AnisT., Eth. Nic., H
point avouer que la science et la sagesse sont ce qu'il y a de plus fort dans la nature humaine. — On ne peut répondre mieux ni avec plus de vérité!. » La science n'a jamais le dessous; la magie des passions, en sa présence, s’efface comme un songe. Et c’est si bien d’ellemême qu’elle tire toute sa puissance, que les différences d'âge et de sexe n'y changent rien. Elle peut triompher dans l’âme d’une femme et celle d’un enfant, comme dans l’âme d’un homme?. Il suffit, pour cela, qu’elle y pénètre. Car partout où elle est, elle est elle-même, et par conséquent toujours également énergique, toujours également efficace.
A quoi tient cette souveraineté intellectuelle? Quelle est la raison de cet empire qui de la pensée s'étend à notre nature tout entière, réalisant l'harmonie au fur et à mesure qu'il se propage? C'est que le bien se révèle à nous comme notre intérêt supérieur : c'est que le bien se réduit à l’utile. « Les hommes choisissent toujours, entre les diverses actions qu'ils peuvent faire, celles qu'ils regardent comme les plus avantageuses 3. » Or le bien est par essence notre véritable avantage. « Il n’est donc personne qui, sachant ou conjecturant qu'il y a quelque chose de meilleur à faire que ce qu'il fait, persévère dans sa conduite, lorsque le meilleur dépend de lui. » «Il n'est personne non plus qui se porte volon-