Ibid... III
songer qu’à soi-même !. Cet hédonisme cynique révoltait sa grande âme, toute faite de justice et de bonté; il n'y avait rien qui füt plus contraire à sa manière de sentir et de comprendre les choses : ils étaient des bêtes, à ses yeux, et non des hommes, ceux qui n'avaient pas d'autre règle de conduite ?. Socrate, d’ailleurs, ne s’en tenait pas à la théorie. On le vit toujours obéir scrupuleusement aux lois de la République; combattre, quand il le fallait, avec l'intrépidité d’un héros; et revenir ensuite à son rôle de philosophe moralisateur. Son unique préoccupation était de rendre ses concitoyens « meilleurs et plus heureux ».
Mais, si le bonheur de l'individu doit se subordonner à celui du tout, ne faut-il pas qu'il en soit diminué et que même, en certaines circonstances, il soit totalement sacrifié? Peut-être, répondait Socrate. Mais le parti le plus sage esi encore de travailler à ce que la ville où l’on habite, soit puissante et libre. Car, si loin qu’on alle chercher un refuge, on ne peut s'éloigner de la société des hommes, Or, partout où il y a des hommes, « les plus forts s'entendent toujours à faire pleurer les plus faibles », ceux qui ne sont pas unis dans le but de leur commune défense. Et il faisait la description de l'Attique que dévastaient alors les Spartiates, dont ils incendiaient les villes, abattaient les arbres et cou-