‹ SocrateChapitre 109 sur 201 · Zbid., IV · texte numérisé non relu

Zbid., IV

s'affranchir. Le sage s'exerce chaque jour à supporter le chaud et le froid, la faim et la soif, l’insomnie et la fatigue ; 1l combat la mollesse par le travail et la gymnastique ; il résiste aux désirs que lui suggère l’amour!; il apprend de plus en plus « à se contenter de peu, persuadé que la divinité n’a besoin de rien et que moins on a de besoins, plus on se rapproche d'elle »?. Il tient à cœur de refuser et les charges et les honneurs qu'il ne se sent pas capable de supporter avec dignité 5. Grâce à cette discipline intérieure, il rend sa sensibilité de plus en plus malléable ; 1l finit à la longue par la gouverner comme il l'entend. Et cette royauté de l'intelligence une fois conquise, le principal est gagné pour lui:ila résolu en partie le problème de la plus grande jouissance et de la moindre douleur. Ses passions sont-elles privées de leurs objets connaturels, elles n’ont plus de révolte; 1l ne souffre point du vide qui s’y produit et goûte en mème temps une joie d'ordre supérieur qui lui vient du sentiment desa force morale #. Au contraire, se voit-il en mesure de contenter ses désirs, 1l le peut, s'il le juge bon, et trouve à les satisfaire un plaisir d’autant plus grand que le jeûne a été plus long 5. C'est d’après ce principe de rédemption morale que se conduisait Socrate : il en était comme une vivante incarnation. « Personne ne savait se maîtriser comme lui dans

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