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69,245 dollars ; les « Vick Financial » et « Niagara Shares », de 10 à 5 dollars ; le « Second National Investors », de 5 à 1 dollar ; la « Sisto Financial Corporation », de 25 à 1 dollar; enfin, les « Third National Investors » et « Fourth National Investors », de 40 à 1 dollar, consacrant ainsi une perte des 39/40 du ca-
pital engagé.
Nous devons cependant faire remarquer tout de suite que ces pertes ne sauraient trouver une explication suffisante dans la seule régression des cours sur les divers marchés financiers depuis 1929 (#%). Car l’on peut citer encore aujourd’hui plusieurs grands Investment Trusts américains dont la situation reste satisfaisante : c’est le cas, par exemple, de la Lehman Corporation, qui, bien que constituée au plus mauvais moment (en septembre 1929 !), et avec un énorme capital (1 million d’actions sans valeur nominale émises à 100 dollars chacune, ce qui correspond à 100 millions de dollars de capital !), représentait encore au 31 décembre 1931 un actif réel de 57 dollars par action (dont 32 dollars en actif net liquide et réalisable, et 25 dollars en titres décomptés à leur valeur boursière) ; ajoutons que l’action « Lehman Corporation » a reçu, pour chacun des deux derniers trimestres de 1930 et des quatre trimestres de 1931, un dividende de 0,75 dol-
(13) À la date du 30 août 1929, la valeur boursière de 100 sociétés américaines choisies parmi les plus représentatives du Stock Exchange de New-York atteignait plus de 42 milliards de dollars. — Au 17 décembre 1931, cette valeur globale s’était effondrée à moins de 10 milliards de dollars, soit une chute de 76 1/2 %. (Vie Financière du 22 janvier 1932). Voir aussi infra p. 194, note 14.
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lar, et, pour le premier trimestre de 1932, un dividende de 0,60 dollar. j
En réalité, des fautes de gestion, des abus aussi, ont été commis par la plupart des Investment Trusts américains, par tous ceux, en tout cas, qui, fallacieusement dénommés « Investment Trusts > (Trust de placement), n'étaient que des« Management Trusts » (Trust de Direction et de Contrôle), c’est-à-dire des holdings, ou des sociétés de financement spécialisées dans le lancement d’affaires nouvelles, voire des Sociétés de vente à tempérament. Aünsi, dit la Revue des Valeurs américaines (4), « ni le « Massachusetts Utilities Invest- «< ment Trust », ni la « Colonial Investment Trust Cor- < poration » ne sont des Investment Trusts, le pre- «< mier ayant été fondé pour acquérir le contrôle des « compagnies productrices de lumière et d’énergie « électriques dans l'Etat de Massachusetts, la seconde « s’occupant de financer des ventes à tempérament, « soit par mensualités, soit par paiements hebdoma- « daires » (4)..
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En France, la formule « Société de placement », à peu près inconnue avant la guerre, ne paraît pas avoir encore conquis droit de cité.
Sans doute, il s’est fondé depuis la guerre quelques
(14) Citée par la Vie Financière du 14 septembre 1931.
(15) On trouvera dans l’ouvrage déjà cité de M. John T. Flynn, une notice détaillée sur plusieurs grands Investment Trusts américains choisis parmi ceux qui sont le plus sérieusement dirigés. Voir aussi Robinson, op. cit. chap. 19.
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Sociétés françaises du type Investment Trust. C’est ainsi qu’il y a quelques années furent créés, sous les auspices de l « Union Syndicale financière » (1), l'Union Trust, au capital actuel de 50 millions de francs, et le Colonial Trust, au capital actuel de 25 millions. Un peu plus tard, la Compagnie Française de placement (constituée le 30 avril 1928) (17), la Société Financière de l'Est (Sofinest), constituée le 26 mars 1929, et la Société de Gestion mobilière, au capital actuel de 15 millions, voyaient le jour. Plus récemment encore (le 2 avril 1931), s’est créée (dans le Grand-Duché de Luxembourg, il est vrai, et avec un capital en
(16) L’ « Union Syndicale Financière » a fusionné en septembre 1931 avec le « Trust Immobilier de France ». La Société résultant de cette fusion, dite « Indelim » (Compagnie d’'Exploitations Industrielles, Electriques et Immobilières) au capital de 50 millions, a malheureusement dû demander, en octobre 1931, le bénéfice de la liquidation judiciaire.
(17) La « Compagnie Française de placement », au capital änitial de 100 millions de francs, porté en 1929 à 150 millions, a d’abord fait figure de Société de placement pure. Elle a été amenée ensuite à jouer — malheureusement pour elle — un rôle plus vaste, analogue à celui d’une Banque d’affaires : financement d’affaires nouvelles, prise de participations industrielles, etc. Puis, elle s’est peu à peu transformée en société de contrôle (holding), et son activité se résumait, ces derniers mois, à la direction de ses trois filiales :
L’Intercontinental Securities C°", à Montréal, à laquelle elle avait fait apport de ses intérêts à l’étranger ;
La Compagnie Générale de Placements Industriels, à Paris, qui groupait toutes ses participations industrielles ;
La Compagnie d'Entreprises Immobilières Industrielles, à Paris également, qui réunissait ses intérêts dans diverses entreprises foncières et immobilières.
La dernière phase de cette fâcheuse évolution a été la dissolution anticipée de la Compagnie Française de placement (Assemblée extraordinaire du 30 novembre 1931), rendue nécessaire par la dépréciation sans cesse accrue de son portefeuille et les pertes subies sur les opérations du domaine foncier, sur les créditeurs divers (plus de 33 millions) et sur les engagements éventuels (plus de 11 millions).
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dollars américains — 100.000 $ — mais grâce à des capitaux qui sont français pour la plupart, et sous un patronage français de premier ordre), l’Union Internationale de Placements. Enfin, les journaux financiers ont annoncé en juin 1931, la constitution de la Société Unifrabel (Union industrielle, électrique et minière franco-belge), qui peut être considérée comme une de ces Sociétés de placement spécialisées dont nous par-
lerons plus loin (2 partie, titre premier, chap. IT) (8).
Il n’en reste pas moins vraie qu’à l’heure actuelle, trop rares sont encore les Français qui connaissent le principe de ces Sociétés d'assurance mutuelle contre les risques financiers, de ces véritables Sociétés coopératives de placement que sont les Investment Trusts britanniques.
Est-ce donc que le besoin d’organismes de cette nature ne s’est pas fait sentir chez nous jusqu'ici ? « Ap- « paremment non », répond M. Ch. Lazard (!). « Il
(18) Nous me parlons pas du « Crédit Mobilier » des Frères Pereire, fondé à Paris, en 1852. (Voir Janin, op. cit. p. 38). Il avait pour objet, lui aussi, d’acheter des valeurs mobilières d’entreprises diverses et même des fonds d'Etats. Mais c'était plutôt une Société de financement qu’une Société de placement. Car, comme l'écrit M. André Liesse dans l’Economisle français (n° du 22 novembre 1930), « ces valeurs une fois mises en portefeuille, des « obligations, les représentant en bloc, devaient être émises. Des « valeurs à revenu fixe couvraient ainsi des valeurs à revenu « variable. Or, ces valeurs à revenu variable présentaient plus ou « moins de sécurité. Le but était de compenser les mauvaises « par les bonnes : erreur capitale, puisqu’elle contribuait à faire « vivre des entreprises mal gérées au détriment des bonnes. »
Nous ne parlons pas non plus de la « Société Financière Fran< co-Américaine », véritable Société de placement celle-là, quoique spécialisée dans les placements en valeurs américaines, qui cessa son activité en 1916 (voir la thèse de M. de Lander sur les Investment Trusts, Paris, 1929).
(19) Revue des Deux-Mondes, n° du 1er février 1931, p:H072