‹ SocrateChapitre 103 sur 201 · Ibid., IV · texte numérisé non relu

Ibid., IV

paient les moissons!. La réplique était frappante ; et il en ‘ résulte une nouvelle approximation de la notion du bonheur individuel. Il faut ou qu’il ne soit pas complet, où que, s’il l’est, 11 consiste surtout dans la conscience du devoir accompli.

Si le bonheur est notre fin suprême, c’est aussi par le bonheur que tout le reste vaut : il ne faut plus se demander si les choses, considérées du point de vue moral, ont une excellence interne, indépendante de notre sensibilité ; 1l ne faut plus chercher si elles forment une hiérarchie de perfections absolues, qui s’imposent par elles-mêmes à notre respect; car il ne peut plus rien exister de tel. Le bien, pour nous, c'est ce qui concourt à notre bonheur; le bien, pour nous, c'est l'utile. Et Socrate admet pleinement cette conséquence du principe qu'il a posé.

« Me demandes-tu, répond-il à Aristippe, sije connais quelque chose de bon pour la fièvre? — Non, certes. — Pour les maux d'yeux? — Pas davantage. — Pour la faim ? — Non plus. — Mais alors, tu veux peut-être savoir si je connais quelque chose de bon qui ne soit bon à rien; et, dans ce cas, je puis te dire que je ne connais rien de semblable et que je n’ai nul besoin de le connaître*. » Ainsi parle Socrate, et il tire un peu plus loin la con-

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