‹ SocrateChapitre 131 sur 201 · XENOPH., Mem., 1V · texte numérisé non relu

XENOPH., Mem., 1V

forme à l'esprit de son système ; il en a donné une interprétation nouvelle. |

« Il y a, dit-1l, des lois non écrites » : il y a des lois que les hommes n’ont point faites et qui sont gravées dans notre cœur en caractères indélébiles. Nous sentons, par exemple, qu’il ne faut pas nuire à autrui sans raison; qu’il faut témoigner de la reconnaissance à ceux qui nous ont fait du bien; que les enfants sont tenus au respect à l'égard de leurs parents; et que les parents, à leur tour, doivent s'abstenir de tout commerce charnel avec leurs enfants!. Or toutes ces lois ont un caractère impératif qui vient de leur essence elle-même, qui est immanent. Il suffit que la fin de l’homme soit le bonheur, pour qu’on n'ait pas le droit de lui faire gratuitement du mal; il suffit que le bienfait soit posé, pour que le devoir de la reconnaissance s’ensuive; c'est le concept même de la paternité qui fonde le respect des parents. Et l’on trouve aussi dans la logique des faits le motif pour lequel la promiscuité entre père et filles est défendue : l'observation nous révèle avec persévérance que de telles unions ne donnent que des enfants mal venus. « Les lois non écrites » formulent les rapports nécessaires des choses, elles expriment l’ordre de la nature; et cet ordre s'impose à la volonté par le fait que la raison le conçoit. |

IL existe aussi des lois écrites, que les citoyens d'un même État ont décrétées d’un commun accord et qui sont variables, pour la plupart, comme les besoins du mi-

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