‹ SocrateChapitre 151 sur 201 · bid., IV · texte numérisé non relu

bid., IV

l'harmonie sur la terre et dans les cieux, que tout travaille ets’agite, que toute créature est dans l'enfantement.

Ainsi s'offre à nous le spectacle du monde. Rien n'y est jeté à l'aventure. Chacune de ses parties converge vers une fin immédiate, qui converge elle-même vers une fin plus haute ; et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on trouve une fin suprême, laquelle est unique. D'où vient cet ordre si imposant et par la perfection de ses détails et par son immensité? Évidemment, on ne peut l’attribuer au hasard. Ce n’est pas d'eux-mêmes que les éléments se sont séparés de la masse informe dont ils faisaient partie; ce n’est pas d'eux-mêmes qu'ils ont pris et la figure et la proportion demandées par l’ensemble où ils devaient entrer; ce n’est pas non plus de leur propre mouvement qu'ils sont venus occuper la place qui convenait le mieux soit à leur tout, soit au reste de la nature. Autant vaudrait dire que les statues de Polyclète et les toiles de Zeuxis se font toutes seules. La chose serait même infiniment plus incompréhensible, vu le nombre inconcevable des éléments que contient la totalité de l'univers. Il faut donc qu'il y ait une intelligence souveraine, qui du chaos primitif ait tiré l'ordre, qui ait fait de la matière indéfinie le « cosmos » que nous admirons ! : il faut qu’il y ait un « démiurge » ?.

Et ce démiurge est unique; car la nature est une comme un poème et révèle assez clairement par son unité qu’elle n’a qu’un auteur. Ce démiurge « voit tout et

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