LA SOCIÉTÉ DE PLACEMENT DIFFÈRE DES AUTRES SOCIÉTÉS. DE TITRES
Toutes les Sociétés de titres présentent le même caractère extérieur, qui les rapproche et qui leur vaut leur dénomination générique, à savoir l’existence d’un poste « Titres en portefeuille » (ou « Participations ») à l'actif de leur bilan. Toutes elles pratiquent — plus. ou moins systématiquement, il est vrai, plus ou moins complètement, aussi — la méthode à laquelle Liefmann, le grand spécialiste allemand, a donné le rom de substitution de titres (« Effektensubstitution »)
c’est-à-dire qu’elles offrent au public leurs prapres titres (act'ons, et même obligations), puis utilisent Je produit de ces émissions pour se constituer leur portefenille (5). Elles s’inter posent ainsi, en quelque sorte, entre le public qui fournit les capitaux et les entreprises qui utilisent ces capitaux et les rémunèrent.
Mais elles diffèrent théoriquement Iles unes des autres, tant par l’objet qu’elles ont en vue lorsqu’elles procedent à des acquisitions ou souscriptions de titres, que par l'importance relative et la composition de leur portefeuille.
Bien qu’il soit difficile d’établir en pratique une démarcation nette entre ces divers types de Sociétés de titres — car chaque type est relié aux autres par toute une série de formes intermédiaires — nous croyons qu’en raison du rôle important et toujours croissant que ces organismes sont appelés à jouer en matière de gestion et d'utilisation des capitaux, il y a un intérêt certain à tenter d’en définir, aussi clairement que possible, la nature et les fonctions. A cet égard, nous distinguerons, en dehors de la Société de placement pure définie plus haut, les divers types généraux suivants :
A. — Les Sociétés de spéculation ; B. — Les Sociétés de contrôle ; C. — Les Sociétés de financement ;
D. — Les Sociétés de portefeuille.
(5) Gaël Fain. « Formes modernes d’organisation financière », dans l’ « Information » des 12-13 juin 1929.
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A. —- Les sociétés de spéculation
Ces Sociétés — dont la dénomination anglo-saxonne est « financial company » ou « operating Ccompany », et la dénomination germanique « finanzgesellschaft >» — diffèrent des Sociétés de placement en ce sens que, par l’acquisition de valeurs mobilières, elles ne recherchent qu’un but : la vente avec bénéfice, réalisée, si possible, dans le plus bref délai. Il en résulte, dit M. Varangot (6), « que les inves- « tissements de fonds opérés par ces Sociétés pré- « sentent un caractère assez aventureux ; d’autre part, les profits réalisés sur ces opérations d'achat et de vente peuvent être distribués aux actionnaires, ces profits étant le but recherché par la Société, but en vue duquel les actionnaires ont placé leurs