XeNnopx., Mem,. III
tibles, aussi longtemps qu'on les compare directement l’un à l’autre. Mais il en va tout autrement, lorsque, obéissant aux suggestions de la dialectique, on se donne : la peine de chercher s'ils ne se rattachent pas à quelque idée supérieure. Car alors on ne tarde pas à découvrir qu'ils relèvent « de la même catégorie », qu'ils ont une seule et même « essence », On appelle bien ce qui, dans la nature ou dans les arts, est convenablement adapté à son but; et c'est là aussi la meilleure définition que l'on puisse donner du beau. Pour qui sait induire, le bien et le beau se ramènent l'un et l’autre à un rapport de finalité !. |
Le vulgaire se trompe, lorsqu'il place la beauté dans la richesse de la matière dont se sert l'artiste. Les cuirasses de Pistias ne gagnent pas en valeur esthétique, parce qu’il les fait en or, au lieu de les faire en acier ; et une bicoque où l'on est bien protégé contre la chaleur pendant l'été et contre les vents du nord pendant l'hiver, ne peut manquer d’être « plus agréable et plus belle qu'un palais incommode »2. On a tort aussi de s’imaginer que « les peintures et les bariolages » ajoutent quelque chose à la grâce des objets. On peut dire, au contraire, qu’elle en est diminuée ; car ces sortes de décorations « ôtent plus de plaisir qu’elles n’en procurent » ÿ. C'est également en vain qu’on cherche la beauté dans la grandeur des dimensions ou dans cette flexibilité des
1. XENoPH., Meim., IIT, 8, 5-7; 1V, 6, 8-9; Banquet, V, 4. 2. XENoPH., Mem., 111, 8, 8-9.