Ibid., III
clusion qu’entraine sa spirituelle réplique : c'est qu'une mème chose peut être à la fois bonne et mauvaise; « car ce qui est bon pour la faim est souvent mauvais pour la fièvre, et ce qui est bon pour la fièvre, mauvais pour la faim... Chaque chose est bonne. pour l’usage auquel elle convient, et mauvaise... pour l’usage auquel elle ne convient pas » {. Socrate nie donc clairement qu'il y ait un bien en soi : le bien, sous sa forme générale, lui apparait comme un simple rapport d'adaptation. De plus, une fois en possession d'un tel concept, il l’applique à la vie humaine et déduit que le bien pour nous est ce qui sert à l'œuvre du bonheur. « Le bien, dit-il, c'est ce qui est utile aux hommes. » Et qu'est-ce qui est utile aux hommes? « ce qui peut leur procurer une vie agréable et sans douleur », rien de plus?. Socrate, en certains endroits, semble même pousser jusqu’à l'excès la relativité quil attribue au bien moral. Il va jusqu’à soutenir que « ce qui est utile aux uns est nuisible aux autres », et que par là même ce qui est bon pour celui-ci est mauvais pour celui-là 5. Et il faut alors se rappeler avec quel soin il étaie sur le fond même de notre nature les principales règles de la vie morale, si l’on ne veut pas croire qu’à son gré, le bien est aussi variable que les affections du goût et de l’odorat.
La notion d'utilité n'est qu’une sorte de cadre vide.