On n’a donc pas vu en 300 ans out absorbé tout ce vaste ierré toire; on n’a no pas reconnu Jo il fallait les convertir en villages? Faut-il que des mil ers de fidèles et bons sujets de Ferdiuan | VIT soient réduits à vivre dans les bois, à mourir de faim et sans les consolations de Ia religion, parce qu'un propriétaire al'éguera une donation de Fernand Cortès, qui a disposé de ce qui n’était pas à lui? Les Espagnois qui habitent le pays continueront-ils toujours butte à la haine causée par

elle pris des moye

à vivre dans un enfer, en étant en la faute de la métropole? Celle-ci a-t- 8 cificaces pour contenter les masses ?

On ne vise qu'à conteuter les proprictaires créoles, comme si ceux-ci étaient Capab'es d’entraiuer l'opinion de 3 millions d’habitants! Quelle erreur! quelle ignorance de ce qui se passe en Amé-

Pique! Les chefs de la révolution qui a éclaté en 1810, Hidalgo, Allende, Aldama, ont pu entrainer dans la révolution des centaines de mille d'fndiens et de métis; pourquoi? Parce que ces derniers ne posstdaiert rien. Celui qui a quelque chose à perdre ne se livre pas au hasard dune révolution, La propriété territoriale rend l’homme ami de la paix et du travail. »

Dans une note, l’auteur ajoute :

« Dans mes voyages j'ai vu, dans le Nord, des haciendas plus grandes que la Castille tout entière, et où il n'y à pas un seul village. »

Situation en 1829. — Opinion de Don Francisco Garcia,

gouverneur de l'État de Zacatecus.

« La démoralis:

ae tion « qui se remarque chez le peuple inexiCain, Ci principalement chez les 1

ibitants des campagnes, si enclins pour la

plupart au vol et à l’oisiveté,

provient surtout de la mauvaise distribution du sol e

t de l'immense extension donnée aux haciendas. Tous ceux qui ÿY vivent comme petits fermiers n’ont aucune garanlie qui leur assure Pour un temps suffisamment long la possession du sol qu'ils ont loué et qu'ils cultivent, Ils ne peuvent prendre à Cœur d'y apporter des améliorations, qui sont Cependant si nécessaires pour notre agriculture, parce qu'ils savent parfaitement qu'en améliorant la terre ce serait un motif pour que l'administra teur de l’hacienda les chassit le plus tôt possible pour s'approprier le terrain ou le louer plus cher. Il en résulte nécessairement que nos petits fermiers se bornent à ne faire que les labours superficicls incispensables pour les nourrir, et éviter d’exciter la convoiiise de qui que ce soit. »

Don Luis de la Rosa, ancien gouverneur de l’État de Zac

atecas, décrivait, dans les termes Suivants, là situation agricole du pays en 1851 :

€ Dans les grandes haciendas où l'on élève des troupeaux, ‘les vachers (Vaqueros), montés sur d'excellents chevaux el maitres passés dans tous les tours d'adresse et d'équitation, sont chargés de la sarde des animaux. Comme leur salaire est des plus misérables, ils volent bon nombre de têtes de bétail et les vendent aux Contrebandiers ou aux voleurs de grand chemin. Quand ils ne veulent plus Supporter cette vic isolée et pleine de privations font eux-mêmes Contrebandie troupe de guérillas,

, ils se rs, Où finissent par entrer dans une sûrs de passer partout avec leur cheval et d'échapper ainsi aux poursuites.

€ La famine ne cessera P

as de faire des ravages au Mexique, tnt que quelques milliers

de personnes seulement posséderont infructueusement de vastes Lcrrains susceptibles d'être cullivés, en même temps que des millions de familles de la classe agricole Seront privées du bienfait de la propriété territoriale et réduites à la misérable condition de journaliers.

« Enfin, la moralité ne pourra naître tant que les haciendas n'auront autour d'elles que des réunions de cahutes sans écoles, sans prison, Sans police, cahutes entass

entassées les unes à Côié des autres dans les conditions les plus déplorables pour l'hygiène et les mœurs. »

Te PRE

Er

Remarques de M. Oroxco y Berra sur la population du Mexique en 1857 (8,287,413 habitants).

Le baron de Humboldt dit, dans son ouvrage sur la Nouvelle- Espagne : « Les données que j'ai recueillies prouvent que si une cause extraordinaire ne vient pas bouleverser de temps en temps l'ordre régulier de la nature, la populaion de la Nouvelle-Espagne devra se doubler tous les dix-neuf ans, » Mais les résultats ont donné un déinenti complet à ceite assertion, car il a fallu plus de cinquante ans pour doubler la population du Mexique.

Üne telle lenteur dans le développement d'un pays neuf, abondant, fertile, sous un climat doux, peut-elle s’attribuer à nos r'évolutions et à nos guerres civiles? — Je ne le crois pas. La cause du mal remonte, à mon avis, beaucoup plus haut, Je crois qu'il se passe au sein même de notre population un phénomène mal compris ou mal #!. ‘ié, Sous le souvernement colonial, la paix ne fut pas altérée un instant; ce gouvernement à duré trois cents ans. Au moment de la conquête, le pays, le pays central surtout, était très-peuplé, La conquête, les mines, le travail forcé firent périr beaucoup d’Indiens, c'est vrai; néanmoins, il en resta beaucoup plus encore, et cette population ne s'est développée qu'avec une lenteur désespérante, puisqu'en 1794, il n'y avait que quatre millions et demi d'habitants.

La cause du phénomène réside, à mon avis, dans ce fait : qu'il ÿ à Sur notre sol deux races distinctes qui ne se sont pas analgamées, et qui: n’ont presque entre elles aucun contact. La race conquérante et la race vaincue ne se sont point grefiées l’une sur l'autre, La race vaincue n’a jamais progressé : de génération en génération, ses individus, quoique protégés par la loi, ont diminué visiblement; de touies paris, on remarque que les villages qu’elle habite se dépeuplent et tombent en ruines Sans que rien puisse arrêter ce dépérissement. La Population ne croît que dans !a partie possédée par la race conquérante,

Le 17 août 1861, Le gouverneur de l’État d'Aguascalientes publia un décret Chargeant la propriété territoriale d’un impôt proportionnel à l'étendue.

La cote était telle, que les propriétés de 20 à 30 sitios (35,000 hectares , ou 52,650 hect.) qui sont les plus communes, devaient payer chaque année, les unes 10,000 piasires ou 90,000 francs, les autres 23,000 piastres ou 115,000 francs. En deux ou trois années, le Paycment de l'impôt aurait absorbé le Capital,

Les propriétés de 200 à 400 sitios (351,000 hect. ou 702,090 h.), que l'on rencontre dans le nord qu Mexique, auraient dû payer annuellement, les unes d,000,000 francs, les autres plus de 20 millions.

Les principaux propriétaires du pays, au nombre de 107, adressèrent aussitôt une protestation au Congrès général, en demandant que le décret fût annulé.

L'intervention française eut lieu peu après. La majorité honnête du pays l’acclama : elle y vit une garantie d'ordre et de sécurité. Nos armes triomphèrent des troupes réglées qu’on leur 0pposa ; mais la pacification fut impossible, parce que le nombre des proléaires vivant par petits groupes armés sur le pays, en rançonnant les grands propriétaires était trop considérable, et le pays trop vaste, Ces guérillas prennent une couleur politique uniquement pour colorer leur système de vol ou de péage à main armée : à peine le parti auquel ils prétendent appartenir a-t-il Je dessus, qu'aussilôt ils se « prononcent » contre lui, sous un prétexte ou sous un autre, mais en réalité pour continuer leur vie vagabonde de détrousseurs sur les grands chemins.

Le document suivant mérite d’être cité :

Le commandant en chef du corps expéditionnaire du Mexique au ministre de la guerre.

Mexico, le 10 novembre 1864.

« Je ne sais si on a raison, en France, de s'étonner de la réapparition de bandes détruites, de canons pris, etc. On suppose, sans doute, ce pays-ci peuplé, facile à parcourir, peu habitué à faire cette guerre de guérillas, de contrebandiers, qui est depuis cinquante

ans l’état normal du Mexique, et la carrière suivie par un grand nombre, Pourquoi ?

« Parce que la propriété territoriate est entre les mains du plus petit nombre, que lfnd'en est dans un état de servage déguisé, que la classe riche, pas plus que le gouvernement, n'a jamais rien fuit pour améliorer une pareille situation, créer l'industrie, organiser le travail. La phase actuelle de cette guerre n’est pas politique : elle est sociale. »

En effet, la situation du malheureux Indien au Mexique est des plus dures, S'il ne se fait pas guerilla, il lui faut se résigner à être journalier, el voici dans quelles conditions.

Il y à deux systèmes en vigueur.

Dans le premier, le journalier travaille pendant le temps qui lui convient; et, à la fin de chaque semaine, on règle son compte. Dans les contrées froides, on lui paye 2 réaux (1 fr. 85 cent.) par jour, et 3 réaux (2 fr. 03 cent.) dans les climats tempérés. Exceptionnellement, dans la zone chaude, sur les eôtes, il recoit 4 réaux (ou 2 fr. 70 cent.).

Dans le second système, lIndien reçoit un morceau de terre, qu'il cultive pour son propre compte, et des instruments aratoires. On lui donne une cahute, en briques crues généralement, qui lui sert d'habitation. Il a le droit de couper du bois dans les forêts du propriétaire, et de faire pacager quelques animaux. Enfin, on lui paye une certaine somme par jour. Par contre, le journalier s'oblige à travailler toute l’année, depuis le commencement des semailles jusqu'à la fin de la moisson. À compte de la somme journalière à laquelle il a droit, il peut prendre, dans un magasin qui se trouve toujours dans la propriété, les denrées, vêtements et ustensiles dont il a besoin. A la fin de l’année, on liquide le compte; si le journalier a moins reçu d’avances que ne comporte son salaire, la différence lui est payée en argent. Sinon, il reste attaché à la glèbe.

L'empereur Maximilien, peu après son arrivée, fut frappé de cette situation affreuse du pays. I sentit que S'il n’appelait pas les masses à profiter des bicnfaits de la propriété individuelle, son règne ne serait qu'éphémère. Le 46 septembre 1866, il promulgua une loi qui était un premier pas fait dans cette voie.

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