‹ Sociétés de Placement et Sociétés de ContrôleChapitre 47 sur 80 · ERA GE · texte numérisé non relu

ERA GE

trouve auprès de la holding, le coût de son équipement cl ses frais d’exploitation sont sensiblement réduits.

En effet, il incombe à Ja holding de jouer à la fois, en faveur des entreprises groupées sous son égide, le rôle d’ingénieur-conseil et d’avocat-conseil, celui d’un comptoir d’achat et de réception pour les maté- 1iaux et les approvisionnements, celui de vérificateur des comptes et de conseiller financier et fiscai, celui, cnfin, d’un office de propagande pour la vente des produits finis et d’un bureau de statistiques, de documentation, d’études et de recherches. Or, le volume de ses affaires lui permet, non seulement de s’attacher, pour son service exclusif, les techniciens les plus experts et de former chez elle des auxiliaires compétents, mais encore de demander à ses filiales, pour le prêt du concours de ce personnel éprouvé, une rémunération bien inférieure à celle qu’exigerait une entreprise isolée pour une collaboration d’ailleurs. moins efficace.

« Telle grande holding américaine — du télégraphe « et du téléphone (7) — consacre 15 millions de dol- « lars par an à ses laboratoires, qui occupent 4.000

(7) Il s’agit de la « American Telephone and Telegraph Company », à New-York, déjà citée, qui est, dans son genre, la plus importante entreprise du monde. Par ses filiales formant le «ystème- Bell, l'American T'elephone contrôle 75 % du réseau téléphonique des Etats-Unis. Mais son influence s’exerce également au Canada, au Mexique, à Cuba, en Amérique du Sud et jusqu’en Europe. L’American Telephone possède, notamment, 98 % du capital dela Western Electric Company qui s'occupe de la fabrication des appareils téléphoniques.

À fin décembre 1930, le capital-actions émis de la « American Telephone and Telegraph Cy » était de $ 1.795.651.000 (soit près. de 45 milliards de francs); sa dette obligataire de $ 462.615.700 ; ses réserves et « surplus » se montaient à $ 445.180.563.

« personnes. Telles autres, dans leurs services d’étu- < des — qui s’appuient eux-mêmes sur les découver- « tes de sociétés de construction avec lesquelles elles « ont des relations étroites — s’attachent à recher- « cher les moyens de perfectionner l'outillage des en- « treprises soumises à leur contrôle, ou encore à trou- « ver, pour le produit dont elles s’efforcent d’aug- « menter la consommation, des applications neuves, « que leurs services de propagande font connaître au < public.

« D’autre part, en raison de l’importance des mar- -< chés qu’elle est appelée à passer, la grande holding « obtient, pour ses filiales, les conditions les plus fa- « vorables ; elle est à même d’imposer à ses fournis- « seurs des cahiers des charges rigoureux, et son ex- « périence et sa documentation la qualifient pour « faire entre eux le choix le plus judicieux » (8).

Par contre, elle devra éviter — à notre sens du moins — de se laisser aller à créer des sociétés nouvelles qu’elle imposera ensuite, soit comme fournisseur, soit même comme client, à quelqu’autre des entreprises de son groupe. Nous savons bien que certaines des holdings actuelles, et parmi les plus heureuses, doivent précisément à cette méthode l’impulsion première de leur développement. Pourtant, c’est là une pratique que nous déconseillons formellement. « De même » — écrivaient naguère à ce sujet les dirigeants de S. O.F. I. N. A. (8) — « qu’on n’admet plus « aujourd’hui qu’une nation colonisatrice veuille ex-

(8) Extrait du rapport du Conseil d'Administration de Sofina présenté à l’Assemblée Générale du 23 avril 1931.

sb:

« ploiter ses possessions à son profit, ou que des pa- « rents voient dans leurs enfants un moyen d’enri- « chissement, ainsi la holding, société-mère, se gar- « dera d’être pour ses filiales une charge au lieu d’un « soutien. Les gérer mieux qu’elles ne sauraient s’ad-

< ministrer elles-mêmes, voilà sa justification ».

Page 1