‹ Sociétés de Placement et Sociétés de ContrôleChapitre 20 sur 80 · GAMES · texte numérisé non relu

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Cependant, cet essai de classification n’était pas inutile, croyons-nous, pour fixer les idées dans une matière particulièrement imprécise et mouvante.

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Naturellement, nous n’avons pas consacré une rubrique spéciale de notre tableau aux Sociétés anonymes qui, tout en se consacrant principalement à l’exploitation industrielle constituant leur objet propre, possèdent un portefeuille de valeurs et de participation plus ou moins étendu. Car toutes les grandes Soctétés industrielles actuelles sont dans ce cas. Depuis le début du xx° siècle, en effet, la plus grande partie du développement industriel résulte moins de la création par souscription directe, publique ou privée, de sociétés tout à fait nouvelles, que de la constitution de sociétés filiales par d’anciennes sociétés, essaimant ainsi indéfiniment, par prolifération innombrable.…. Et c’est précisément cette politique de participations (2) qui, dans certains cas, prête le flanc à la cri-

(25) Cette politique est parfois poussée à un degré considérable. C’est le cas, par exemple, de la Société Ougrée-Marihaye (au capital de 701 millions: de francs belges), qui est le plus grand producteur d’acier et de fonte de la Belgique: Voici, d’après M. Paul Durand (« La Protection de l’Epargne », Paris, 1930, p. 49) quelles sont ses principales participations : Hauts Fourneaux de la Chiers; Usines à Tubes de la Meuse; Société Safak à Sclessin; Fours à coke de Zeebrugge; Hadir (Société des Hauts Fourneaux et Aciéries de Differdange, Saint-Ingbert, Rumelange) ; Union des Centrales -électriques de Liège, Namur, Luxembourg: Union des Centrales électriques de la Sambre; Centrale Electrique des Flandres; Union Générale Belge. d’Electricité; Union des Industries; Charbonnages des Six-Bonniers; Charbonnages Levant de Mons; Charbonnages Houtlagen; Mines de Fer de Sexey; Mines de Fer de Moûtiers ; Mines de Fer d’Ammermont-Dommary; Société Minière et Métal-

tique de l’actionnaire, « ce mal nécessaire » comme disent quelques Administrateurs de Sociétés anonymes ; car l’actionnaire d’aujourd’hui n’est pas toujours un simple « actionné » ni « ce Roi fainéant dont les Administrateurs sont les Maires du Palais », et il aspire souvent à devenir autre chose qu’un « éternel mineur » ,« loup ou agneau, mais toujours une bête »…

« Considérons en effet », écrit à ce sujet M. Lucien Baïlly (2), « le cas d’une Société À qui prend une par- « ticipation dans une Société a. Les bénéfices de la « Société a sont distribués, partie à ses Administra- « teurs sous le nom de tantièmes, et partie, comme « dividende, à ses actionnaires, notamment à la So- « ciété À, qui est actionnaire de a pour la quote-part < correspondant à sa participation. — Que devient ce « dividende encaissé par A ? Va-t-il être distribué « aux actionnaires de la Société-mère A, aux frais. « de qui, indirectement, a été financée la Société « filiale a ? Nullement, car la Société-mère A, qui ne « distribue déjà pas la totalité de ses bénéfices in- « dustriels propres, va ajouter la partie non distri- « buée des dits bénéfices aux sommes reçues de sa « filiale a, à titre de dividende, et accroître ainsi ses « réserves ; celles-ci serviront à financer indéfiniment « de nouvelles Sociétés filiales, b, c, d.…., où il y aura

lurgique Alliance-Monceau; Société Centrale de Belgique; Société- Belge Griffin; Société Belge de l’Azote; Union Chimique Belge Société Belge d’Electro-Chimie, ec...

C’est le cas, encore, de la Société des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson, la plus belle entreprise française de forge, qui possède actuellement près de 300 (trois cents) participa— tions.

(26) Revue de Sofinest, Nancy, n° de juin 1930.

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« de nouveaux postes d’Administrateurs et de nou- « veaux tantièmes, en quantités indéfiniment crois- « santes, en boule de neige »… Et M. Baïlly en arrive à dire, sans trop exagérer, que le développement industriel appauvrit le petit actionnaire au lieu de l’enrichir, puisque sa part dans les bénéfices propres de sa société est d'autant plus réduite que, par l’extension de ses filiales, l’entreprise dont il est un associé semble plus prospère, ces bénéfices étant de plus en plus absorbés par le financement de ces filiales de plus en plus nombreuses. C’est ainsi que, toujours d’après M. Baïlly, la Société, déjà citée, des Hauts Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson, dont le capital est de 40 millions, gagnerait, à elle seule, sans ses participations, 120 millions par an, mais en distribuerait seulement 10 à ses actionnaires et en affecterait 30 à son exploitation propre et 80 à de nouvelles participations; « si donc » -— nous citons textuellement — « Pont-à-Mousson renonçait aujourd’hui à « développer ses participations, elle pourrait, tout en « se développant elle-même avec la même rapidité, « distribuer 90 millions au lieu de 10. Le système « des participations escamotées appauvrit par con- « séquent les actionnaires des 8/9 de leur revenu « normal, au lieu de les enrichir ».

Nous avons tenu à parler de la campagne de M. Bailly, — non pas, certes, que nous approuvions tout de ses procédés, ni même de son argumentation — pour faire bien saisir la complexité actuelle des questions de finance industrielle, et pour justifier ce que nous disions plus haut de l’interpénétration récipro-

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