XENoPH., Mem., 1V,4,18-24; II
lieu social !. Et ces lois ne contiennent pas en elles-mêmes leur force obligatoire; mais elles la trouvent dans le but général et de souveraine importance auquel elles se rapportent. L'homme est fait pour la société ; il faut abso- Jlument qu'il y vive ou comme gouvernant ou comme gouverné : là se trouve son milieu naturel, son milieu inévitable ?. Or la société ne peut se perfectionner, la société ne peut subsister que par le respect des lois qui en émanent : « il tend, dans la mesure de ses forces, à la renverser tout entière », celui qui méprise et transgresse les décrets qu'elle a portés. Et partant, l’on peut dire que, comme l’état social découle de la nature de l’homme, de même l’obéissance aux lois découle, à son tour, de la nature de l’état social. Elle a une manière indirecte de se rattacher à l’ordre universel : elle est une exigence éloignée, mais réelle, de l'essence même de l’homme; et c'est assez pour qu'elle revête le caractère d’une obligation. Bien plus, cette obligation est d'une rigueur spéciale. Comme le bien général en dépend, elle l'emporte sur les affections et les devoirs de famille. « La patrie a plus de droit à nos respects et à nos hommages, elle est plus auguste et plus sainte devant les dieux et les hommes sages, qu’un père, qu'une mère et tous les aïeux#. »
Ce n’est pas à dire que l'État ait le droit de légiférer sans règle ni mesure. Il est une limite, d’ailleurs très