Ibid., IV, 3, 14 : Baorkeuer ëv Auiv
3. Ibid., IV, 3, 13 : ëv © navra va xaÂà xai a yaba ot. 4. Même théorie dans le Philèbe, IL, xvr, 153-155.
Comme le Démiurge cède par essence au charme du meilleur, il n’a pu se contenter de faire le monde, pour l’'abandonner ensuite à sa propre destinée ; il continue de différentes manières à « s'occuper » de son œuvre. D'après ce que l'on a déjà vu, il conserve à l'univers sa force et son eurythmie; il impose aux mortels le respect de l’ordre rationnel des choses qu'il a lui-même établi. Et ce n’est là qu’une partie de l’action providentielle qu’il exerce sur le cours des faits. D'abord, Dieu voit les âmes telles qu’elles sont, non pas confusément et en tas, mais distinctement, une à une. L'homme vit, agit et pense sous le regard toujours ouvert de celui qui est à la fois l’auteur suprème et le juge infaillible de la loi morale. Chaque jour recommence, pour lui, une sorte de dialogue intérieur dans lequel le maitre souverain de toutes choses interroge et la créature répond. Et delà, chez l'individu, une purification progressive des passions, un affinement perpétuel de la conscience f.
En outre, il y a toute une catégorie de faits dont l’homme ne peut mesurer les conséquences, et sur lesquels Dieu est disposé à fournir des indications spéciales, lorsqu'on s’en rend digne par sa conduite et ses prières. Outre la Providence générale, il existe une providence particulière. « L'architecture, la métallurgie, l'agriculture, la politique, la théorie des autres sciences
1. XENOPH., Mein., I, 1,19; I, 4, 18-19 : éoi pv oùv TadtxAéywY où Lovov ToÙs ouvôvTas ÉGOKEL Toteïv, OnÔTE dnd Tv avÜporwv dpGvro, anEyeobar Tüv &vooiwv te xai &Üixwv xaÙ aicypév, GA nai OmÔTE ÉV.Épninia EÏEV, ÊTMELTEP
hyfoavro prôèv &v note ov npéttosuv Beods Otadabeiv.
analogues, le calcul, l'économie, la stratégie, sont autant de connaissances que l’homme peut acquérir de lui-même. Mais ce que ces connaissances enferment de plus important, les dieux se le réservent, sans en rien laisser voir aux mortels. Celui qui plante un verger ne sait pas qui en cueillera les fruits; celui qui fait bâtir une jolie maison ne sait pas qui l’habitera; le stratégiste ignore s'il est de son intérêt de commander; et le politique, s’il lui est avantageux de gouverner l'État. L'homme qui épouse une belle femme se demande en vain si elle ne fera pas son tourment; celui qui s'allie aux puissants de la cité peut craindre qu’ils ne viennent un jour à le bannir!. » La réalité se divise en deux domaines tout à fait distincts, dont l’un est livré aux investigations de l’homme ; dont l’autre, au contraire, lui demeure éternellement fermé. La dialectique ne peut pas tout; il faut faire la part du mystère, et cette part est immense ?. Or c’est là que « le Dieu » se manifeste d'une manière exceptionnelle, lorsque nous le méritons. Il vient au secours de ceux qui lui plaisent en ce qu'ils ne peuvent apprendre par eux-mêmes : il les renseigne par des oracles, par des signes célestes et des révélations intérieures ; 1l les éclaire du dedans et du dehors, poursuivant ainsi à travers les âges et achevant son œuvre d'amour .
Si telle est l'excellence de la divinité et qu'elle té-