XENoPH., Banquet, 11, 9; — PLAT., Rep., V, v
biens qu'il faut esquisser. Au degré le plus bas se placent les avantages ‘extérieurs, tels que la santé, la beauté, la richesse, les honneurs et la gloire. Ces biens n’ont qu’une valeur accidentelle ; car on peut s’en passer. Ils ne sont aussi que conditionnels; car ils ne servent qu'à celui qui sait s’en servir. Vient ensuite la sensibilité physique, qui ne porte pas non plus sa règle en elle-même, mais qui, une fois réduite à sa juste mesure, est source directe et permanente de plaisirs appréciables. Au-dessus de la sensibilité physique et de son cortège de désirs et de passions, apparaît la maïtrise de soi, qui nous permet de discipliner peu à peu notre activité et de la gouverner à la fin comme nous l’entendons. Enfin, au sommet de la vie morale resplendit la lumière du vs5ç, la science proprement dite. Et là se trouve le bien par excellence, celui sans lequel l'existence humaine n’est que caprice, égoïsme et malheur : c'est la science qui nous révèle l’idéal de notre gouvernement intérieur et qui, en nous le révélant, le réalise; c’est d’elle aussi que nous viennent les joies les plus pures et les plus durables, les joies qui suffisent au sage, quand tout le reste s’est écroulé sous les coups de la fortune. « Téhes rà yivéoxerv TV ApETÉV À. D : | Ainsi, l'âme, et, dans l’âme, le v»:55 : voilà le principe d’où dépend pour chacun de nous l’art d'arriver à son
1. Xenorex., Mem., IV, 5, 10 (àXAa uv &xd toù paBetv tr xad)dv xai àyabdv... 0 pévov mpsletar XX xal Rdovat ELITE YiYVOVTAL).
2. ARIsT., Eth. Eud., A, 1216°, 3-4; — XEenorn., Mem., IV, 5 (copiav DE ro uéyiorov &yæabov).
propre bonheur et de concourir à celui des autres hommes; et partant, voilà aussi le principe que rien n'égale en valeur. « Ce qui ne pense pas ne mérite aucune estime. » Mais « l’âme » qui « participe de la divinité »? et qui de ce chef est seule capable de communier à l’éternelle lumière de la sagesse 5, l’âme qui nous donne à la fois la vue du bien et la force de réduire à ses lois nos tendances tumultueuses, l’âme où s’épanouïit, comme au sein des immortels, la fleur exquise de la félicité, comment oserait-on la comparer à autre chose? qui pourrait n’en pas sentir le prix suprème {? Il ne peut que rougir de sa conduite, il n’est pas digne du beau nom d’Athénien, celui qui « passe son temps à ramasser de la richesse, à conquérir du crédit et des honneurs, sans s'occuper de la sagesse, de la vérité et de son âme »5. Car il oublie, dans sa futile agitation, ce qui fait toute l'excellence de l’homme. Du culte de l’âme naît la vertu; de la vertu, à son tour, « naissent tous les autres biens publics et particuliers » : et ce sont là les seules choses auxquelles il ne pense pas.
. XENOPH., Mem., I, 2, 55.
. Ibid., 1V, 3, 14.
. Ibid., I, 2, 53.
. Ibid., 1, 4, 13; — Prar., Apol., I, xvn, 41. . PLAT., Apol., I, xvIr, 41.
. Ibid., 42.
© At D D mm
Définir le bien, c’est aussi, pour Socrate, définir le beau lui-mème.
Ce qui est beau est bon, et ce qui est bon est beau. « Ce qui fait la beauté d'un corps, en fait également la bonté. » Lorsqu'on affirme d’un homme qu’il est bon et beau, c’est du même point de vue qu’on le juge en des termes divers. Énoncer qu'une action est bonne revient à dire qu’elle est belle; et la réciproque est vraie. C'est aussi sous le même aspect et pour la même raison que la vertu se révèle comme « belle et bonne ». « T2 xxA6v te at &ya«6èv » sont deux expressions que l’on peut prendre indifféremment l’une pour l'autre; car elles ont un sens identique : elles désignent une seule et même chose et
sous le même rapporti.
= Pourquoi cette identification de deux idées que le langage des hommes nous présente toujours comme distinctes et que leur conduite oppose si souvent l'une à l’autre? C’est que la dialectique l'emporte sur les données du sens commun : elle part de ces données, il est vrai, mais pour les dépasser. Elle les purifie, elle les approfondit; et, sous les antinomies de surface auxquelles s'arrête le vulgaire, elle arrive à découvrir un fond commun qui les concilie. « Le bon et le beau » semblent irréduc-