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« administrateurs pour les services qu’ils rendent en « suivant la tendance de l’industrie et du marché et « en s'intéressant à certaines valeurs au moment op- < portun. Choisir un portfeuille de titres à un mo- « ment absolument fortuit et l’enfermer pour une « période allant jusqu’à 25 ans, c’est aller au devant « d’un désastre dans un monde où la situation éco- « nomique change avec une rapidité angoissante. « Baser les calculs sur des faits survenus dans le « passé est absolument illusoire. IT eût été impossi- « ble, par exemple, en 1912, de choisir tous les ga- « gnants de 1929-30 et il est dangereux de prétendre, < comme le font les trusts fixes, que les gagnants < de 1929-30 seront les gagnants de 1955. » (2). Nous reprocherons encore aux « Fixed Trusts » de ne pas observer, ou de n’observer que partiellement, la règle — à notre sens fondamentale — de la répartition des risques en vue de leur compensation mutuelle. Nous constatons, en effet, que les valeurs composant le portefeuille du North American Trust étudié plus haut sont toutes américaines — il n’y a donc pas de dispersion géographique — et sont toutes des actions ordinaires — il n’y a donc pas de diversification financière —. La même constatation est faite par M. Pujo (%) à propos d’un autre grand Fixed Trust, « l'American Bank Business Shares Corpora-
tion ».
(29) La « Vie Financière » du 17 septembre 1931 fournit d’intéressantes considérations et des chiffres à l’appui de la critique formulée au texte.
(30) Op. cit. pp. 336 et 337.
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Sans doute doit-on voir, dans cette façon de procéder des Fixed Trusts, la mise en application de la théorie de M. Edgar Lavrence Smith, très à la mode aux Etats-Unis à la fin de 1929, mais dont la faveur décline au fur et à mesure que la crise boursière se prolonge (1), d’après laquelle les placements en actions ordinaires sont préférables à tous autres, quand il s’agit d’investissement à très long terme (2).
Enfin, les statuts de nombreux « fixed trusts » obligent ces établissements à réaliser tous les titres sur lesquels.il n’est pas distribué, une fois ou l’autre, de dividende. — Cette clause nous paraît extrêmement dangereuse, en même temps que d’une prudence enfantine. Comme le faisait justement remarquer dernièrement le « Journal of Commerce » de New- York (5), l'obligation ainsi faite aux Trusts en question « contribue à accentuer les mouvements de <« baisse. D’autre part, nombreux sont les actionnai- « res de sociétés industrielles ou autres qui réalisent < dès que commence à courir le bruit d’une suppres- « sion de dividende, parce qu’ils savent que les « Investment Trusts réaliseront dès l’annonce offi- « cielle de la suppression et provoqueront ainsi une « nouvelle baisse du titre. C’est pourquoi on souhai- « terait plus de souplesse et d’élasticité dans les sta- « tuts de ces Investment Trusts ».
(31) Voir infra, p. 144, note 19.
(32) Voir M. Edgar Lawrence Smith « Common Shares as long ‘term Investment » (les actions ordinaires comme placement à long terme) New-York, 1929. Voir en outre infra, p. 127, note 10, et l’ouvrage de M. Kennett S. Van Strum : « Forecasting Stock Market ‘Trends », New-York, 1927.
(33) Cité par L « Information » du 21 janvier’ 1932, sous le titre : « Les Investment Trusts et l’orientation de Wall Street ».
Quoiqu'il en soit, il est curieux de noter en passant que c’est « par l’intermédiaire d’un Fixed Trust que « l'Etat français a pu obtenir pendant la guerre un « crédit de 100 millions de dollars sur le marché amé- « ricain. L’American Foreign Securities a en effet été « constitué en 1916 dans le but de recevoir du gou- « vernement français de gros paquets de valeurs « étrangères que celui-ci avait achetées aux particu- « liers ; ces valeurs avaient été estimées 120 millions. « de dollars par le Trust, qui émit en contre-partie, « sur le marché américain, des bons pour un mon- « tant total de 100 millions de dollars, se réservant « ainsi une marge de garantie de 20 % que le Gou- « vernement français s'était engagé à compléter en « cas de baisse de ce portefeuille ; mais l’American « Foreign Securities éprouva par la suite quelques « difficultés pour avoir voulu se mêler de fournitures « commerciales, au lieu de rester dans son rôle pri- « mitif purement financier » (5).
À l'heure actuelle, la formule du Fixed Trust -— malgré les inconvénients sérieux qu’elle présente et qui nous empêchent, quant à nous, de voir dans le Fixed Trust une vraie Société de placement — conserve une grande vogue aux Etats-Unis. Elle continue de remporter beaucoup de succès auprès d’une certaine clientèle, celle qui, aux heures de crise, n’a plus aucune confiance dans les personnes ou les institutions qui gèrent ses capitaux. En outre, elle constitue, pour le marché, un élément de hausse, par le fait que
(34) Abel Lévi, op. cit.
INSEE
les Fixed Trust réduisent les disponibilités flottantes de bon nombre de titres dont ils tendent ainsi à soutenir les cours. Ne soyons donc pas surpris de la publication, à la date du 8 septembre 1931, dans le « New-York Stock Exchange », d’une liste de 41 Fixed Investment Trusts auxquels les membres du Stock Exchange pourront s'associer « sans objection de sa part », formule qui est tout à fait significative. IL est trop tôt cependant, à notre avis, pour porter un jugement définitif sur les Fixed Trusts, car ils ont à peine passé la phase expérimentale.
En Angleterre, on a cherché, ces derniers temps, à améliorer la formule du Fixed Trust américain. D'où l'apparition de certaines sociétés appelées Trusts cumulatifs où Trusts flexibles — par exemple la « First British Fixed Trust Company Limited », créée à Londres en mai 1931 — sur lesquelles la Vie Financière (55) donne d’intéressantes précisions auxquelles nous nous excusons de renvoyer le lecteur, pour ne pas alourdir trop notre travail.
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Aux Pays-Bas, enfin, il existe depuis plus d'un siècle, des organismes appelés « Administratie Kan- toren » (Comptoirs d'Administration), sur lesquels
(35) Numéro du 17 septembre 1931 (« Investment Trusts anglais et Investment Trusts américains »).
nous avons déjà donné quelques indications, et dont la plupart ressemblent beaucoup, en l’état actuel de leur fonctionnement, aux Fixed Trust spécialisés (f).
À propos de ces Sociétés hollandaises de régie de valeurs mobilières, il est intéressant de signaler en passant qu’elles avaient fait école en France, il ya près de trois quarts de siècle, puisque la Banque de Dépôts et de Crédit des Pays-Bas (devenue depuis la Banque de Paris et des Pays-Bas) avait émis et placé avec succès sur le marché français, pendant la guerre de Sécession américaine, des certificats représentatifs de rentes américaines déposées dans ses Caisses. Quelques années plus tard, la même Banque émettait des certificats de dépôt de la dette (6 % intérieur consolidé) de l'Empire ottoman.
(36) Voir : Alfred Neymarck : « les Administratie Kantoren », dans la « Revue des Sociétés », de mars 1910 ; Besse : « les Administratie Kantoren », dans la « Revue Poli-
tique et Parlementaire », année 1913 :
Varangot : op. cit., pp. 32 sqq.