‹ Sociologie et politiqueChapitre 18 sur 26 · U P0UT1QU£ GOMME SOCIOLOGIE APPLIQUÉ · texte numérisé non relu

U P0UT1QU£ GOMME SOCIOLOGIE APPLIQUÉ

Non est enim siogulare ncc

solivaguMi gênas hoc...

Cieero: de re publica, I, SS.

Mankind art to be taken in groopesy as they hâve aiways subtisted.

Fergusson : Ristory of ci?U sodetjr, 1789, p. 6.

lA SOCIOLOGIE BT LA POLITIQUB PRATIQUE

Puisque nous nous sommes expliqué,dans les chapitres précédents, la nature, le contena et Tobjet de la sociologie, considérons maintenant la question de sa valeur ét de son utilité.

Il est vrai qu'on ne devrait considérer dans chaque science que sa valeur purement scientifique,car la science est but en soi et pour soi ; néanmoins la sociologie n'a point besoin de se dérober à Texamen de sod utilité^spé-

cialement de l'utilité qu'elle présente pour la politique pratique.

Étant une science des tendances et mouvements réguliers des groupes et collectivités sociales, la sociologie a pour la politique pratique cette valeur, qu'elle apprend à connaître la marche de l'évolution sociale qui est conforme aux lois naturelles et^ par conséquent, nécessaire et Inévitable, et qu'ainsi elle montre à l'homme d'Etat etau politicien aussi bien qu'à cliaque particulier la voie qu'ils ont à suivre, s'ils ne veulent pas entrer en . collision avec les tendances naturelles.

Gertes,ily a toujours eu des hommes d'États et des politiciens sages; certes, la plupart des hommes suivent également le bon cberain sans avoir étudié la sociologie; car les masses aussi bien que la majorité des individus sont dominées par un juste instinct sociologique.

Néanmoins on s'égare souvent inutilement dans la vie sociale, et l'évolution sociale, bien qu'elle obéisse à des lois constantes, et qu'au point de vue de l'ensemble elle ne puisse jamais s'écarter du bon chemin, atteint pourtant ces buts d'ordinaire par des voies détournées, qu'elle est forcée de prendre à cause des obstacles qui lui sont opposés par c la libre activité humaine •. Si l'on parle souvent de la lutte de l'homme contre la nature, cela n'est vrai que dans ce sens que l'activité humaine libre, c'est-à-dire r^Mléchie, comprend mal la marche naturelle et régulière de l'évolution sociale, tâche de lutter contre elle inutilement, mais n'obtient aucun résultat et gaspille seulement les forces humaines,dont d'ailleurs la nature n'est point parcimonieuse.

Ainsi révolution sociale nous présente d'habitude le

spectacle peu consolant de Taction individaelle inutile, qui reste stérile parce qu'elle n*est pas conforme au régime naturel. Rvidemment on pourrait ici poser la question de savoir, pourquoi la toute-puissante loi naturelle permet ce gaspillage des forces. A cette question nous n'avons pasde réponse» Nous savoiis seulement que c'est là la méthode de Taction des lois naturelles. Gomme des millions de germes sont inutilement gaspillés dans la nature, de môme des millions de libres actions humaines sont à jamais perdues pour révoiation sociale,par ce qu'elles se trpuTant en-dehors de son ornière, parce qu'elles ne contribuent pas à sa marche et tombent inu« tilement à travers lés rayons de sa roue sans pouvoir arrêter son mouvement tournant.

Ce serait précisément la grande utilité de la science sociologique, que la somme de ces actions inutiles et>par conséquent, celle des inconvénients sociaux,pût être diminuée ; en tout cas, elle ne le serait que dans la mesure où nos connaissances peuvent iiilliiencer nos actes, • car on sait que les actes humains ne résultent que pour une partie minime de la réflexion raisonnable, qui seule peut être influencée par la science.

Néanmoins il ne faudrait pas que Futilité de la science sociologique fût méconnue môme au. point de vue de la politique pratique.

Aux remarques faites antériourement sur la vie instinctive de l'homme, ajoutons ici encore ce (|ui suit. T.e rapport de l'action réflf^clilcàla soinme des impulsionsqui nr franchissent pas a le seuil lir- la conscience » est certainement un des plus intéressants prithlrmes de la psychologie. Mais la psychologie individuelle ne réussira certainement pas à élucider ce rap-

port sans Taide de la sociologie. Car au nombre decesinstiocto, à c6té de ceux qui résultent de la nature physique de l'homme et peut-être sont héréditaires, uq rôle important est joué également par ceux qui lui sont propres en tant que membre d'un ou de plusieurs groupes sociaux. Ces derniers instincts ne sont pour ainsi dire (jue l'émanation des tendances naturelles des collectivités ; ils n'agissent dans l'individu que tant qu'il est attac hé à la collectivité par des liens sociaux. S'ils restent dans le domaine de l'inconscient, c'est sans doute parce qu'ils se forment dans l'individu par l'influence sociale de son milieu et précisément à l'époque de sa vie où la réflexion personnelle n'agit pas encore, c'est-àdire dès l'enfance la plus tendre jusqu'au commencement de la maturité.

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