Ibid., 11, 1, 12 et sq
3. 1bid., 1V, 4, 14-17; — PLaT., Prolag., 11, x1v, 144; Cril., I, x1, 69 4. PLat., Cril., I, x11, 70.
difficile à définir, au delà de laquelle les décisions de l’assemblée perdent toute puissance de contrainte morale. Les lois des hommes n'obligent que si elles sont bonnes et tant qu’elles demeurent telles : la condition de leur légitimité, c'est leur conformité avec la justice naturelle. Bien que Socrate passe très rapidement sur ce point, il en dit assez pour se faire comprendre. Il a l'air de soutenir que justice et légalité ne sont qu'un; mais le philosophe l’emporte sur le citoyen ; et c'est tout le contraire qu'il démontre.
Que deviennent alors les dieux? sont-ils absolument étrangers au fait de l'obligation morale? Les dieux ont élevé la nature à l’état de « cosmos ». Ce sont eux qui de la matière indéfinie ont fait cet arrangement harmonieux que nous appelons le monde*?. Ils sont la cause première de l’ordre rationnel des choses”; et par là même ils sont la cause première du devoir. En outre, une fois sorti de la main des dieux, l'univers ne leur est pas devenu indifférent. Comme ils obéissent à « l’idée du meilleur », ils s'intéressent, ils ne peuvent point ne pas s'intéresser à ce qui est « bon et beau » : ils entretiennent la beauté physique de la nature; et ils en veulent la beauté moraleé. Les dieux imposent de leur chef le respect et l’amour du bien; et leur injonction ne peut être vaine : elle a une valeur infinie,