‹ SocrateChapitre 105 sur 201 · XENOPH., Men., IV · texte numérisé non relu

XENOPH., Men., IV

Ce cadre une fois ouvert, Socrate s'efforce de le remplir. Après avoir tout réduit à l’utile, il essaie de déterminer quelles sont les choses qui méritent ce nom. Et là commence une analyse d'ordre à la fois psychologique et moral, d'où se dégage une série de biens de plus en plus parfaits.

Les biens extérieurs, que le vulgaire recherche avec tant d'empressement, n’ont qu’une valeur accidentelle ; car 1ls sont plutôt nuisibles qu’utiles !.

Ce n'est pas qu'il faille renoncer totalement aux jouissances dont 1ls sont la source. Il n’est pas défendu de prendre place dans un banquet et d’y boire avec ses amis un peu plus que de coutume. Le tout est de faire en sorte que la lucidité de l'esprit n’en souffre pas. Et, sur ce point, Socrate joignait l'exemple à la théorie. Il était capable de vider de larges coupes pendant une nuit tout entière et de se lever, aux premiers rayons du jour, pour aller comme d'habitude vaquer à ses occupations? : il buvait tant qu'il voulait 5. On peut également jouir, à l'occasion, des beautés de la nature et goûter l’émotion esthétique que l’on éprouve à la vue d’un corps bien fait. « Par Junon, dit Socrate dans le Phèdre, quel charmant lieu de repos! ce platane est large et élevé. Cet Agnus a des rameaux élancés et un bel ombrage; on dirait qu’il est là tout en fleur pour embaumer la région. Elle est gracieuse aussi, la source qui coule sous ce pla-

Page 1