‹ SocrateChapitre 107 sur 201 · XENOPH., Mem., 1IÏ · texte numérisé non relu

XENOPH., Mem., 1IÏ

chaque citoyen travaille dans la mesure de ses forces à rendre sa maison plus prospère et sa ville plus riche et plus puissante.

Mais si l’on peut se servir des biens extérieurs, il faut se garder de s’y asservir : il ne faut point y mettre son bonheur. Santé, vigueur et beauté du corps, richesses, puissance et réputation : autant de choses qui sont essentiellement précaires; autant de choses que nous possédons aujourd'hui et que demain peut-être nous n’aurons plus. Il se trouve donc sur une voie dangereuse, celui dont le cœur vit à la remorque des plaisirs qu’elles procurent : il s'expose à devenir le plus malheureux des hommes pour avoir engouffré sa puissance de jouir en ce qui ne dépend pas de son effort personnel?. Un inconvénient plus grave encore, c'est que les biens extérieurs tendent de leur nature à rompre l'harmonie de nos penchants : ils déchainent toutes les passions et nous donnent autant de tyrans impitoyables dont l’œuvre destructive ne fait que grandir avec le temps. L'instinct de la conservation engendre à la fois la mollesse, la gourmandise, l’ivrognerie, la lubricité; et de ces maux eux-mêmes résultent l’'énervement du corps, la ruine de . l'âme, et cette poltronnerie trop connue qui conduit les peuples à l'esclavage #. Le plaisir que procure la beauté dégénère en amour unisexuel. Et cet odieux commerce

1. XenoPx., Mem., III, 12, 4; III, 6, 2-6; III, 5, 13-17; IV, 1, 2.

2. 1bid., 1V, 2, 34-35; IT, 7 (histoire d'Aristarque réduit subitement à la misère par l'invasion des Spartiates).

& XENOPH., ŒcC., 1, 23.

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