DO
est la propriété dos ùtrcs vivants de se réx)éter, de se reproduire sous les mômes formes, avec les mêmes attributs; elle explique la permanence des types aussi bien individuels que sociaux, par exemple celui des Egyptiens ou Fellahs modernes encore semblables à ceux d'il y a six mille ans, la permanence du tyx)e Juif et, au point de vue sociologique, la fixité de la structure mcmarchique en France, malgré les superficielles altérations républicaines.
Quant à Tinflucnce du milieu, si elle nous paraît relativement faible aujourd'hui, c'est en partie parce que probablement nous sommes peu à même d'en mesurer les effets, si ce n'est sur de longues périodes et aussi parce qu'elle a dû être I)lus active à certaines époques géologiques et climatéri(|ues où riiomme pouvait moins s'y soustraire. Xous voyons cependant le type américain se reconstituer aux Etats-Unis, et, en général, dans l'Amérique, sans croisement. Ces variations antiques et modernes, en rapjjort avec le milieu, trouvent leur appui dans l'hérédité, et, les mêmes conditions continuant à persister, le temi)S ne fait que les accentuer.
Les frontières qui se sont établies entre les diverses ra<*es et variétés de l'espèce humaine s'expliquent donc d'une façon naturelle au même titre que les différences de structure et d'habitat qui, à l'cnigine et de plus en x)lns, ont différencié l'espèce humaine de ses ancêtres primitifs et des milieux où ces derniers étaient ccmfinés.
La race peut donc être définie, dune façon générale : tout<» variété de l'espèce humaine présentant des caractères distinctifs suffisants pour être ramenés à un type spécial plus ou moins différent du type spécifique, sans toutefois en perdre les attributs fondamentaux et se perpétuant par voie d'hérédité. Il faut faire cette réserve que cette définition statique est naturellement relative ; la race est elle aussi instable j)arce que, comme l'espèce, sa structure est également vivante et mobile. La race peut cesser de constituer une race.
Les races humaines doivent être considérées comme étant de formation secondaire et dérivée d'un ty})e homogène primitif; la constituticm de variétés et de races a été le procédé naturel et technique le plus approprié à l'adaptation de l'espèce aux divers milieux; l'unité humaine, sa mondialité a été le résultat de la variabilité humaine et sociale ; la société universelle ne s'est réalisée que grâce à la nuisse des petites
sociétés, des petits groupes intercalaires et il est à prcsuincr que ces formes plus ou moins restreintes, loin de se détruire ne feront qu'augmenter avec les progrès de la différenciation et de l'adaptation. Seulement ces multiples et diverses variétés sociales nécessitenmt aussi de plus en plus une coordinati(m plus étendue et plus puissante. La tendance à la variation implique la tendance à cette (coordination ; la variation nous apparaît donc non pas comme un obstacle à la constitution de la société universelle mais comme la conditicm même de son existence.
Toutefois, les races fussent-elles de formation primaire, les conditions de leur évoluti(m ultérieure comme aussi celles de leur différenciation et de leur fusion par croisement, et par conseillent de leur unification, n'en resteraient pas moins les mêmes. La connaissance de (»es lois statiques, constant(»s et nécessaires, suffit à la sociologie qui n'est pas directement intéressée au surplus de la controverse; les questions de relations l'emportent \Hn\r elle sur les problèmes d'origine.
Si l'homme est répandu sur toute la superficie du globe dans une plus grande» mesure au point de vue de l'espace où il déploie s(m a<^tivité, que tout autre espèce animale, il le doit précisément à sa ])uissancc d'adaptation par la «liffércnciation en ra(*cs, sous-races et variétés de plus en plus si)écialcs et en outre par les différenciations sociologiques proprement dites, forme supérieure de la variabilité de l'espèce humaine et instrument approprié et complémentaire de son unifi(*ation. Cett<î adaptation, y compris l'adaptation sociales est réalisée par la sélecticm naturelle et artificielle dont les résultats organi([U(»s et superorganicpn^s sont fixés et transmis héréditairement. Ainsi, les f(n*mcs sociales sont susceptibles de la plus grande extension au ])oint de vue de la masse et du territoire ainsi que de la plus grande» intensité au point de vu<» de la complexité, de» la profondeur et de la i)uissance des liens connectifs de l'humanité.