‹ SocrateChapitre 110 sur 201 · Ibid, IV · texte numérisé non relu

Ibid, IV

les plaisirs de la table et des sens; personne n’endurait avec autant de force le froid, le chaud et les fatigues de toutes sortes!. » « Il était st frugal qu'il serait, je crois, impossible de travailler assez peu pour ne pes acquérir ce dont ilse contentait. » « Il avait façonné son âme et son corps à un tel régime qu’en l’acceptant, sauf une intervention d’en haut, on serait sûr de vivre en toute sécurité, sans jamais craindre de ne pouvoir se suffire à soi-même?. » Et le but que se proposait Socrate en s'appliquant cette austère thérapeutique, ce n’était point d’éteindre le désir, comme le Bouddha l’a voulu faire; c'était de le rendre assez docile pour en tirer la plus grande somme de plaisirs possible.

Il ne suffit pas, pour réaliser le bonheur, que l’on puisse à son gré brider ou débrider ses appétits : il faut encore savoir en user à propos et dans une mesure déterminée qu’indique la raison. Livrés à leur propre spontanéité, nos désirs sont aveugles; et par là même, ils risquent de se manifester à contre-temps. De plus, ils sont de la catégorie « de l’indéfini », comme le dira Platon formulant d’une facon plus précise la pensée de son maitre; et, par là même, ils risquent de pécher par manque ou par excès. La raison, au contraire, ne se confine pas au présent; elle enveloppe dans son regard le passé et l’avenir : ce qui lui permet de tirer de la sensibilité le meilleur parti possible, soit pour l’indi-

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