‹ SocrateChapitre 11 sur 201 · CLe.. Sfrom., 105 C et 108 A · texte numérisé non relu

CLe.. Sfrom., 105 C et 108 A

d'Euripide. C’est un conservateur indigné qui n’omet aucune occasion de charger les radicaux et les progressistes de son temps. Et quelle vigueur, quelle verve comique il sait y mettre, on peut en juger par les Nuées et les Grenouilles. Mais son attitude vient du mécontentement que le présent lui inspire, non de sa croyance au passé. IL défend « l’âge d’or » sans « en avoir le parfum »!; et ce qui domine dans son œuvre, ce qui s’y révèle à tout bout de champ, c'est le plus superbe des scepticismes à l'égard des dieux de la vieille Grèce. Il a soin de nous faire entendre, dans l’une de ses premières pièces, que la foi religieuse ne va plus que d’un pas mal assuré; et, dans tout le reste de son théâtre, il traite les dieux avec une telle désinvolture, il leur prête tant de ridicules, de vulgarités et de vilenies ; il les traîne avec un si beau sans-gène dans la fange des passions humaines, que l'on ne pouvait qu’en rire de franc cœur et de ce rire qui vient du doute et du mépris.

On comprend encore que l'inimitable comique ait représenté Hercule comme un fier-à-bras, dont le premier et le dernier argument est toujours d’étrangler les gens? ; Bacchus comme un imbécile bavard et un gobe-mouches; et Mercure comme un personnage sans foi, un glouton qui a trouvé son paradis, dès qu'il a des pâtés, des jambons et des tripes grillées à engloutir#. Ainsi le

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