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Ces remarques suffisent, croyons-nous, à faire sentir l’évolution qu'a subie la preuve théologique de la finalité. Revenons à la doctrine de Socrate.
On a beaucoup parlé de son « démon ». Le moment est venu de décrire ce phénomène singulier et d’en préciser la nature.
Socrate n’avait pas besoin, comme les autres mortels, d'aller à Delphes pour y consulter la Pythie sur ses propres intérêts ct ceux de ses amis. Il possédait une sorte « d’oracle intérieur »3. Il entendait comme « une voix » tutélaire, qui s'était manifestée à lui dès son enfance et lui suggérait, dans les moments difficiles, la meilleure conduite à tenir À.
« Ce signe divin » prenait exclusivement la forme prohibitive.
1. V. J. Lachelier, Du fondement de l'induclion, p. 62-63, 87, Alcan, Paris, 1898.
2. C'est ce qu'a senti M. Couailhac. Sa thèse, intitulée La liberte et la conservation de l'énergie, contient une critique originale de la thév-
rie de la finalité inconsciente, telle qu'elle est entendue de nos jours. (P. 252-300, V. Lecoffre, Paris, 1897.)
3. XENOPH., Mem., 1, 1,2: GisteOsudnto yao 6 quin Ewxrpgarns To Oxeuovtoy ÉauTw onpaivervs; — PLAT., Rep., VI, x, 212 : to d’fuétegov oùx GEtov AËyerv, TO Üarpoytoy GnUEtOY À YAp 700 Tivt Ârw À QUdEr Toy ÉUTpOGEV YÉYOvE.