‹ SocrateChapitre 123 sur 201 · Ibid., 1V · texte numérisé non relu

Ibid., 1V

8. Ibid., IV, 6, 11; — Anrisr., Elh. Eud., TV, 1229, 14; Eth. Nic.,T, 1116, 3-5.

4. ARIST., Eth. Nic., Z, 11440, 17-21; Eth. Mag., A, 1182*, 16-17 (tx ya pets ÉnIOTUAS ÉnoiEL).

5. ARIST.. Eth. Eud., À, 1216b, 6-8 (ëniothuas Yap et’ eivar Taous Tüç

&peta:, 08 dua ouuôatverv eldevar te Tv ixarooüvnv xai eivar Oixatov). 6. XENOPH., Mem., IV, 6, 7 (ëmotiun äpa oopia éotl); — ARIST., Eth.

Eud., H, 1246, 34-35 (Kai ôp9üç Tù cwxpatixôv, 671 oUDÈV lo yupOTEpOY ppovceuws* &XX’ ôter émiornunv én, oÙz ôpôv); Eth. Mag., 11982, 10.

contact de la société. Ni les données brutes de la conscience, ni les poètes, ni les lois ne peuvent suffire, aux yeux de Socrate. Il sent que l'heure est venue de traiter les Athéniens comme un peuple adulte. Et ce qu'il cherche pour eux, ce qui lui inspire l'espoir d’un « retour aux mœurs antiques », c’est une connaissance raisonnée du bien, une connaissance qui en donne le pourquoi : c'est la science morale au sens rigoureux du | mot. De plus, Socrate comprend que cette science ne peut entrer tout d'un coup dans tous les esprits, qu’il faut à l'homme une certaine culture intellectuelle pour entendre la supériorité de l'intérêt général et son accord fondamental avec l'intérêt individuel; que plus cette culture est parfaite, plus il devient facile de produire la lumière libératrice. De là son incroyable persévérance à dialoguer du matin au soir, à philosopher sans trêve ni repos non seulement sur les questions d'ordre moral, mais aussi sur toutes choses. Ainsi, c’est de la science qu'il attend la vertu; mais aussi c’est du développement de la raison qu'il attend la science. Le salut, à son sens, ne peut venir que de la pleine compréhension du bien. Et l’on voit par là quelle est la portée de son éthique. Sans doute, il a exagéré l'empire de la raison; elle se laisse vaincre parfois. Mais il n’en reste pas moins vrai que la claire vue du bien est à la fois la condition et la plus puissante garantie de la moralité. Et je crois bien que, si l’on travaillait pour tout de bon à la faire naître en soi-même et chez les autres, elle exercerait à la lon-

gue une influence efficace et toujours croissante, qui ren- SOCRATE. 11

drait la vertu de moins en moins étrangère à notre planète. C’est à bon droit que Socrate soutient « que rien n’est fort comme la raison »!.

La science du bien une fois donnée, tout le reste s’ensuit; mais de quelle manière? En quoi consiste au juste l'action que la science exerce sur la volonté? Est-elle nécessitante ou non? La question se pose naturellement ; mais il n’est pas facile de la trancher, et probablement parce que Socrate lui-même n’y a jamais pensé d’une façon bien précise. Je crois néanmoins que ce serait exagérer sa conception de la vertu que d’y voir, à l'exemple de plusieurs historiens, une forme arrêtée du déterminisme. :

Sans doute, Socrate affirme à tout bout de champ que quiconque ignore le bien est esclave de ses passions ?. Il soutient également que celui qui sait se conforme invariablement aux ordres de la science. Mais de telles assertions ne suffisent pas à fonder une théorie de la nécessité. Il s’agit de savoir, en premier lieu, si l’homme ne porte pas en lui-même le pouvoir de sortir peu à peu de l'ignorance. Or Socrate, à cet égard, paraît incliner vers l’affirmative. D'après lui, c’est par la maitrise de soi qu'on apprend à bien dialoguer et que l’on acquiert la science ?, Mais qu'est-ce que cette maitrise de soi? Sinou la liberté elle-même plus ou moins confusément aperçue.

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