CHAPITRE VII
On a pu remarquer, à propos de la théorie des lois, que Socrate, pour trouver l'explication totale du devoir, est remonté jusqu'à la religion. On n'aurait qu’une partie de sa pensée, si l’on s’en tenait là. Socrate vivait dans un temps où la croyance en Dieu, sans cesse attaquée par les sophistes, avait fini par s’ébranler; et 1l a tenté soit de la fonder en raison, soit de la rendre plus noble et plus pure : il a esquissé toute une théologie, qui est, comme son éthique elle-même, une téléologie.
Anaxagore avait dit « quil y a dans la nature, comme dans les animaux, une intelligence qui est à la fois cause du mouvement et de tout l'ordre cosmiques »1. C'est là l'idée de génie dont Socrate fait la base de toute sa théodicée 2.
Il s'appuie, il est vrai, sur la croyance universelle des hommes en la divinité; il parle aussi des oracles, des songes, des signes extérieurs où les prètres d'Athènes
1. ARIsT., Mel., À, 3, 984°, 15; Phys., ©, 250r, 24. 2. PLaT., l’hædo, 1, xLv1, 186.