‹ SocrateChapitre 129 sur 201 · XENoPH., Banquet, V · texte numérisé non relu

XENoPH., Banquet, V

un effort pénible ou qu'ils sont aux prises avec une émotion troublante, ils conservent une sérénité qui ne laisse presque rien voir au dehors de ce qu'ils éprouvent au dedans. La plupart de leurs Vénus sont inconsclientes; et c'est pour cette raison qu'elles n'excitent pas les sens : l'absence de pensée leur tient lieu de pudeur. On peut le dire sans exagération, je crois : les Grecs ont été des idolâtres de la forme : leur art, comme leur poésie des premiers âges, a pour trait dominant l'extériorité : c’est surtout la glorification du « bel animal humain ».

Socrate a essayé de réagir contre cette conception traditionnelle. Si le beau est le bien, le plus beau est aussi le meilleur. Or ce que nous avons de meilleur en nous, c'est l’âme, et, dans l’Ame, le v:55. Par conséquent, 1l y a quelque chose de supérieur à « la représentation de ce qui se voit », à « l’imitation des couleurs, des enfoncements, des saillies » et des lignes!. L'artiste, quel que soit l'instrument dont il se sert, doit s’efforcer avant tout d'exprimer « ce caractère de vie » qui rayonne à travers les formes physiques, les manifestations de ce principe invisible qui anime le corps et le peut maîtriser*. Il choisit l’objet le plus digne de son talent, lorsqu'il travaille à faire resplendir dans l'organisme cet ordre divin que réalise en l'homme la rovauté de l'intelligence 3.

Page 1