bid., Iil
lignes et des mouvements qui n'a d'autre règle que le caprice d’une activité trop riche pour se maîtriser ellemême.
Le beau consiste dans l’appropriation d'éléments divers à une même fin; et, par conséquent, il exige que ces éléments soient accordés, que, pour être accordés, ils soient réduits. Le beau implique harmonie et mesure : c'est une sorte de proportion numérique, et rien que cela. Il peut donc exister dans sa plénitude, quelle que soit la matière qui le rend accessible à nos sens: le fait qui l’individualise ne change rien à sa nature. En outre, il n’admet ni le plus ni le moins; il ne souffre ni manque ni excès : il s’'évanouit également, qu'il y ait indigence ou surabondance d'énergie; il est ennemi du luxe aussi bien que de la pauvreté. Un bouclier d'or est beau, lorsqu’on l'a fait de manière à bien parer les coups. Mais un panier à ordures peut l'être tout également ; il suffit, pour cela, qu’il soit convenablement accommodé à son usage !. Le manteau de Socrate est plus beau, sans doute, que les tapis du grand roi; car il est taillé de manière à servir de protection contre-les rigueurs de l'hiver: il est utile à quelque chose; et les tapis du grand roi, avec leurs dessins variés ct leurs riches couleurs, ne forment qu'une vaine parure.
Au cinquième chapitre du Banquet de Xénophon, l’idée socratique du beau est poussée jusqu'à sa dernière extrémité et de la manière la plus plaisante du