‹ SocrateChapitre 142 sur 201 · Ibid., IT · texte numérisé non relu

Ibid., IT

rien apprendre, mais encore je n'ai pas voulu qu'on püt croire que J’eusse rien appris. Cependant donnezmoi vos suffrages; j'essaierai de m'instruire en faisant sur vous des expériences !. » Est-ce qu'on ne se moquerait pas d’une telle folie? Or il est encore bien plus fou, celui qui fait de la politique sans l'avoir patiemment étudiée; car elle est, sans contredit, la plus difficile des sciences?. Rien de délicat, rien de complexe comme la direction des hommes et des choses. Et de là l'effort qu'a fait Socrate pour éloigner ceux-ci des affaires publiques, pour y pousser ceux-là; de là sa tentative de former une sorte d’aristocratie intellectuelle qui fût à même de donner au gouvernement d'Athènes une orientation plus sage et plus sûre #.

L'éthique de Socrate est donc un eudémonisme rationnel. Le bonheur, d’après lui, voilà le but qu'il s’agit d'atteindre; et les moyens sont d’une part l'ordre des. choses utiles, de l’autre la science qui le révèle et le réalise. Évidemment, son système demeure sujet à nombre de critiques. Par exemple, le bonheur dont il parle coûte trop cher et reste trop imparfait pour devenir un stimulant efficace de l’humaine activité; il a

1. XENOPu., Mem., IV, 2. 5; — PLAT., Protag., II, x, 137-138. 2. XENopn., Meon., IV, 2, 6-7.

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